magnifique performance
Avis et critiques : 2H32
2 avis
Ce drame sur l’immigration, dans un théâtre souvent en retard au démarrage de ses spectacles, raconte la vie d’une jeune fille confrontée à la souffrance et à l’ombre de son passé. Déterminée, elle se donne les moyens d’atteindre ses objectifs, offrant une belle démonstration de volonté. Le récit bascule à la fin dans le burlesque, avec des vibrations inattendues qui emportent le public, comme une parole transmise et contagieuse. Original, bien interprété, ce spectacle constitue un bon moment de découverte.
2 critiques
A eux quatre, ils contribuent à faire de 2h32 un exemple d'équilibre réussi entre une écriture résolument contemporaine, flirtant même parfois avec le surréalisme, une mise en scène sobre et efficace - avec des marionnettes originales qui rappellent, par leur côté brut et organique, des écorchés de cours d'anatomie - et une interprétation sensible et juste. Une fois le meurtre commis, la mort de Zenash Gezmu provoque un frisson, une onde incontrolable qui donne une irresistible envie de courir, d'abord à ses voisins proches, puis à des centaines, des milliers d'anonymes emportés dans un marathon sans fin sur les traces de la jeune femme. Le récit se transforme alors en une sorte d'épopée collective, traversée par un vent de folie et dominée par une volonté farouche d'être libre. Le travail d'écriture de Gwendoline Soublin est particulièrement impressionnant dans cette seconde partie du spectacle, avec des envolées lyriques de toute beauté.
Après la mort de la jeune sportive, voilà, et une foule de marionnettes en témoigne progressivement sur scène, que des hommes et des femmes, de tout âge, de toute condition, sans un mot, chaussent à leur tour des baskets et descendent dans les rues. Comme en une manifestation solidaire. Comme dans un mouvement poétique qui rallie à sa cause, d’heure en heure, de mètre en mètre. Jusqu’aux policiers envoyés pour tenter de barrer la rue à ces manifestants qui courent, simplement et en silence. L’autrice a voulu «réinventer» l’histoire de Zenash Gezmu : «ce sera elle et pas elle. Ce sera ici, mais pas seulement». Dans un élan d’humanité nécessaire.
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