Avis et Critiques de spectacles par Boisdenghien | BilletReduc.com

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Boisdenghien

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Théâtre contemporain: Jamais plus

-à ne pas manquer
" Jamais plus " de et mis en scène par Geoffrey Lopez au théâtre du Roi René est une histoire glaçante sur une jeunesse qui refuse le nazisme comme solution à son avenir. Un texte qui réunit son auteur et son interprète Antoine Fichaux, tous deux sensibles à cette période et à cette histoire de ces jeunes qui ont osé dire stop, non au nazisme et qui le payèrent de leurs vies. Cette fiction qui met en scène Frantz Weissenrabe, est basée sur des faits réels dont Geoffrey Lopez s'est inspiré, notamment avec le livre d'Inge Scholl, soeur aînée de Hans Scholl qui faisait partie de ce groupe de trois étudiants guillotinés par le bourreau Johann Reichhart, à la suite d'un procès éclair de seulement trois heures, mené par le juge chéri d'Hitler : Roland Freisler. Nous sommes en février 1943, fraîchement rasé, Frantz notre héros, apparaît dans le brouillard telle une icône de cette jeunesse arienne, le regard déterminé aux yeux bleus perçants, la silhouette carrée, musclée, la position volontaire, dans les traits d'un Antoine Fichaux confondant de réalisme. Un brouillard annonciateur de mort comme dans " Nuit et brouillard ", la seule façon d'éradiquer ceux qui s'opposent au Reich : " les prisonniers disparaîtront sans laisser de trace... ". Une jeunesse hitlérienne, pour les 14-18 ans, dont l'organisation fut fondée en 1922, mais qui à l'arrivée au pouvoir du parti nazi en 1933 comptait plus de 2 millions de sympathisants, à noter que l'embrigadement était obligatoire dès l'âge de 6 ans. Une jeunesse aveuglée, qui voua une admiration, une obéissance à ce dictateur Adolf Hitler, encadrée par un certain Himmler...
# écrit Dimanche


Théâtre musical: Les Rivaux

-à déguster sans faim
8/10

" Les Rivaux " de Richard Brinsley Sheridan dans une traduction et adaptation de Sylviane Bernard-Gresh et Frédérique Lazarini, mise en scène par Anne-Marie Lazarini, est à l'heure du thé, un goûter raffiné qui se déguste sans faim. Dans cette société anglaise du XVIIIe siècle où sa bourgeoisie est toujours soucieuse d'afficher sa primauté culturelle et financière, comment conquérir le coeur de sa bien-aimée ? Quand celle-ci n'aspire qu'à un amour sincère, où l'argent ne sera pas un prétexte à l'union. Tout naturellement en se faisant passer pour un autre, un simple quidam, loin de tous les fastes d'un rang qui fragilisent la pureté des sentiments. Cette pièce à l'inspiration shakespearienne m'a fait tout de suite faite penser à " La nuit des rois ". Une comédie, une farce très souriante, légère, qui apporte au fur et à mesure de la montée de l'intrigue son lot de rires. Richard Brinsley Sheridan à 24 ans quand il écrit cette pièce. Il s'est inspiré de sa vie pour l'écrire, qui après un léger remaniement, connu un grand succès parmi ses contemporains. L'adaptation et les dialogues sont très fins, un très beau travail de traduction. C'est un délice d'entendre dans la bouche de la tante Mrs. Malaprop, un tant soit peu excentrique, un vocabulaire, avec entre autres des jeux de mots " légers " aux accents toniques, sorti de son grain de folie qui l'habite. Un grain de folie que l'espiègle Catherine Salviat, avec ses faux airs de précieuse ridicule, se délecte à partager ; comment ne pas être sous le charme de ses interventions toutes drôles à souhait. Elle donne l'impression de vivre dans un autre monde. Le personnage du père, Sir Anthony Absolute, joué par Thomas Le Douarec est aussi charmant. Décidément les rôles à costumes, à l'humour anglais lui sied à ravir, déjà que je l'avais aimé récemment dans " Le portrait de Dorian Gray ", eh bien dans cette pièce il est tout aussi élégant, raffiné ; sa voix chaude et profonde et son phrasé sont une merveille. Et nos héros, me direz-vous ? Alix Bénézech est une Lydia, tout en couleur, en générosité, elle respire la joie de vivre et l'innocence de la jeune amoureuse. Cédric Colas joue avec facétie ce double rôle de Beverley - Capitaine Absolute, se démenant pour arriver à ses fins. Il sautille comme un cabri pour décrocher le coeur de sa dulcinée. Dans des costumes de Dominique Bourde, dont une partie sont prêtés par l'Opéra de Paris et des décors tout en peinture de François Cabanat, permettant de passer très rapidement d'un lieu à un autre, Anne-Marie Lazarini a pu donner un rythme soutenu à cette comédie et mettre en évidence tous ses ressorts ; comédie construite en finesse par un jeune et fougueux auteur ; le tout en s'entourant de ses complices de jeux ayant le sens de la comédie. On sent véritablement un esprit de troupe au sein de cette compagnie " Les Athévains " et cela fait plaisir à voir sur scène. La petite musique de Samuel Sené agrémente cette légèreté de jeu, propre à cette comédie enjouée.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre contemporain: Sachons vaincre... ou Sachons périr

-à encourager
8/10

" Sachons Vaincre ou Sachons Périr..." de Patricia Piazza-Georget, une jeunesse porteuse d'espoir sacrifiée au nom de la bêtise humaine qui doit survivre au nom de l'amour et vaincre au nom de la patrie... Tiré du livre de Jean-Pierre Guéno, paru en 1998, " Paroles de poilus, lettres et carnets du Front " et celui de " Ceux de 14 " de Maurice Genevoix, un recueil de récits de guerre rassemblés en 1949, nous allons vivre un témoignage bouleversant dans une mise en scène tout en mouvement, en sobriété de Patricia Piazza-Georget, mixant l'art dramatique, le chant et la danse. Notons que Maurice Genevoix fort de son expérience au front entre août 1914 et avril 1915, retrace dans son livre son vécu, son expérience qui ne laisse rien au hasard, à la complaisance : un témoignage poignant. Une belle jeunesse représentative que l'on envoie au front, vers cette abominable boucherie qui fera, pendant ces quatre années, près de 19 millions de morts civils et militaires. Il y a Victor, joué par le dynamique Victor Lafrej, l'optimiste de nature, celui qui réconforte son devenu ami Lucien, joué par un Vincent Calazans romantique à souhait, poète à ses heures mais tourmenté pas son devenir. Et puis reste à la maison, la fiancée de Lucien, Louise jouée par l'aérienne Mône Marquette, une fraîcheur remplie de romantisme, amie d'Ania, jouée par la lumineuse Emma Brest, la femme de Victor qui est déjà maman : le pilier, le soutien de ces âmes errantes. Pour lier tous les tableaux de cette " reconstitution ", la symbolique Marianne interviendra pour faire évoluer l'intrigue au fil des saisons, des années, pour porter les messages qu'ils soient d'espoir ou d'un réalisme cru et sanguinaire. Une mère de la patrie recueillant les peines et les joies de ses enfants, une mère porteuse d'espoir : Survivre au nom de l'amour, vaincre au nom de la patrie. L'originalité de ce spectacle réside aussi par le fait que ces moments de solitude, de bravoure, de doute, de traumatisme sont allégés par des chants et des danses chorégraphiées par Emma Brest, Mône Marquette et Patricia Piazza-Georget. D'autres tableaux aux musiques comme celles du requiem de Mozart, du Carmina Burana de Carl Off (quoique postérieur à cette grande guerre...) donnent de la force, de la profondeur à cette évocation qui se termine dans une très belle interprétation de la Marseillaise par une Marianne très émouvante : ce soir là Magali Goblet.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre contemporain: Pourquoi dis, pourquoi m'as tu pris mes yeux

-une belle histoire
8/10

" Pourquoi dis, pourquoi m'as-tu pris mes yeux ", un montage de Florence Perrier d'après l'oeuvre d'André Breton " Nadja " au théâtre La croisée des chemins dans une mise en scène de Déborah Coustols-Chatelard : une rencontre, une belle histoire d'Amour éphémère. " Qui suis-je ? " première réplique, le ton est donné, avec une inflexion de la voix particulière, chaude, nous sommes emportés par la voix solaire de François Rabette, nous sommes hypnotisés par son regard avec cette flamme qui jailli de ses yeux. Une rencontre qui dura quelques jours et qui donna lieu à un coup de foudre, à une intense histoire d'amour d'André Breton où la folie finira par avoir sa place. Un homme errant dans les rues de Paris croise une femme et au premier regard, une admiration surgit, il engage la conversation pour ne plus la quitter, pour ne plus avoir dans son esprit que cette créature de rêve avec ses yeux qui l'on tant troublé. Cette femme de son vrai nom Léona Delcourt c'est Nadja, sous les traits à la douceur slave de Florence Perrier. D'ailleurs, " Nadja " en russe c'est le commencement du mot espérance dit-elle... C'est une boulimique de l'amour à en perdre haleine, à en perdre le souffle. Elle nous conte son histoire comme si c'était sa dernière minute. Il faut absolument qu'il lui écrive un livre. Lui bien que fasciné est beaucoup plus pragmatique. Avec pudeur, il analyse, décortique, décrypte, conte ses anecdotes, ses impressions en quelques mots, rien ne sert de s'étendre. Il est dans le réel : un témoin. Cette histoire d'amour gonfle, gonfle, gonfle comme une immense vague sur laquelle ils vont surfer le temps d'une respiration. Forcément cette vague va venir s'échouer sur le rivage, s'éclater avec perte et fracas, laissant derrière elle deux solitudes, deux esprits en quête d'absolu. Un homme à la recherche du plaisir instantané mais qui se cache derrière sa femme, elle lui sert de rempart, de bouclier. Dans ce montage où les monologues se mélangent avec les dialogues, nous assistons à une belle rencontre, à de beaux échanges, des regards qui se croisent, des mains qui se touchent, des corps qui se rapprochent, où l'amour prend forme. Chacun y apportera sa pierre pour la construction de cette union, union un peu bancale, union qui cherche son équilibre mais qui ne trouvera que la chute : que recherchent-ils dans cette aventure ? Est-il amoureux ? Cet amour est-il réciproque ? La vie n'est pas un conte de fées, et la fée est absente. Mais en fin de compte : Qui est-elle ? Déborah Coustols-Chatelard signe une mise en scène, toute en douceur, sans fard, dans une lumière crue où l'ombre donne toute sa résonance. Florence Perrier et François Rabette échangent avec beaucoup de complicité, donnant vie à ce couple, à ce mythe, entre passion et raison. lebilletdebruno.com
# écrit Il y a 1 semaine


Seul(e) en Scène: Denise Jardinière vous invite chez elle

-à ne pas manquer
9/10

" Denise jardinière vous invite chez elle ", dans une conception tout à fait originale de Thibaut Boidin au théâtre Essaïon, vous surprendra tant cet homme est délirant de malice. Ce gars du ch'nord, à l'âme généreuse, originaire d'un p'tit patelin " Seclin " mais qui a tout de même sa sortie sur l'autoroute du nord, vous accueille chez sa patronne Denise. Une invitation que vous ne pouvez, ne devez pas refuser. Surtout qu'il ne pouvait pas rêver mieux que l'intimité de ce théâtre pour dresser la table de la réception : une cave voûtée qui se prête à merveille à l'ambiance si particulière qui s'y dégage. Cette gouvernante, dès votre entrée dans cette atmosphère qui ressemble à un lieu de culte avec ses chants, ses bougies, ses parfums, vous hypnotise par son regard ; ses rituels vous surprendront mais ne soyez pas effrayé, elle ne vous veut que du bien, même si parfois ses sauts, ses cris peuvent vous glacer d'effroi. C'est un spectacle 100% interactif dans le bon sens du terme. Point de misères vous attendent, uniquement des crises de fou rire, car le but de cette soirée est bien de vous divertir, que vous ressortiez heureux de cette aventure, je dis bien aventure... Pensez donc le producteur David Coudyser m'a même confié que certains spectateurs venaient pour la quinzième fois tant le spectacle varie d'une représentation à l'autre et qu'ils sont heureux de revenir. Forcement puisque le public à sa part de réussite dans cette entreprise, et ce soir là nous avons été gâtés par la présence d'Arnaud, un beau gosse qui s'est laissé au fur et à mesure gagné par le jeu avec ses belles trouvailles et réparties. Il dira même à la sortie, lors du passage vidéo, que vous pouvez voir sur la page Facebook : " c'est un amour qui commence ! ". C'était délicieux de voir Arnaud qui commençait à transpirer devant les oeillades de la gouvernante pendant qu'elle-même avaient les joues qui rosissaient. J'y ai trouvé une belle poésie comme fil conducteur de cette réception. Une gouvernante bienveillante, au service depuis de nombreuses années de sa patronne Denise, qui veut que tout soit parfait avant son arrivée, en commençant par endormir son fils Denis avec votre contribution en racontant une histoire et en chantant une berceuse. Thibaut Boidin a reçu une formation à l'école du mime Marceau, par le maître lui-même, et cela se sent dans sa façon de se déplacer sur scène, dans sa préhension des accessoires. Je revois encore dans ses expressions le sourire et l'oeil qui frise de " Bip " dont il a hérités (quel beau souvenir que d'avoir eu la chance de voir Marcel Marceau sur la scène du théâtre des Champs-Elysées). Un regard, un sourire, un déhanché, tout est précisément à sa place dans son jeu tout en émotion. Il pourrait sembler brouillon, mais ne vous y trompez pas, il faut un sacré métier pour s'adapter, à chaque représentation, aux spectateurs qui auront généreusement accepté d'y participer. N'essayez pas de vous cacher derrière votre voisine ou voisin, de vous enfoncer dans votre siège, elle vous trouvera et vous en redemanderez : elle ne vous veut que du bien. Courrez voir ce phénomène au nom de Thibaut Boidin : il est génial, on rit beaucoup. Un gros challenge l'attend cet été puisqu'il se produira à Avignon dans le théâtre " la Tâche d'encre ". Et si vous ne pouvez pas venir l'applaudir au théâtre Essaïon, sachez qu'il peut venir chez vous pour une animation dont vos invités s'en souviendront longtemps, succès assuré, ils vous remercieront pour le rire qui les aura envahi. C'est d'ailleurs dans son appartement, en janvier 2012, qu'il a créé ce spectacle. Vous comprendrez que je ne pourrai pas vous en dire plus sur ce spectacle qui a dépassé les 260 représentations et les dix mille spectateurs au risque de vous dévoiler toutes les surprises, les rebondissements que cette gouvernante vous réserve. Je me demande d'ailleurs pourquoi je ne l'ai pas vu avant ? Un bouche à oreille qui fonctionne efficacement.
# écrit Il y a 1 semaine


Comédie dramatique: Un coeur sauvage

-à ne pas manquer
9/10

" Un coeur sauvage " de Christophe Botti mis en scène par Frédéric Maugey au théâtre Le Funambule est une ode à la Jeunesse, à l'Amour, à la Différence, à la Tolérance. Cette pièce écrite en 2005 est plus que d'actualité avec cette montée de l'homophobie que l'on constate malheureusement en France de nos jours. Comment dans ces conditions des jeunes adolescents peuvent-ils faire leur " coming out " et vivre leur sexualité au grand jour sans avoir peur des représailles, qu'elles soient familiales ou de la société. Comment accepter le suicide pour réponse ? Sur scène, trois lycéens, adolescents de 17-18 ans que nous suivons avec tendresse et humour dans leur parcours de vie, dans leurs premiers émois, dans leurs recherches d'identité. Prisonniers du carcan de cette société, de ses normes, dans laquelle ils vivent, avec leurs maladresses, leur vocabulaire, dans une pièce très bien écrite, ils vont oser mettre des mots sur leurs situations. Ils vont se débattre pour éclore, pour comprendre comment ils sont faits, à la découverte de leurs corps, pour vivre et grandir tout simplement au milieu de ces adultes dont un jour ils feront partie. Faut-il renoncer à son identité pour se fondre dans le moule de cette société où le regard des autres peut-être destructeur, où combattre, l'accepter et la revendiquer ? D'ailleurs pourquoi combattre ? N'oublions jamais les paroles d'Aznavour dans sa chanson " Comme ils disent " : " et je précise, que c'est bien la nature qui est seule responsable si je suis un homme, oh !, comme ils disent... ". Une fille, deux garçons : trois coeurs sauvages qui vont essayer de s'apprivoiser dans un triangle amoureux : amitié, amour : où est la frontière ? Dans cette pièce il n'est point question de morale, au contraire leurs échanges sincères vont leur permettre de matérialiser leurs sentiments, Nathan amie d'enfance de Virginie ne ressent rien quand elle ose l'embrasser ; en revanche son coeur palpite quand il rencontre le petit ami de Virginie : François. Elle qui s'est retournée vers lui quand elle s'est sentie rejeter, bien malgré lui, par Nathan. Nathan qui se réfugie dans le dessin pour exprimer ses sentiments qu'il a envers François. Un François qui dans un premier temps le rejette lui aussi mais qui au fil des jours, des rencontres avec Nathan va finir par lâcher prise et être troublé par cette relation naissante. Les mains se touchent, les lèvres s'effleurent, les bouches s'unissent, les corps s'assemblent, et c'est l'explosion, la confirmation de sa nature, s'affirmer, mais aussi le doute qui s'installe, le rejet comme défense : comment s'accepter ? Oser franchir le pas, mais dire à 17 ans que l'on est différent de ce que la société voudrait, que l'on est homosexuel, c'est malheureusement accepter d'être harcelé, pour eux au lycée. Dans une écriture qui nous interpelle, Christophe Botti dépeint avec réalisme les turpitudes de cette jeunesse face à son avenir. Cette jeunesse qui rêve elle aussi de fonder une famille, d'être heureuse mais à sa manière, dans son choix de vie. Nathan est joué par Douglas Lemenu avec sensibilité et émotion ; pour sa première fois sur scène il donne vie à ce personnage tout en interrogation sur sa sexualité. Il est frais, il capte notre regard, il nous émeut. Virginie, jouée par Léa Malassenet, est secouée entre deux " hommes ", elle donne beaucoup de tendresse à son rôle en découvrant ses sentiments pour ses amis. Thomas Violleau joue François avec intelligence et fragilité, celui qui a bien du mal à s'y retrouver dans son intimité. Frédéric Maugey, dans sa mise en scène fluide qui va à l'essentiel, dirige ces trois jeunes comédiens tellement justes dans leurs interprétations, à l'unisson dans leurs jeux. Ils ont la passion pour moteur. Ils méritent d'être encouragés. La musique d'Abel L donnent de la couleur à ces rencontres sous les lumières de Nicolas Laprun dans une scénographie de Julien O. " Un coeur sauvage " qui donne envie de connaître la trilogie dont il est issu avec " Un coeur en herbe " et " Un coeur de père ".
# écrit Il y a 1 semaine


Magie / Mentalisme: Rémi Larrousse dans Songes d'un illusionniste

-à ne pas manquer
8/10

" Songes d'un illusionniste " dans une conception originale de Rémi Larrousse au théâtre Lepic : un voyage dans le monde de ses, de nos rêves aussi surprenant que fascinant. C'est devant une salle comble que c'est produit Rémi Larrousse pour la première de son spectacle et pour ma part c'est le quatrième auquel j'ai assisté sur les mentalistes. Avec toujours autant d'émerveillement, comme pour les enfants présents dans cette salle, je me suis laissé séduire par tant de charisme. Rémi Larrousse, le jeune fascinant diplômé de Sciences Po et récompensé, s'il vous plaît, d'un Mandrake d'or en 2014, nous propose d'explorer ses rêves, ses cauchemars en prenant bien soin de nous diriger vers les nôtres. Habilement il se connecte à nos cerveaux, car il faut bien parler de connexion pour arriver à un tel résultat toujours aussi bluffant. Sans trop de contacts, à ma grande surprise, dans une mise en scène dépouillée, il plonge dans l'intimité des volontaires pour en dévoiler avec talents leurs secrets les plus enfouis, les plus intimes ; mais peut-on parler avec un mentaliste aussi performant de volontaires... C'est fascinant le chemin qu'il parcoure pour y arriver, cela reste une très grande énigme ; mais faut-il vraiment vouloir connaître les ficelles de ses tours de magie, nous savons qu'il y a un truc, mais à quoi bon... Un chemin qui parfois le conduit sur un tas de verre pilé qu'il traverse pieds nus et dont il ressort indemne ; lui qui aime être pieds nus sur scène afin d'améliorer sa connexion avec nous. Il est tout simplement troublant. Magie, illusionnisme, mentalisme : un trio qui vous laisse sans voix. Pour apprécier pleinement son spectacle, il faut accepter de se laisser transporter dans son monde rempli de poésie, un monde moderne où la musique de Romain Trouillet (qui n'en n'est pas à son coup d'essai après " La machine de Turing " et " Le cas Eduard Einstein ") est une clé qui permet à Rémi Larrousse d'ouvrir les portes de notre subconscient. Une musique qui nous invite au voyage, qui nous berce, qui nous transporte dans un monde parallèle et nous laisse à la merci de ses expériences. Des expériences rythmées par des métronomes qu'il mène avec humour dès que les lumières de Florian Gerbe s'éteignent et laissent place aux surprises qu'il nous réserve. Des lumières qui joueront à nos dépens un rôle dans cette aventure. Dès le début, il confie à un spectateur la clé de l'énigme finale. Un final époustouflant, digne des plus grands mentalistes. La collaboration artistique de Valérie Lesort met en valeur dans le décor de Sarah Bazennerye, évoquant des images de rêves entre la réalité et la fiction, le talent de Rémi Larrousse. Avec une force de persuasion indéniable, une voix captivante, il a l'art et la manière de créer l'illusion, de rendre naturel, simple ce qui peut pourrait paraître compliqué, absurde : son intuition le conduit directement vers la bonne réponse. Faites confiance à votre mémoire, n'hésitez pas à lui confier, vos rêves, vos cauchemars, vous serez surpris de voir comment il arrive à les dévoiler. Laissez-vous embarquer dans un voyage aux frontières du réel où vos rêves deviennent réalité et attention quand vous manipulez le cadenas... lebilletdebruno.com
# écrit Il y a 2 semaines


Danse sur glace: Holiday on Ice

-un spectacle grandiose à voir en famille
8/10

" Holiday On Ice " au Palais des Sports de Paris avec leur nouveau spectacle " Showtime " fête leur 75ème anniversaire dans un show grandiose, avec pour marraine cette année la patineuse Nathalie Péchalat. Un peu d'histoire nous permet de comprendre la genèse de cette fabuleuse aventure sur glace qui se poursuit d'année en année depuis 75 ans. Holiday On Ice a été créé par Carl Snyder et Donn Arden et joué pour la première fois le 25 décembre 1942 à Toledo dans l'état de l'Ohio des Etats-Unis. Et comme ce spectacle sur glace prit naissance pendant les vacances de Noël, il s'est tout naturellement appelé " Holiday On Ice ". C'est à partir des années 50 que la production viendra enchanter les spectateurs européens, notamment dans un premier temps en France, Belgique et Italie. Les organisateurs n'ont pas lésiné sur les moyens pour nous en mettre plein la vue. Un tourbillon de lumières, de musiques, une quarantaine d'artistes à la renommée internationale évoluent sur la glace avec grâce et harmonie. La direction artistique est assurée par Kim Gavin à qui on doit par exemple une mise en scène de l'artiste Robbie Williams ou encore celle de la cérémonie de clôture des jeux olympiques et paralympiques de Londres. Pour les magnifiques chorégraphies, ils ont fait appel à Robin Cousins, le célèbre champion olympique britannique de patinage artistique en 1980 aux jeux de Lake Placid. Mais que serait cette magie du spectacle sans les très jolis costumes aux paillettes multicolores scintillantes de Michael Sharp que nous admirons par centaines. Les changements de tableaux dans les superbes décors de Misty Buckley se font à une vitesse folle pour conserver le rythme endiablé de ce Showtime ! Beaucoup de superlatifs pour qualifier ce spectacle, mais ils le méritent tant nos yeux et nos oreilles sont éblouis par cette profusion de beauté. Avant de nous embarquer pour deux heures de spectacle, un groupe de musiciens passe dans les allées pour cultiver l'ambiance et l'impatience qui naissent dans les gradins. Les patineurs ont pour mission de nous raconter l'histoire de cette mythique aventure qui démarra en 1943. Un incroyable voyage des origines à nos jours en se projetant même dans le futur. Tout débute avec un tableau sur les auditions qui permet de mettre en avant les performances techniques des patineurs avec beaucoup d'humour. Mon seul petit regret, si je dois en avoir un, est qu'étant habitué à voir les compétitions de patinage artistique, je n'ai pas vu de belles combinaisons de sauts. Nous poursuivrons avec les émotions qui se gagnent en coulisse où le producteur devra faire preuve de patience pour mener à bien le montage de sa revue : une mise en scène spectaculaire tant sur la glace que dans les airs en sera sa récompense. Un train fera même son apparition sur la glace. Tant de fabuleux tableaux à découvrir : vous irez de surprise en surprise. Au milieu de cette féerie, nous admirons aussi la puissance et la grâce de deux trapézistes aux impressionnantes figures de voltige qui nous ont donné des frissons. C'était ma première fois pour un tel spectacle et c'était grandiose, avec un final en feu d'artifice et plumes comme dans les plus grandes revues de Las Vegas. Un spectacle à voir en famille. lebilletdebruno.com
# écrit Il y a 2 semaines


Comédie: Voyages avec ma tante

-à ne pas manquer
9/10

" Voyages avec ma tante " de Graham Greene adaptée et mise en scène par Nicolas Briançon au théâtre Hébertot est une pure merveille de drôlerie (un humour british comme il l'affectionne avec sa nouvelle création " Le canard à l'orange " où il excelle avec François Vincentelli). Henry Pulling vieux garçon qui cultive une passion pour les dahlias et employé de banque à la retraite, ce qui n'arrange rien, va redécouvrir sa tante Augusta lors de la cérémonie de crémation de sa défunte mère, par la même occasion soeur de la défunte. Dès les premières répliques, nous sommes captivés par cette histoire et nous savons que nous allons beaucoup rire. Comme quand vous lisez une pièce de théâtre et que dès la première page vous savez que cela sera un succès. Nos quatre gaillards se rencontrent lors de la cérémonie et se disent : " Comment allez-vous ? " Et c'est partie pour plus d'une heure, qui passe trop vite, d'un humour anglais qui pétille à chaque réplique, à chaque situation. Je n'ai jamais rien projeté d'illégal, dit-elle, comment le pourrais-je ? Je ne connais pas la loi ! Pendant ce périple, Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier et Pierre-Alain Leleu vont interpréter une trentaine de rôles et chacun leur tour celui de la tante Augusta. Autant vous prévenir, soyez à l'heure (cela changera, une manie en France d'arriver en retard....) et ne ratez le départ de l'Orient-Express ou vous aurez du mal à suivre.... C'est 1969 que Henry Graham Greene publie son livre. Un voyageur dans l'âme, lui qui avait la bougeotte, puise dans ses aventures toutes les rencontres qui nous entraînent dans des lieux insolites : il a l'art du récit qui captive son auditoire. En filigrane, avec son humour pince sans rire et beaucoup d'amusement, il prend de la distance avec sa personne, lui qui a eu une enfance assez perturbée, et pose la question sur le sens que l'on donne à sa vie. Nos quatre héros sont fabuleux, ils savent tout jouer dans toutes les situations et ne rechignent devant aucun sacrifice pour nous faire rire. Le fait de permuter en continuité leurs rôles donne encore plus de saveur à ce rocambolesque périple. Chacun apporte sa personnalité et donne le meilleur de lui-même. Claude Aufaure que je venais d'admirer quelques jours auparavant dans " 7 morts sur ordonnance " joue un british plus vrai que nature. Il est d'une vivacité joyeusement drôle dans le rôle de la tante quand il minaude. Il distribue les cartes avec délicatesse. Une belle performance lui qui enchaîne le même jour les deux pièces. Pierre-Alain Leleu mérite un accessit pour ses compositions, comment ne pas être écroulé de rire quand il est un perroquet ou un chien et d'une dignité dans le rôle de la tante. Jean-Paul Bordes engendre une touche de douceur avec sa voix chaude et rassurante. Quand à Dominique Daguier il est irrésistible dans son rôle de Woodsworth, il apporte un détachement à surmonter les obstacles des plus comiques. Un quatuor qui ne se prend pas au sérieux mais qui est présent sur scène pour nous faire partager sa passion du théâtre. La mise en scène de Nicolas Briançon remplie de trouvailles est d'une fluidité et d'une précision nécessaires à la construction de cette aventure. Les accessoires se résument à des chapeaux et des chaises. Il a su les imbriquer les uns dans les autres pour nous faire voyager avec cette irrésistible tante : il a avec beaucoup de fantaisie rendu touchant ce personnage. Chapeau bas Monsieur Briançon : un remarquable travail qui justifie amplement le Molière que vous avez reçu en 2015.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre classique: Le Misanthrope

-à ne pas manquer
8/10

" Le Misanthrope " de Molière dans une mise en scène simple mais efficace de Peter Stein au Théâtre Libre : une vision très sombre du personnage donnant priorité au texte. Le Misanthrope est une comédie mais pas comme celles dont nous avons l'habitude de nous régaler avec Molière, comme par exemple " L'école des femmes " ou " Tartuffe " ; ici point de bouffons qui font rire dès leurs entrées, même si Alceste apparaît avec des rubans verts sur ses manches, signe de reconnaissance en son temps. Nous avons à faire à un personnage fortuné de la haute cour, en bel habit. L'argument de cette pièce est des plus simples et va tenir cinq actes. Une scène très drôle lorsqu'apparaît Oronte joué tout en finesse par Jean-Pierre Malo, celui par qui la foudre d'Alceste va donner toute la mesure de son courroux. Il est irrésistible dans la lecture de son sonnet qui soyons honnêtes est bien d'une médiocrité sans nom et donne raison à Alceste joué par Lambert Wilson. Lambert Wilson nous délivre par sa généreuse interprétation une facette de sensibilité qui vient en opposition avec la noirceur du personnage, malgré ses nombreux coups de sang devant la sottise humaine qui le font débouler comme un jeune taureau dans un jeu de quilles. Il en devient touchant dans son combat amoureux, lui qui n'arrive pas à décrocher le coeur de sa bien aimée Célimène et qui repartira seul dans son désespoir. Célimène, de sa jeunesse, elle ne veut pas se priver, elle veut vivre sa vie et ne pas s'enfermer, s'éloigner du monde comme pourrait l'en priver Alceste si elle le suivait. Pauline Chevallier joue cette Célimène avec la grâce et la légèreté d'une danseuse. Elle esquive les situations comme des sauts d'un jeune félin qui sort ses griffes à l'occasion. Son valet Basque joué par Patrice Dozier est un exemple de simplicité : un petit rôle pour un grand bonhomme. Gravitent autour de nos héros, Eliante, la cousine de Célimène jouée par Manon Combes, un jeu tout en coquetterie au sourire réjouissant. Brigitte Catillon joue cette vieille fille aigrie avec beaucoup de classe. Paul Minthe et Léo Dussolier dans les rôles des deux petits marquis, Acaste et Clitandre, jouent à la perfection ces deux êtres prétentieux, efféminés, à la conversation plus que limitée. Jean-François Lapalus dans Dubois et Dimitri Viau dans le garde de la Maréchaussée complètent cette brillante distribution, sans oublier les valets joués par Arthur Alexiu et Gauthier Buhrer. Un Misanthrope dont au aurait tort de se priver.
# écrit Il y a 3 semaines



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