"Les propositions éruptives des Chiens de Navarre croisent, tressent, saturent, font et défont tous les codes du théâtre, depuis ceux hérités de l'Antiquité.
Ici, l'ancien protagoniste à fait place à un choeur désordonné, tantôt soudé dans 'l'idiotie du conformisme, tantôt dans la folie et l'hallucination. Tantôt fusionnel, tantôt discordant : dans cette machine à plusieurs, chaque acteur, tourniquet d'émotions porté par une insondable charge intérieure, se dispute la vedette in situ, avec autant de délectation que d'autodérision.
Les allers-retours entre la littéralité scénique (la gratuité du "faire") et l'imagination poétique situent en point de fuite la frontière entre réel et fiction. Proche du pot-pourri et du "bouillon de culture" , la scène est employée comme un incubateur d'émotions, au terme de quoi, surchargée puis nettoyée, dévastée puis épuisée dans ses moindres ressorts, elle laissera place à l'acteur, abandonné, contrit dans son impuissance autant que rechargé, tel un ressort prêt à rebondir." Isabelle Barberis