L'exposition "Routes" du peintre Arkond se tiendra à la Galerie Babel au 15 rue Guénégaud 75006 Paris du 5 octobre au 20 octobre 2024.
Vernissage : samedi 5 octobre 2024 à 18 heures.
La galerie sera ouverte tous les jours de 11 heures à 20 heures.
Arkond (Arkond Canaj) est né à Vlore en 1989, dans une famille d'ingénieurs. Son enfance est faite de projets à partir des maquettes de son père pour mieux faire refléter les reliefs des bâtiments du quartier. Il a étudié l'architecture et s'est concentré pendant de nombreuses années sur de grands projets dans le domaine des sources d'énergie renouvelables.
Arkond a également travaillé des dessins, des aquarelles, des peintures, des photographies monochromes et des installations.
Les routes par Arkond
"Les routes sont là.
De la même manière qu'il existe des opportunités inexploitées, il existe aussi des chemins oubliés.
Quand le temps passe, les occasions perdues et les chemins oubliés ne laisseront que la trace indélébile des occasions manquées."
Je suis né à Vlora, une ville côtière au sud de l'Albanie, en 1989. J'ai grandi dans le centre-ville, près de l'arrêt des bus surpeuplés qui nous emmenaient partout, dans toute direction.Aucune des destinations ne se ressemblaient.
Lorsqu'il faisait très chaud, le bitume fondait, et lorsqu'il fondait, il éclaboussait comme un plat satanique.
Nous, les enfants des tours, nous laissions les empreintes de nos sandales en plastique dans le bitume chaud. Pour nous, les enfants des tours, la route était une lave noire, fondue, brûlante, qui gelait en hiver pour se réveiller à la pointe de l'été. Pour les enfants des autres quartiers de la ville, les routes étaient quelques "gurre" chevauchés sur le dos d'un ruisseau, morts, et qui avaient glissé pour échapper à la lave.
Pour les enfants des quartiers du bord de mer, la route était une fissure dans la terre rouge et quelques morceaux de gravier qui perçaient parfois la terre, parfois les pieds nus des enfants de ce quartier, et parfois nos sandales, les sandales des garçons du centre-ville, au caoutchouc déjà ramolli par le bitume chaud (goudron) près de l'arrêt des bus. (Peinture Les Routes 1)
La série "Les routes" est dédiée aux souvenirs, aux départs. Elle est dédiée à tout ce qu'on a vu depuis les fenêtres du bus, à tout ce que le gros pneu du bus écrasait. A l'attente à l'arrêt. A la joie lorsque la silhouette du bus se dessinait dans la poussière et l'air chaud de la route. A l'odeur de la mer depuis la fenêtre du dernier arrêt de la "Plazhi i ri". Au contrôleur au bon coeur, autant au contrôleur pas si gentil qui nous faisait descendre du bus, depuis des fenêtres duquel le "gurre" blanc de l'asphalte ressemblait à une ligne blanche sur un tapis infini, et lorsqu'on descendait, à un océan infranchissable, tandis que l'arrêt final une planète lointaine.
La série "Les Routes" est née comme une métaphore sur les décisions que nous prenons dans la vie. Une métaphore pour souligner l'importance que nous n'avons pas eu la chance, le temps ou l'intelligence d'accorder à certains chemins de vie, aux rêves, aux personnes, à nous-mêmes. Il est dédié à ceux qui nous ont donné le courage d'entreprendre le voyage, mais aussi à ceux qui nous ont attendu à son bout. Il est dédié à ceux qui n'ont jamais voulu que nous partions et à ceux qui nous ont attendus à ses bords sans jamais se lasser, même si nous n'y sommes jamais allés. Il est dédié aux gens, à nous, à toi/vous. (Peinture Routes 3).
Sur la peau des routes inexplorées, comme sur le papier des journaux oubliés, on retrouve quelques fleurs séchées d'un printemps ou d'un amour passé. C'est le même piège dans lequel une feuille tombe chaque année, tout comme le piège de l'amour. Et comme le journal dans la poussière de l'oubli retient les fleurs d'un vieil amour, ainsi les routes oubliées tiennent les feuilles d'un printemps lointain. Les deux prêts à retomber dans le piège. (lié au tableau avec des fleurs "Roads lost diary" placé dans la vitrine de la galerie).
J'observe, comme en hypnose, la ligne blanche séparant les deux côtés de la route. Le même morceau de route, divisé par une ligne imaginaire, séparant ainsi non seulement la route, mais deux destins. Une ligne imaginaire qui fait scinder ce qui s'enfuit de ce qui revient. Celui qui est parti, en colère, échevelé, en claquant la porte, de celui qui a hâte de revenir/rentrer, vers une porte semblable, une maison semblable, chez une femme ou un homme semblable, avec le même vide dans le coeur des enfants. Vide et prêt à remplir le coeur de ceux qui attendent, vide et apeuré du fait que le coeur de ceux qui ont été abandonnés ne soit plus jamais rempli.
Les enfants s'assoient toujours au bord de la route et regardent de là vers le bout, vers ce qu'ils perçoivent comme la fin. Pas tout le monde voit la route de la même manière, pas tous ont le courage d'apercevoir l'horizon. Cependant chacun attend quelqu'un. Pour chacun un bout de rue devant sa maison devient la scénographie permanente de ses rêves.
Chaque silhouette qui s'approche est celle qui porte votre rêve, jusqu'à ce qu'elle se rapproche assez et que vous vous rendiez compte qu'il n'y a rien pour vous là-bas. Nous tombons amoureux des routes car elles sont le théâtre de nos rêves d'enfance. Parce qu'ils nous font sentir présents, prêts à saisir nos rêves, à fuir, à revenir, à ne jamais nous arrêter.
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Pour tout public
Langue : français
La galerie sera ouverte tous les jours de 11 heures à 20 heures.
Arkond (Arkond Canaj) est né à Vlore en 1989, dans une famille d'ingénieurs. Son enfance est faite de projets à partir des maquettes de son père pour mieux faire refléter les reliefs des bâtiments du quartier. Il a étudié l'architecture et s'est concentré pendant de nombreuses années sur de grands projets dans le domaine des sources d'énergie renouvelables.
Arkond a également travaillé des dessins, des aquarelles, des peintures, des photographies monochromes et des installations.
Les routes par Arkond
"Les routes sont là.
De la même manière qu'il existe des opportunités inexploitées, il existe aussi des chemins oubliés.
Quand le temps passe, les occasions perdues et les chemins oubliés ne laisseront que la trace indélébile des occasions manquées."
Je suis né à Vlora, une ville côtière au sud de l'Albanie, en 1989. J'ai grandi dans le centre-ville, près de l'arrêt des bus surpeuplés qui nous emmenaient partout, dans toute direction.Aucune des destinations ne se ressemblaient.
Lorsqu'il faisait très chaud, le bitume fondait, et lorsqu'il fondait, il éclaboussait comme un plat satanique.
Nous, les enfants des tours, nous laissions les empreintes de nos sandales en plastique dans le bitume chaud. Pour nous, les enfants des tours, la route était une lave noire, fondue, brûlante, qui gelait en hiver pour se réveiller à la pointe de l'été. Pour les enfants des autres quartiers de la ville, les routes étaient quelques "gurre" chevauchés sur le dos d'un ruisseau, morts, et qui avaient glissé pour échapper à la lave.
Pour les enfants des quartiers du bord de mer, la route était une fissure dans la terre rouge et quelques morceaux de gravier qui perçaient parfois la terre, parfois les pieds nus des enfants de ce quartier, et parfois nos sandales, les sandales des garçons du centre-ville, au caoutchouc déjà ramolli par le bitume chaud (goudron) près de l'arrêt des bus. (Peinture Les Routes 1)
La série "Les routes" est dédiée aux souvenirs, aux départs. Elle est dédiée à tout ce qu'on a vu depuis les fenêtres du bus, à tout ce que le gros pneu du bus écrasait. A l'attente à l'arrêt. A la joie lorsque la silhouette du bus se dessinait dans la poussière et l'air chaud de la route. A l'odeur de la mer depuis la fenêtre du dernier arrêt de la "Plazhi i ri". Au contrôleur au bon coeur, autant au contrôleur pas si gentil qui nous faisait descendre du bus, depuis des fenêtres duquel le "gurre" blanc de l'asphalte ressemblait à une ligne blanche sur un tapis infini, et lorsqu'on descendait, à un océan infranchissable, tandis que l'arrêt final une planète lointaine.
La série "Les Routes" est née comme une métaphore sur les décisions que nous prenons dans la vie. Une métaphore pour souligner l'importance que nous n'avons pas eu la chance, le temps ou l'intelligence d'accorder à certains chemins de vie, aux rêves, aux personnes, à nous-mêmes. Il est dédié à ceux qui nous ont donné le courage d'entreprendre le voyage, mais aussi à ceux qui nous ont attendu à son bout. Il est dédié à ceux qui n'ont jamais voulu que nous partions et à ceux qui nous ont attendus à ses bords sans jamais se lasser, même si nous n'y sommes jamais allés. Il est dédié aux gens, à nous, à toi/vous. (Peinture Routes 3).
Sur la peau des routes inexplorées, comme sur le papier des journaux oubliés, on retrouve quelques fleurs séchées d'un printemps ou d'un amour passé. C'est le même piège dans lequel une feuille tombe chaque année, tout comme le piège de l'amour. Et comme le journal dans la poussière de l'oubli retient les fleurs d'un vieil amour, ainsi les routes oubliées tiennent les feuilles d'un printemps lointain. Les deux prêts à retomber dans le piège. (lié au tableau avec des fleurs "Roads lost diary" placé dans la vitrine de la galerie).
J'observe, comme en hypnose, la ligne blanche séparant les deux côtés de la route. Le même morceau de route, divisé par une ligne imaginaire, séparant ainsi non seulement la route, mais deux destins. Une ligne imaginaire qui fait scinder ce qui s'enfuit de ce qui revient. Celui qui est parti, en colère, échevelé, en claquant la porte, de celui qui a hâte de revenir/rentrer, vers une porte semblable, une maison semblable, chez une femme ou un homme semblable, avec le même vide dans le coeur des enfants. Vide et prêt à remplir le coeur de ceux qui attendent, vide et apeuré du fait que le coeur de ceux qui ont été abandonnés ne soit plus jamais rempli.
Les enfants s'assoient toujours au bord de la route et regardent de là vers le bout, vers ce qu'ils perçoivent comme la fin. Pas tout le monde voit la route de la même manière, pas tous ont le courage d'apercevoir l'horizon. Cependant chacun attend quelqu'un. Pour chacun un bout de rue devant sa maison devient la scénographie permanente de ses rêves.
Chaque silhouette qui s'approche est celle qui porte votre rêve, jusqu'à ce qu'elle se rapproche assez et que vous vous rendiez compte qu'il n'y a rien pour vous là-bas. Nous tombons amoureux des routes car elles sont le théâtre de nos rêves d'enfance. Parce qu'ils nous font sentir présents, prêts à saisir nos rêves, à fuir, à revenir, à ne jamais nous arrêter.
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L’événement Arkond : Routes de type Musées / Expos, organisé ici :
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