Bio et parcours
Nikolai Gogol est un écrivain et dramaturge majeur du XIXe siècle, né dans l’actuelle Ukraine et devenu l’une des figures fondatrices de la littérature russe moderne. Avant les fonctionnaires absurdes, les nez qui prennent leur indépendance et les propriétaires de « morts », il rêve notamment de théâtre et tente même, jeune homme, de devenir acteur. La scène ne le quittera plus vraiment.
Installé à Saint-Pétersbourg, Gogol se fait connaître au début des années 1830 avec les Veillées du hameau près de Dikanka, inspirées en partie des traditions, récits et paysages de son enfance ukrainienne. Suivent notamment Mirgorod, Tarass Boulba, La Perspective Nevski, Le Journal d’un fou, Le Nez et plus tard Le Manteau. Son terrain de jeu préféré ? Le quotidien, à condition de le pousser juste assez loin pour qu’il devienne franchement bizarre.
En 1835, Gogol commence Le Revizor, sur un sujet suggéré par Alexandre Pouchkine. La comédie est créée en 1836 au Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg, avec l’implication de Gogol dans la préparation du spectacle. L’intrigue est d’une efficacité redoutable : les notables corrompus d’une ville de province prennent un jeune homme sans importance pour un inspecteur envoyé incognito par le gouvernement. La panique fait le reste.
Le résultat dépasse largement la simple farce. Avec Le Revizor, Gogol transforme toute une petite société en machine comique : chacun ment, triche ou cherche à sauver sa peau, jusqu’à fabriquer lui-même l’imposteur qu’il redoute. La pièce choque une partie du public de l’époque et devient l’un des grands textes de la satire théâtrale russe.
Gogol écrit également Le Mariage, comédie peuplée de prétendants, d’entremetteuses et surtout d’indécis professionnels. Achevée en 1842, l’œuvre rejoint cette même obsession pour les comportements humains, les conventions sociales et le ridicule qui surgit dès qu’un personnage essaie désespérément d’avoir l’air respectable.
La même année paraît la première partie des Âmes mortes, son autre œuvre monumentale. Gogol y suit Tchitchikov, qui parcourt la Russie pour acheter sur le papier des serfs décédés mais toujours inscrits dans les registres administratifs. Derrière l’arnaque improbable se dessine une satire de la bureaucratie, de l’argent et d’une société entière.
Son influence dépasse largement son époque. Le Revizor et Le Mariage continuent d’être montés, tandis que ses récits mêlant réalisme, grotesque, fantastique et absurdité annoncent des formes littéraires qui marqueront notamment le théâtre et la littérature des générations suivantes. Bref, bien avant que « kafkaïen » existe, Gogol avait déjà compris que l’administration pouvait être un excellent décor de cauchemar.
Pourquoi on aime Nikolai Gogol ?
Son absurde génial
Sa satire féroce
Son rire grinçant
Son faux inspecteur
L'interview en 1 mot
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