C'est un grand classique du théâtre russe que Denis Podalydès met en scène : L'orage (Alexandre Ostrowki). Depuis sa création, l'oeuvre rencontre un succès constant, certainement parce que le sujet abordé est immuable. Dans une petite ville - si loin de Moscou - une famille de commerçants se débat comme elle le peut avec un quotidien aussi écrasant que stérile. Poids des conventions sociales, poids de la famille, poids de la religion, etc. Fantaisie, plaisir et, moins encore, l'amour, n'y ont de place. La génération ancienne se heurte à la nouvelle, telle une fatalité. La jeunesse n'a pas à être heureuse puisque les ancêtres ne le furent pas. On étouffe. On étouffe tous ensemble. Même le cadre de vie est à la peine. D'un côté, la Volga - qui, aussi belle soit-elle - est sans issue. De l'autre côté, le travail. Il est une contrainte nécessaire autant qu'insurmontable : il est fermé à tout horizon. Pour chacun, la vie est plus subie que vécue. Toute distraction, tout sentiment ou encore, toute forme d'évasion sont bannis : comment pourraient-ils exister, d'ailleurs ? Ne représentent-ils pas un danger moral, social, religieux ? L'habile mise en scène de Denis Podalydès va à l'essentiel du texte tandis que les acteurs sont pleinement habités par leur rôle.
Nous sommes dans une petite ville sur les bords de la Volga immense, énorme, que vante Kouliguine, toujours émerveillé par le spectacle du fleuve et des choses.
On est plus loin que jamais de Moscou, du centre, de la vie intellectuelle, artistique, de la vie tout court, dans un système social figé, dominé par les marchands (bourgeoisie industrielle et commerçante, souvent issue du servage, qui, notamment dans une petite ville, concentre tous les pouvoirs, économiques, administratifs, policiers, à la manière des oligarques dans la Russie post-soviétique).
On sent le poids écrasant de la religion, de l'inculture, de l'alcool. L'inertie domine. On va et vient dans cette ville dans une forme d'errance sur place, les gens déambulent, s'arrêtent, repartent et ne vont nulle part. D'un côté la Volga, de l'autre les murs clos des demeures, les secrets enfermés, la violence sourde, l'alcool pour faire semblant d'être libre. Comédie et tragédie tout ensemble, à chaque instant, l'Orage est un classique ébréché, bizarre, très drôle et très dur. Une pièce d'hier pour aujourd'hui.
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Pour tout public
Langue : français
On sent le poids écrasant de la religion, de l'inculture, de l'alcool. L'inertie domine. On va et vient dans cette ville dans une forme d'errance sur place, les gens déambulent, s'arrêtent, repartent et ne vont nulle part. D'un côté la Volga, de l'autre les murs clos des demeures, les secrets enfermés, la violence sourde, l'alcool pour faire semblant d'être libre. Comédie et tragédie tout ensemble, à chaque instant, l'Orage est un classique ébréché, bizarre, très drôle et très dur. Une pièce d'hier pour aujourd'hui.
La distribution du spectacle ✨
Auteur(s) :
Alexandre Ostrovski
Artiste(s) :
Cécile Brune, Julien Campani, Philippe Duclos, Leslie Menu, Dominique Parent, Laurent Podalydès, Pascal Rénéric, Mélodie Richard, Nada Strancar, Geert Van Herwijnen, Thibault Vinçon, Bernard Vallery
Mise en scène :
Denis Podalydès
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