Une femme et un homme sont là. Il s'avancent. Ils se tiennent par la main. Ils sourient. Ils sont beaux tous les deux. C'est un happy beginning...
Mais très vite, l'homme lâche la main de la femme. Il disparaît à ses yeux. Elle se retrouve seule et dès lors, ne cesse de vaciller, au bord de la chute, la démarche de plus en plus hésitante. Alors petit à petit, elle marche de plus en plus lentement, elle parle de moins en moins vite.
C'est l'histoire de cette femme qui peu à peu, tend vers l'immobilité, le silence et l'obscurité. Un peu comme tout le monde finalement, mais avec une singulière légèreté. On peut aller vers l'obscurité en riant. Il vaut mieux d'ailleurs.
La chute est le point de départ du texte d'Antoine Lemaire. C'est Nadia Ghadanfar qui porte cela, elle qui, à chaque apparition sur scène devient la figure emblématique de nos chutes. Elle qui, avec son incessant vacillement, concentre en elle nos peurs et nos fragilités. avec elle, on est au bord de la chute, mais au bord seulement.