Non la littérature de Jean de La Fontaine n'est pas uniquement peuplée de fourmis, renards et agneaux défilant dans les salles de classes. Les hommes et les femmes y ont largement leur place et leurs moeurs amoureuses y sont croquées avec tout autant d'acuité, de liberté et de raillerie. Seulement, en quelques siècles, la pudibonderie a fait son oeuvre et a envoyé les contes grivois de l'académicien aux enfers de nos bibliothèques. Emilie Valantin, inlassable passeuse de littérature, s'empare de cinq des 70 Contes et Nouvelles en vers. Du jouvenceau habillé en servante à La courtisane amoureuse, il est question d'amour sincère, de naïveté ou de travestissement. Ses marionnettes donnent une fausse innocence à des situations provocantes et transgressives. En complicité totale avec la langue de La Fontaine, elle fait régner élégance, raffinement et pudeur alors qu'il n'est question que d'amours interdites, d'adultère, de jalousie et aussi... des plaisirs qui s'en suivent !. Le texte virtuose porté à la fois par les marionnettes et des dévots narrateurs est mis en résonnance avec des partitions d'époque jouées à l'harmonium. Un spectacle léger, délicieusement poétique. C'est peu dire du plaisir que l'on a à découvrir La Fontaine hors de sa ménagerie.