Merci, ce beau texte, touchant, cette histoire, vécue, tellement émouvante... Excellente actrice, jolie musique, tout est bien !
Avis et critiques : La Robe de Mariée
12 avis
Très beau seule-en-scène hier soir à l'Essaïon avec Marie-Catherine Conti. Le sujet est grave, le "délire" apparent d'une internée dont tout l'horizon est un hypothétique époux, mais, chemin faisant, nous touche et concerne tout le monde. S'il perçoit quelques contradictions entre ses envies et la réalité, le personnage est toute force de vie, énergie décuplée et s'attelle à une tâche, vous verrez, de Pénélope qui attend son Ulysse. Qui oserait la contredire alors que les résultats sont magnifiques et que, surtout, toute l'humanité hésite, divague, entre fantasmes quelquefois, sinon périodiquement, à côté de la plaque et pulsions de vie qui font déménager les montagnes ? Marguerite, c'est la part de vérité criée dans une "folie" ordinaire et qui fait que, si proche de nous, elle ne peut que nous interpeller. Marie-Catherine Conti, qui participe également à mise en scène, est parfaite dans ce rôle de femme probablement laissée pour compte dans l'enfance, humiliée, rendue trop discrète et qui se bat pour être femme intégrale reconnue dans les yeux d'un homme. Elle est toute d'affirmation de soi malgré les doutes, les "voix ". En fin de spectacle, de précieuses informations nous sont données sur ce personnage réel dont Dubuffet acheta l'oeuvre. Un rendez-vous impératif m'empêcha, hélas, de discuter avec la troupe. Qu'elle m'en excuse, car le spectacle en est à ses premières .
Nous avons été profondément touchée par le jeu de la comédienne. On pénétre peu à peu dans la solitude, l'imaginaire et la folie du personnage. Merci beaucoup pour ce moment suspendu entre la folie et le rêve. Un très bon spectacle à voir absolument !
L'histoire de cette pauvre femme enfermée dans un asile est vraiment touchante. L'interprétation et le physique de la comedienne rend le personnage plus fragile plus bouleversant et on est plongé dans le récit relatant le mariage et la création de cette robe de mariée si chère au coeur de cette internée
Sur scène Marie-Catherine Conti incarne Marguerite, internée pour troubles schizophréniques. Les murs imposants de la belle cave-théâtre du Marais (rue Pierre au Lard) suggèrent immédiatement l'enfermement, la réclusion, l'isolement. Décor naturel puissant et sobre, belle musique d'accompagnement au violoncelle; Aucune hystérie dans le jeu de la comédienne, mesuré et tenu, poignant. Son jeu varie au rythme des basculements de l'humeur de Marguerite, entre exaltation, malice, sauvagerie, calme, fébrilité, douceur enfantine, colère, moquerie, espérance.
Une pièce profonde et sensible. Une performance d'actrice exceptionnelle. Le lieu convient parfaitement au contexte de la pièce.
Quel dommage que ce seule en scène n'ait pas réussi à soutenir mon attention( comédienne trop narrative à la limite de l'ennui et ce malgré quelques moments touchants mais qui n'ont pas suffit à estomper la sensation de longueur)Tirée de faits réels et dans le contexte de la seconde guerre mondiale,Marguerite Sirvins fut internée à Saint Alban et ,témoins de son enfermement sont ses broderies narratives dont cette robe de mariée tissée avec des fils de draps(robe acquise par Dubuffet et conservée au musée d'Art brut).Cet asile fut un lieu de refuge de juifs et résistants ..Pour la petite histoire Denise Glazer y fut accueillie tout comme Paul Eluard(souvenirs de la maison des fous)et son épouse.Un asile qui mettait en pratique une psychiatrie institutionnelle novatrice, humaniste....les patients artistes ont constitué le socle de ce que l'on appellera l'Art Brut(Auguste Forestier, Jayet..)Le sujet donc est passionnant mais hélas cette "transcription" théâtrale "la robe de mariée" m'a portée à l'ennui et j'en éprouve une grande tristesse.
Très poignant très touchant il faut aller voir c'est difficile à expliquer.....
Cette histoire traitant de la folie et des conséquences psychologiques de l'éducation des femmes m'a laissé sur ma faim. La mise en scène, assez statique, et la performance peu convaincante de la comédienne ne m'ont pas permis de m'immerger dans cette folie ordinaire.
Pour moi, elles furent bien glaciales ces noces. Le potentiel de la comédienne n'a pas été mis en valeur, noyé par des "dialogues intérieurs" et par une audition difficile du fait de la tête enfoncée dans un drap, les mains ou le mur. De fait, on devine plus l'histoire qu'on en suit un suivi ... Les rendez-vous manqués sont toujours un peu tristes.
3 critiques
Marie-Catherine Conti, avec ses cheveux courts et son visage presque enfantin, donne magnifiquement vie à cette femme brisée. Son jeu solide est bâti sur la sincérité des sentiments. L'émotion est au rendez-vous.
TTT -Tête et corps parcourus de ressassements, de souffrances enfouies ou d'hallucinations d'une enfant perdue, Marie-Catherine Conti incarne Marguerite avec une subtile sensibilité. Elle en traverse les peurs comme les pulsions érotiques ou langagières avec une ardeur tout à fait saisissante.
Toujours juste, Marie-Catherine Conti se prête à la fatigue de cette femme depuis longtemps hors du monde. Elle incarne sa réelle jeunesse de vieille rêveuse, nourrie d'une solide espérance. Le public est troublé devant ce délire si palpable, si simple, jusqu'à être emporté par l'émotion finale.
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