Le soliloque d'une femme qui parle d'elle à la troisième personne et d'un clown qui, comme une ombre, partage avec elle son parcours....
Au bord de la vie est à la fois une tragédie et une farce. Un rideau de scène, violemment rouge, solennellement tendu, là où on ne l'attend pas, en fond de scène, très éclairé. Quelqu'un, un homme en noir, à la silhouette clownesque, l'ouvre silencieusement, dévoilant un autre espace jusque là caché. Dans cet entre-deux - entre cette salle au-delà du plateau et la salle où nous, spectateurs, attendons - la clarté se fait : hiératique, une femme suscite à la fois le souvenir d'un personnage shakespearien et celui d'une actrice au masque venu d'un lointain opéra chinois... Gao Xingjian nous entraîne ainsi dans le parcours d'une femme au bord d'un abîme intérieur, en s'inspirant d'une tradition millénaire chinoise qu'il connaît bien, art qui mêle étroitement au verbe le théâtre gestuel, l'art clownesque et la musique.