Bio et parcours
Olivier Py est un auteur, metteur en scène et comédien français qui envisage volontiers le théâtre en grand : grandes fresques, grands textes, grandes durées et, si possible, quelques changements de décor au passage. Formé à l’Ensatt puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il mène parallèlement des études de théologie, une influence qui traversera durablement son écriture et sa réflexion sur la scène.
Il fonde sa propre compagnie à la fin des années 1980 et écrit très tôt les textes qu’il met lui-même en scène. Le véritable coup d’éclat arrive au Festival d’Avignon en 1995 avec La Servante, histoire sans fin : un cycle théâtral d’environ vingt-quatre heures. Quand certains hésitent à dépasser deux heures sans entracte, Olivier Py choisit donc directement la journée complète.
Son œuvre se développe avec Le Visage d’Orphée, Requiem pour Srebrenica, L’Apocalypse joyeuse, Les Vainqueurs, Illusions comiques, Les Enfants de Saturne, Orlando ou l’Impatience ou encore Ma jeunesse exaltée. Son théâtre mêle volontiers poésie, politique, foi, désir et réflexion sur le rôle même de l’artiste. Il écrit également pour le jeune public, notamment La Jeune Fille, le Diable et le Moulin et L’Eau de la vie.
Olivier Py aime aussi s’attaquer aux monuments du répertoire. En 2003, il monte la version intégrale du Soulier de satin de Paul Claudel, spectacle récompensé par le Prix Georges-Lherminier du Syndicat de la critique. Shakespeare et Eschyle occupent également une place importante dans son parcours, avec notamment Roméo et Juliette, Le Roi Lear, Hamlet et un travail au long cours autour des tragédies d’Eschyle.
Autre facette nettement moins sage : Miss Knife, personnage de chanteuse de cabaret qu’Olivier Py interprète pour la première fois au Festival d’Avignon en 1996. Talons, chansons et théâtralité XXL : cet alter ego l’accompagne ensuite sur de nombreuses scènes françaises et internationales et donne lieu à plusieurs spectacles et enregistrements.
Sa carrière se construit aussi à la tête de grandes institutions. Il dirige le Centre dramatique national d’Orléans à partir de 1997, puis l’Odéon-Théâtre de l’Europe à partir de 2007. De 2013 à 2022, il dirige le Festival d’Avignon, devenant le premier artiste à prendre la tête du Festival depuis sa création par Jean Vilar. Depuis février 2023, il est directeur du Théâtre du Châtelet à Paris.
L’opéra constitue un autre immense chapitre de son parcours. Olivier Py signe des dizaines de mises en scène en France et à l’étranger, de Tristan und Isolde aux Contes d’Hoffmann, de Aida aux Dialogues des Carmélites, en passant par The Rake’s Progress, Lulu, Les Huguenots ou Boris Godounov. En 2023, sa mise en scène de ce dernier constituait déjà sa 49e production lyrique.
Il passe également derrière la caméra et réalise notamment Le Molière imaginaire, sorti en 2024, autour des dernières heures de Molière. Au Châtelet, il poursuit son goût du grand spectacle musical avec La Cage aux folles, qu’il traduit et met en scène avec Laurent Lafitte dans le rôle d’Albin/Zaza. La production remporte en 2026 le Molière du spectacle musical. Preuve qu’entre Claudel, Shakespeare et une volée de plumes de cabaret, Olivier Py n’a toujours pas vraiment choisi son camp — et c’est probablement le principe.
Ses anciens spectacles
Olivier Py, le palmarès
Pourquoi on aime Olivier Py ?
Ses épopées scéniques
Son goût du verbe
Ses classiques réinventés
Son alter ego Miss Knife