Kamilya Jubran et Werner Haslerou le "Duo aux Multiples Visages".
Interrogeant constamment leurs écoutes, leurs expressions et leurs recherches, leurs volontés, ils dessinent un univers où tout est possible: l'union des timbres, la complémentarité des cultures, la connivence des phrases, la confrontation des modes et des langages: Wanabni "et nous bâtirons"
La chanteuse palestinienne Kamilya Jubran, en duo avec Werner Hasler, perpétue les traditions orientales avec des compositions électroacoustiques.
Ils sont deux sur scène. Elle, douce brune au sourire carmin, son oud dans les bras pour accompagner ses arabesques haut perchées qui s'étirent en jouant du cri, du murmure, du silence. Lui, grand brun aux cheveux ras, penché sur son clavier d'où s'échappent de légères syncopes électro qui virent parfois, en arrière-plan, à la frénésie techno. Leur parti pris est exigeant, radical, d'un minimalisme très moderne et pourtant fortement ancré dans les traditions orientales. Cela tient de la prière, de la quête, comme de la poésie ou de la comptine: c'est sensuel, concentré, sans fioritures, une danse intérieure en ondulations volatiles qui invitent à la rêverie.