Bio et parcours
Bernard-Marie Koltès est l’un des dramaturges français majeurs de la seconde moitié du XXe siècle. Son théâtre met en présence des êtres qui se cherchent, se défient, négocient et tentent de trouver leur place dans des mondes où les rapports humains ressemblent souvent à des transactions. Ses pièces sont aujourd’hui traduites et montées dans le monde entier.
Né à Metz en 1948, il ne se destine pas immédiatement au théâtre. Le déclic arrive à Strasbourg en 1969, lorsqu’il découvre Médée de Sénèque mise en scène par Jorge Lavelli avec Maria Casarès. Il fonde ensuite le Théâtre du Quai, passe par l’École du Théâtre national de Strasbourg et écrit ses premiers textes, parmi lesquels Les Amertumes, La Marche et Procès ivre.
En 1977, La Nuit juste avant les forêts marque une étape décisive. Ce long flux de parole porté par un homme qui tente désespérément de retenir un inconnu contient déjà beaucoup de ce qui fera la singularité de Koltès : solitude, désir de rencontre, marginalité et langue capable de transformer une conversation en combat de haute précision. Moni Grégo crée le texte à sa demande.
Sa rencontre avec Patrice Chéreau change ensuite l’échelle de son œuvre. En 1983, Chéreau met en scène Combat de nègre et de chiens pour l’ouverture du Théâtre Nanterre-Amandiers. Leur collaboration se poursuit notamment avec Quai Ouest, Dans la solitude des champs de coton et Le Retour au désert. Elle contribue largement à imposer Koltès comme une voix centrale du théâtre contemporain français.
Dans Dans la solitude des champs de coton, un Dealer et un Client se rencontrent sans que l’objet exact de leur transaction soit jamais nommé. Toute la pièce devient alors une négociation autour du désir, du pouvoir et de ce que chacun attend de l’autre. Chez Koltès, commander un café aurait probablement nécessité trois actes et une légère crise existentielle.
Avec Le Retour au désert, écrit pour Jacqueline Maillan et Michel Piccoli, il mêle affrontement familial, comédie et blessures liées à l’histoire coloniale. Sa dernière pièce, Roberto Zucco, s’inspire librement du criminel italien Roberto Succo. Koltès meurt avant de la voir sur scène ; la création mondiale a lieu en 1990 à Berlin, dans une mise en scène de Peter Stein.
Son œuvre laisse une langue immédiatement identifiable : longues répliques, affrontements verbaux, personnages étrangers les uns aux autres et fascination pour les lieux de passage, les marges et les échanges impossibles. Plusieurs décennies après sa mort, Koltès appartient pleinement au répertoire contemporain.
Ses anciens spectacles
Pourquoi on aime Bernard-Marie Koltès ?
Sa langue magnétique
Ses nuits électriques
Ses duels humains
Sa tension permanente