Cette troupe envoie Orphelins de Dennis Kelly comme une grenade dégoupillée dans le crâne. Brutal, vicieux, sans filtre. C’est violent, intelligent, et ça ne fait pas semblant. La mise en scène, épurée jusqu’à l’os, refuse tout artifice décoratif pour mieux creuser l’âme du texte. Tension dramatique millimétrée, silences qui claquent comme des lames, lumière crue qui sculpte les visages : on est en pleine esthétique du huis clos contemporain, celle qui fait du plateau un laboratoire de la fracture humaine. Les connaisseurs y reconnaîtront l’héritage de l’in-yer-face theatre domestiqué avec une intelligence toute française. Ni hurlement ni complaisance, juste une implacable dissection des mécanismes intimes de la peur et du repli. Antoine Dubois y livre une performance de haute volée. Son personnage est un chef-d’œuvre d’ambiguïté : corps tendu comme un arc, regard qui oscille entre la bête traquée et le prédateur. Une justesse psychologique qui élève le rôle au rang d’archétype contemporain. Dubois ne joue pas, il incarne la faille avec une économie de moyens qui confine à la virtuosité. Le reste de la distribution suit avec une cohérence rare, mais c’est surtout la façon dont la troupe fait dialoguer le réalisme le plus cru avec une forme presque abstraite. Pas de morale en kit, seulement l’examen clinique de nos petites lâchetés bourgeoises, de la peur qui dissout les principes et du clan qui triomphe quand la civilisation vacille. La pièce ne donne pas de leçons faciles. Elle pose les questions les plus dérangeantes : jusqu’où va notre empathie quand notre propre bulle est menacée ? Que reste-t-il de nos belles valeurs quand la peur et le clan prennent le dessus ? La pièce démonte le vernis de la tolérance avec une lucidité glaçante, les mécanismes de la peur, du clan et de la morale de circonstance. On sort de là secoué, moins innocent, et étrangement lucide. Avec cette sensation rare d’avoir assisté à du vrai théâtre : celui qui pense, qui blesse et qui reste longtemps en mémoire
Nouveauté
Orphelins
4 juillet au 25 juillet 2026
À partir de 9,50 €
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4 juillet au 25 juillet 2026
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Orphelins
"Orphelins", nouvelle mise en scène radicale d'Olivier Sanquer ("Tom à la ferme", "Les Feluettes"), s'abat comme une rafale en plein visage. Une pulvérisation brutale du huis clos qui nous projette dans la sauvagerie du réel. Fidèle au dogme InYerFace et à la plume chirurgicale de Dennis Kelly, le plateau devient un ring viscéral et nécessaire.
Un couple, Hélène et Daniel, s'apprête a célébrer la venue prochaine d'un nouvel enfant. Mais voila qu'arrive Léo, le frère d'Hélène. Il est couvert de sang. Léo affirme avoir porté secours à une personne agressée. Mais dit-il toute la vérité ?
La distribution du spectacle ✨
Mise en scène :
Olivier Sanquer
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