Avis et critiques : Dans l'ombre de Jorge Donn
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5 avis
Histoire passionnante magistralement interprétée et mise en scène. Bravo!!!
Un spectacle émouvant et splendide.
Je ne connaissais pas Jorge Donn, et cette pièce m’a permis de découvrir une figure mythique de la danse. Mais au-delà de cette rencontre, j’ai surtout été profondément touchée par l’histoire portée par trois comédiens merveilleux, d’une justesse et d’une grande sensibilité. À travers eux, la pièce raconte avec beaucoup d’émotion la réalisation de soi, la reconnection avec ses rêves d’enfant et le courage d’être pleinement soi-même. C’est une ode à la liberté, qui nous fait rire autant que pleurer, et nous donne envie à la fin du spectacle de vivre plus grand et de danser. Allez-y les yeux fermés !
Un sujet intéressant sur un personnage que je connaissais mal, interprété par trois acteurs impeccables. Qu'il est touchant, ce neveu peintre en bâtiment, qui tente de courir après ses rêves et de danser dans l'ombre de son prestigieux oncle... La scènographie est très réussie, il y a une belle recherche pour jouer avec le personnage de Jorge Donn et avec les époques. Bref, ce spectacle est une très bonne surprise.
Certes, c’est une sorte d’hommage à Jorge Donn, ce magnifique danseur de la troupe de Béjart. Mais c’est plus que ça : à travers une interprétation remarquable, nous assistons à la lutte d’un neveu contre l’ombre, pesante, de son oncle adulé… autobiographique ? En partie certainement. Cette histoire est racontée avec de très très beaux effets visuels, qui nous permettent de retrouver, entre autres, de splendides extraits de danse par ce somptueux danseur. Les interprètes sont tout à fait exceptionnels dans leur différence. Il nous offre de très grands moments de rire et d’émotion. Le texte est fort, l’histoire est passionnante et la scénographie très belle. C’est une grande réussite!!
3 critiques
Certaines pièces racontent une histoire. D’autres réveillent quelque chose de plus intime. Dans l’ombre de Jorge Donn appartient à cette seconde catégorie. Inspiré de l’histoire personnelle d’Aliocha Itovich, véritable neveu du célèbre danseur Jorge Donn, le spectacle ne se contente pas de rendre hommage à l’ancienne égérie de Maurice Béjart. Il interroge avec finesse ce que signifie vivre dans l’ombre d’une figure exceptionnelle et apprendre à suivre son propre chemin. La force de la pièce réside dans cette émotion simple et sincère. Derrière l’histoire d’un héritage artistique se dessine le portrait d’un homme partagé entre ses responsabilités, les attentes de son entourage et ce désir profond qu’il n’a jamais totalement éteint.
Dans l’ombre de Jorge Donn est l’hommage intime d’Aliocha Itovich pour son oncle. Il traite parallèlement de la difficulté pour un individu d’être le « neveu de », le charisme de nos anciens pouvant étouffer nos désirs d’expression artistique. Des scènes ancrées dans les difficultés de la vie quotidienne (contingences matérielles, désir d’enfant) contrebalancent avec des temps oniriques illustrés par des apparitions chorégraphiées de Donn (images d’archives projetées ou hologrammes grandeur nature). L’apparition de la trépidante Anna dans sa vie sans entrain permettra aux rêves de l’apprenti-danseur de devenir réalité. Ce spectacle permet de (re)découvrir la biographie de Jorge Donn, voire pour les non-initiés de mettre un nom sur le danseur principal du Boléro de Maurice Ravel dans le film Les Uns et les Autres de Claude Lelouch. Parallèlement, il aborde, le désir irrépressible de vivre ses rêves d’enfant avec ses invariables questionnements, ses invincibles difficultés et ses inéluctables choix.
La force du spectacle tient d’abord à ses acteurs. Aliocha Itovich joue ici une part de lui-même. Il signe la mise en scène et avance avec une pudeur qui jamais ne se dérobe, mêlant l’humour à la mélancolie du fils empêché. Hélène Degy apporte une chaleur et une vérité qui ancrent le récit dans le quotidien le plus juste. Vanessa Cailhol compose ici, avec son brio habituel, un personnage d’une intensité stupéfiante, capable tout à la fois de sidérer le public et de le faire rire aux éclats. Reste alors la question qui porte l’œuvre tout entière : a-t-on le droit de réaliser ses rêves à tout âge ? Elle traverse le spectacle avec une grâce et une urgence touchantes. Vivre dans l’ombre d’une figure admirée, en porter le nom et le souvenir, peut devenir un poids autant qu’un héritage, et la comédie, parfois drôle, souvent grave, transforme ce vertige intime en élan vers la lumière. Avant de gagner Avignon cet été, Dans l’ombre de Jorge Donn prouve qu’une mémoire que l’on croyait éteinte peut redevenir une flamme.