🎭 Partage ton avis !
Ton avis compte et aide les autres spectateurs à choisir leur prochain spectacle. Il est aussi lu
par les artistes et les organisateurs pour améliorer ou faire évoluer le show 👀
💬 Petits rappels importants :
- Si tu fais partie de l’équipe mais également si tu n’as pas vu le spectacle, évite de poster une
critique (on reste fair-play ✌️).
- 🚫 Les messages diffamatoires, non constructifs ou qui spoilent trop le show seront retirés par
nos équipes !
- Ici, on parle du spectacle uniquement, pas du placement, du prix du billet ou de l'accueil de la
salle. Pour ça, tu peux consulter notre
faq ou nous écrire
directement
💌
Laisse un avis
Alors, quelle note donnes-tu ?
Signaler un avis
Vous pensez que l'avis suivant ne correspond pas à la charte BilletReduc' ? Afin que notre équipe puisse la réévaluer, vous pouvez la signaler.
Grâce à l'Autre, à l'oeil de l'esprit, aux gestes du quotidien, Winnie sonde et célèbre l'existence.
Beckett nous affronte sans concession à une obscurité intérieure, ce fut là sa révélation à l'été 1945, qui est un non savoir ne permettant ni de juger ni d'affirmer quoi que ce soit ni de connaître qui que ce soit. Et pourtant habités par cette nuit, il faut bien avancer jusqu'au bord du gouffre, et avancer encore, en traînant un corps misérable, estropié, amoindri, en rampant de quelques millimètres encore, dans l'attente qui n'en finit pas. Rien n'est plus réel que rien, disait-il d'après Démocrite. Cette désidéalisation du monde et de soi-même, cette déprise de toutes les illusions, qui se traduit aussi par une prise en compte des fonctions les plus basses du corps, par une mise en tension permanente des contraires, n'exclut cependant ni le courage ni une profonde compassion humaine.
Mais cette impossibilité à trouver du sens, à donner du sens a fait basculer la littérature dans la seconde moitié du XXe siècle, la réduisant par les mots à toujours plus de silence, la conduisant à dessein vers le silence. Et si tout le mal et la folie du monde tenaient justement à ce qu'on croit savoir, aux certitudes, aux vérités qu'on croit détenir et aux convictions jusqu'à l'intolérance. Et cela, faute de prendre au sérieux notre ignorance foncière, notre finitude sans au-delà, la réalité dégradée de nos corps et le désordre des choses. Cet appauvrissement volontaire qui nous affronte au rien a été authentiquement cathartique.