J'avais adoré l'Eveil du printemps, la précédente création, mais j'ai trouvé la magie moins présente. Est-ce dû au fait que cette soi-disante première pièce de Brecht n'est pas assez théâtrale, trop décousue, ou n'existe tout simplement pas ? On perd un peu le fil de l'histoire dont l'acteur principal est une sorte de Dedalus ivre-mort et un peu trop bad boy conspuant les valeurs bourgeoises. Il reste cependant de ce spectacle des acteurs magnifiques dont les jeux en contrepoint campent des personnages superbement théâtralisés. Les visites dans les bas-fonds n'en sont que plus sublimes, mention par exemple au dirlo vereux de cabaret et à sa danseuse hot et désabusée, et j'en passe. Ce jeu panoptique alors que Dedalus peut ennuyer vaut vraiment le détour. Il semble, surprise, que des scènes dénudées aient choqué des spectateurs. Je m'interroge. Pour les actrices, outre le fait qu'elles étaient superbes, ces apparitions étaient théâtralement motivées (l'envers, la chair des choses, le desir, etc...). Pour Dedalus, nu avec sa copine d'un soir, pourquoi pas, vu l'état de défonce du personnage. Moins motivé peut-être, mais de là à crier aux orfraies, on est à la Cartoucherie quand même !
Brutal, cru, lyrique, scandaleux, détestable, étrangement drôle aussi, Baal a tout pour déplaire. Et pourtant, il parvient à susciter l'empathie.
Pour son retour à la Tempête, après L'Éveil du printemps, Armel Roussel s'est saisi d'un texte ultra-pulsionnel, brûlant comme son protagoniste.
Baal est sans doute la pièce la plus personnelle de Brecht. Il n'a que 20 ans, en 1919, quand il en écrit la première version, ici traduite par Éloi Recoing. Baal est un jeune poète qui, après avoir mené jusqu'à ses 30 ans une vie sans histoire, va complètement vriller. Brutal, cru, lyrique, scandaleux, détestable, étrangement drôle aussi, il boit à outrance et s'adonne à tous les excès jusqu'à en oublier tous les codes sociaux. Ses obsessions sexuelles ne connaissent aucune limite morale. D'une cruauté sans nom, il a tout pour déplaire. Et pourtant dans sa monstruosité, il parvient à susciter l'empathie.
Dans une succession de 26 tableaux, c'est toute la complexité de l'homme qui transparaît, avec sa part d'ombre et de sauvagerie. Comme une sorte d'anti-Faust, Baal révèle les autres à eux-mêmes. C'est l'humour assurément qui sera l'allié d'Armel Roussel et de sa troupe pour aborder cette pièce vorace et scandaleuse dans toutes ses dimensions festives.
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Pour tout public
à partir de 16 ans
Langue : français
Baal est sans doute la pièce la plus personnelle de Brecht. Il n'a que 20 ans, en 1919, quand il en écrit la première version, ici traduite par Éloi Recoing. Baal est un jeune poète qui, après avoir mené jusqu'à ses 30 ans une vie sans histoire, va complètement vriller. Brutal, cru, lyrique, scandaleux, détestable, étrangement drôle aussi, il boit à outrance et s'adonne à tous les excès jusqu'à en oublier tous les codes sociaux. Ses obsessions sexuelles ne connaissent aucune limite morale. D'une cruauté sans nom, il a tout pour déplaire. Et pourtant dans sa monstruosité, il parvient à susciter l'empathie.
Dans une succession de 26 tableaux, c'est toute la complexité de l'homme qui transparaît, avec sa part d'ombre et de sauvagerie. Comme une sorte d'anti-Faust, Baal révèle les autres à eux-mêmes. C'est l'humour assurément qui sera l'allié d'Armel Roussel et de sa troupe pour aborder cette pièce vorace et scandaleuse dans toutes ses dimensions festives.
La distribution du spectacle ✨
Auteur(s) :
Bertolt Brecht
Artiste(s) :
Romain Cinter, Émilie Flamant, Vincent Minne, Siegfried Moncada, Berdine Nusselder, Eva Papageorgiou, Anthony Ruotte, Lode Thiery, Uiko Watanabe
Mise en scène :
Armel Roussel
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