Oui, Nasser Djemaï est bien un maître du théâtre d'aujourd'hui. Il reprend sa pièce " Vertiges ", ajustant le texte à la marge, avec une nouvelle mise en scène et une distribution en partie renouvelée. En alternance, il joue d'ailleurs lui-même le rôle de Nadir, ce transfuge de classe débarquant dans sa famille. Comme tous les membres de celle-ci, il a sa part de sagesse et sa part d'arrangements et de compromissions avec les vérités de l'existence. La confrontation des classes mais aussi celle des sexes et celle des générations nous apportent leurs lots de tensions et d'humour. Marque de fabrique de l'auteur, comme dans " Les Gardiennes " et " Kolizion ", le fantastique a sa part, dans un cauchemar ou dans le personnage de la voisine, mutique passeuse vers l'au-delà. Ce spectacle aux multiples facettes m'a semblé parfaitement maîtrisé. Il réjouira chez le spectateur tout autant la capacité à s'émouvoir que sa tendance à aimer les spectacles qui donnent à voir la société d'aujourd'hui ou encore que son inclination pour le mystère et la poésie.
Avis et critiques : Vertiges
4 avis
Une pièce exceptionnelle malgré quelques longueurs. Les comédiens et comédiennes sont épatants. Que de nuances, des moments saisissants de vérité et d'humanité, des monologues et des scènes d'ensemble poignantes. Je regrette que la mise en scène ait jugé nécessaire de surligner trop de choses avec des vidéo-projections : le jeux, les mots, la mise en scène, le son et la scénographie suffisaient déjà largement à tout illustrer pour le spectateur.
De nouveau, après "Invisibles", ce qui semble tenir à peu près part ensuite dans des chemins de traverse qui peuvent faire craindre que tout parte à vau-l'eau. L'ordre que le fils veut imposer peut aboutir au résultat inverse. Le choc entre un fils qui joue l'intégration à fond et ceux qui restent plus dans la tradition de leurs origines est particulièrement intéressant. L'ensemble m'a paru un peu moins captivant que les 2 premiers opus, en raison de quelques longueurs. Mais ça reste de haut niveau.
Ces comédiens nous font voyager dans plusieurs univers, celui de la famille, celui de la cité, celui d'entre deux rives... On rit beaucoup, on pleure un peu, on réfléchis beaucoup. Une belle écriture, une belle mise en scène, et de bons comédiens. Le tout dans un lieu magique "l'ancienne manufacture des oeillets". Il faut y aller !
1 critiques
Ancrée dans la réalité d’une famille immigrée, vivant dans un appartement de banlieue où l’ascenseur est en panne, la partition de Nasser Djemaï exprime les douleurs, les faillites et les fantasmes de ces vies minuscules, mais donne corps aussi à une réconciliation, à une réparation au cœur du tragique. Ici un touchant rituel met l’amour aux commandes contre tout le reste, et redonne sens au poids des héritages de manière éminemment libre et personnelle. C’est très beau, et très émouvant.
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