Avis et critiques : Anne H. : Une épopée Shakespearienne
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1 avis
Magnifique à tous point de vue : mise en scène élégante, originale. Scénario bien construit. Comédienne authentique. Une histoire vraie qui mérite d'être connue. Beaucoup d'émotion
4 critiques
Ce texte est traduit pour la première fois en français par la comédienne Kady Duffy. L'héroïne est la femme de Shakespeare, Anne Hathaway, dont l'histoire est peu connue. Vern Thiessen en a imaginé une version, celle d'une femme forte, aimante, autonome, une femme moderne qui élève seule ses trois enfants. A la fin de la vie du célèbre écrivain, elle ne reçoit en héritage que "le deuxième meilleur lit" de celui-ci. La pièce Anne H remonte le temps et imagine la vie de cette femme en puisant dans l'histoire et dans l'imagination de l'auteur de la pièce. Frank Berthier met l'actrice au centre de la scène, l'entoure d'ombres pour mieux la faire briller dans la lumière. C'est un jeu de noir et blanc où excelle la comédienne Kady Duffy qui interprète seule l'histoire familiale des Shakespeare, passant admirablement par des états d'âme extrêmes. Elle maintient le spectateur dans une tension amoureuse et vitale dont nul ne ressort indemne. Un spectacle tragique à voir absolument.
Portrait d’Anne H., une combattante qui va de l’avant Avec comme point de départ le testament de Shakespeare, diversement interprété par les historiens, et quelques rares données avérées, dont l’effarante perte de son petit garçon, et le fait qu’elle vécut toute sa vie à Stratford tandis que lui demeura longtemps à Londres. Malgré l’adversité, le dramaturge en fait une combattante, féministe avant l’heure. Dans une mise en scène limpide et épurée, la comédienne Kady Duffy l’interprète de manière impressionnante, traversant toutes sortes d’états et sentiments contradictoires. Américaine diplômée du Trinity College de Dublin, dirigée par des auteurs de renom à Broadway et en Irlande, elle parvient dans ce seule en scène saisissant à donner corps aux sacrifices d’Anne comme à son désir éperdu de bonheur. Agnès Santi
Franck Berthier met en scène ce monologue imaginé par l’auteur canadien Vern Thiessen, « épopée shakespearienne » qui s’inspire du destin méconnu de l’épouse de William Shakespeare, Anne Hathaway (1556-1623). Kady Duffy l’interprète de manière éclatante, avec nuance, panache et précision.
Seule, très belle, comme enfermée dans un couloir blanc qui délimite son espace vital, page vierge d’un testament qu’elle ne souhaite pas découvrir, qu’elle lira une fois qu’elle a fait entendre ce qui constitue sa vie. Elle prend la parole pour se raconter, pour dire la rencontre amoureuse, le pacte trahi, la solitude d’une mère figée dans l’attente de son mari, avec trois enfants à élever – Susanna, les jumeaux Hamnet et Judith. Lui est parti à Londres pour se consacrer au théâtre, promettant de revenir souvent puis happé par sa carrière. Éprise de liberté, elle désire une autre vie, plus douce. Après avoir mis en scène, il y a une quinzaine d’années, Eileen Shakespeare de Fabrice Melquiot, autour du parcours fantasmé de la sœur de William, le metteur en scène Franck Berthier éclaire une autre vie méconnue de l’entourage de Bill, celle de son épouse Anne Hathaway, réinventée par le dramaturge canadien Vern Thiessen, multiprimé outre-Atlantique.