Dix personnages en costumes noirs et robes blanches, et leurs parfaits
sosies, des mannequins articulés, peuplent étrangement l'espace.
Inclassable, inénarrable, chaque spectacle de Philippe Genty brouille
subtilement les frontières du théâtre, de la danse, du cirque, des
marionnettes. " Ne m'oublie pas ", créé en 1992 au Théâtre de la
Ville de Paris, ne fait pas exception à la règle. Et dans cette re-créationavec de jeunes artistes de l'école de théâtre de l'Université Nord-Trondelag, à Verdal, en Norvège, vient s'ajouter une dimension
supplémentaire, le chant des grandes étendues arctiques.
Dix personnages en costumes noirs et robes blanches, et leurs parfaits
sosies, des mannequins articulés, peuplent étrangement l'espace.
La scène devient le théâtre de l'inconscient, traversé de visions
hallucinées. Le vertige l'emporte, la raison s'abandonne et vacille
du côté de l'illusion. Dans le balancement continu entre réel et
fantastique, entre corps vivants et pantins inertes, la confusion est
totale. Comme une méditation poétique et visuelle portée par la
partition musicale envoûtante de René Aubry.