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Le jeu de l'amour et des apparences. Séduction, argent, pouvoir, travestissement sont au coeur de La fausse suivante.
La scène se passe en province. Pour connaître
Lélio, à qui on la destine sans même l'avoir rencontré, une jeune
et riche parisienne se déguise en chevalier et se lie d'amitié avec
son prétendant. Lequel, mis en confiance, s'avère être un coureur
de dots. La travestie complote alors sa vengeance... Le fourbe
sera puni !
Pour sa nouvelle mise en scène, Nadia Vonderheyden
résout l'équation que tout metteur en scène rêve de réaliser : être
dans la plus fidèle justesse par rapport au texte classique tout en
étant, dans le même élan, dans la plus stricte modernité.
Avec cette
pièce de Marivaux où l'on retrouve le jeu du travestissement, où
il est question du rôle des femmes dans la société, du pouvoir de
l'argent, où apparaissent des domestiques " nouvelle génération ",
elle réussit, avec son épatante équipe de comédiens, à établir une
véritable passerelle avec notre temps. Chapeau !
Une note de Nadia Vonderheyden : La fausse suivante est la pièce
de tous les travestissements et de toutes les guerres. Guerres sociales,
guerres des sexes, guerres de tous les désirs. Six personnages s'y côtoient
et s'y entremêlent, trois valets, trois nobles, chacun défendant âprement
ses intérêts et ses gains, chacun ayant à perdre gros, de sa fortune et de
lui-même. Parmi ces six figures, deux font alliance dès le début, finalement
ceux qui ont tout à gagner et peu à perdre, une femme travestie en
homme, le Chevalier et Trivelin, un valet sans situation et qui sort de prison.
Ce travestissement va agir comme un " trouble dans le genre ", bouleversant
et requestionnant l'ordre des désirs chez chacun. On pourrait faire un
parallèle avec le jeune homme de Théorème de Pasolini, à ceci près qu'elle
n'en sortira pas indemne. La Fausse Suivante est en effet une des rares
pièces de Marivaux qui ne finit pas sur un " happy end ". Ils sortent de cette
bataille comme hagards, ne sachant pas exactement quelle expérience ils
viennent de faire. On voit bien en quoi Marivaux peut être un des annonceurs
– même malgré lui – de la Révolution à venir.
Tout cela est pris dans un lendemain de bal, où interviennent des chants
et des danses, faisant relais à ces joutes oratoires que sont les dialogues
de Marivaux, où chacun faisant face à l'autre, improvisant ses réparties, se
découvre lui-même. Chaque joueur est pris à son propre jeu où, masqué
et voulant démasquer l'autre, il se révèle à une partie de lui-même.
Auteur : Marivaux
Artistes :
Mohand Azzoug, Catherine Baugué, Julien Flament, Lamya Regragui, Arnaud Troalic, Nadia Vonderheyden
Metteur en scène :
Nadia Vonderheyden
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Pour Tout public
à partir
de 12 ans
Théâtre classique
Thématique :
Grands Auteurs Classiques
Langue :
français
Durée : 105 minutes soit
01h45
Evénements associés :
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