Spectatif

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Comique de situations: Justin prend du spectrum

-Une pièce diaboliquement bienfaisante, une mise en scène percutante et adroite, des comédiens impressionnants et drôles
9/10

Alors comme ça en 2050 nous serions tous les " fashion victim " de la médicalisation du quotidien ? Les fashionistas du médoc journalier ? Les accros sereins et rompus de la prise permanente de produits chimiques qui font rire ou calment, ou encore créent les conditions d'une parlotte aussi impromptue que dénudante ? Comment ça j'exagère !... Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Rémi De Vos. Je vous le jure, j'ai tout vu ! C'était dans sa pièce hier soir, j'y étais ! Après un mois de congés, Monique et Mélanie retrouvent leur vestiaire commun de la maison thermale. Elles chicanent comme d'habitude Justin le barmaid un peu benêt au demeurant, complètement shooté en vérité. Jusqu'à le " remonter " chimiquement et là c'est un drame que je renonce à décrire tant il est terrible et qu'une lecture entraînée ne pourrait adoucir. Mais avant que les choses n'empirent tout à fait, Monique et Mélanie discutent comme chaque matin, autour d'un castor et d'une casquette qu'elles sirotent à coeur ouvert. Elles échangent des conseils et commentent les aléas des effets de ce qu'elles ingurgitent pour être toujours plus jeunes et belles, pour faire reculer le temps des épreuves, celui du bonheur perpétuel qu'elles semblent chercher encore et en choeur. Elles nous font rire pour ne pas hurler de ce qui pourrait advenir si la pente dangereuse de la confiance en la science faisait monter l'espoir illusoire de vivre vieux à n'importe quel prix, même celui-là. Le rire est là. Il fuse follement. Il n'est ni gras ni jaune ni facile, il est salvateur comme une sorte de défouloir bienvenu. La pièce de Rémi De Vos est écrite en 2005 puis enrichie en 2017. Le langage habille les personnages de répliques caustiques et vivaces tellement proches que nous pourrions nous y confondre. Le propos provoque la pensée qui se cache derrière les rires nombreux, trouvant la drôlerie dans les situations et le texte qui abattent les fantasmes, les coupent menu et les présentent comme une réalité dont on ne veut surtout pas rêver. La mise en scène et la scénographie d'Olivier Oudiou nous confrontent à une exposition glaciale et féroce de la pièce et ne prend pas de gants de velours pour nous raconter cette histoire. Ça grince, ça crisse et c'est heureusement hilarant du début à la fin. Le brio des comédien-n-e-s nous cueillent dès la première scène et ne nous lâche pas. Ah ils savent y faire les bougres ! C'est terrible de devoir rire autant pour s'échapper aux fantasques et cruelles conditions de vie de ces personnages qui deviennent au fur et à mesure attachants. Bruno Boulzaguet, Yveline Hamon et Maryse Poulhe s'y prennent à merveille pour nous faire vivre ces moments où le fantastique se mêle à l'horreur ridicule d'une réalité imaginaire mais construite d'un peu de nous-même et de présent. Une pièce diaboliquement bienfaisante, une mise en scène percutante et adroite, des comédiens impressionnants et drôles pour un spectacle surprenant et réussi. À voir sans hésiter.
# écrit Dimanche


Théâtre contemporain: Premier amour

-Un Beckett incontournable. Un spectacle que je recommande vivement.
10/10

Ah ça, attention ! Nous avons là un Beckett des grands jours, dans toute sa splendeur caustique et cynique, sa drôlerie grinçante et dévastatrice, sa provocation intrépide et fascinante. Un texte de Beckett prenant et surprenant, un spectacle brillant et une interprétation haute en couleurs de Christophe Collin. Cette nouvelle de Samuel Beckett écrite en 1946 et publiée 1970 regorge d'une théâtralité minutieuse et clinquante. Même si l'auteur ne souhaitait pas que ses textes qui n'étaient pas des pièces soient joués, PREMIER AMOUR trouve ici toute sa place sur un plateau et ne dépareille pas l'oeuvre scénique de l'auteur. Un monologue théâtral comme un voyage dans un pays d'ailleurs et d'ici, dans lequel le quotidien se gausse de l'aventure et le narrateur tire la langue aux grands mots et aux grandes idées sur l'amour et ses conventions. Là aussi où les ravages de l'étincelle amoureuse laisse des traces comme des larmes de tendresse poétique dont un Pierrot lunaire et burlesque ne peut se défaire même s'il n'en a que faire. Drôle d'un humour fou et noir, terrible de dérision précise et extravagante, L'homme joue de sa voix et de son corps pour nous conter son histoire, ses souvenirs égocentrés qu'ils colorent de désarroi dérisoire et son premier amour qu'il vit comme une bizarrerie venant contrarier la tranquillité de sa solitude. Aux allures d'une pantomime fine et captivante, il dit à haute voix tout ce qu'il pense de ce qui ressurgit de sa mémoire. " Je sentais l'âme qui s'ennuie vite et n'achève jamais rien, qui est de toutes peut-être la moins emmerdante " ou bien " Ce qu'on appelle L'amour c'est l'exil avec de temps en temps une carte postale du pays ". Le texte semble placé sous surveillance et laissé à l'appréciation du narrateur qui ne se prive pas de placer des temps suspendus ou de couper une tirade quand il en a assez. " ...cette phrase a assez duré ". Ou encore " Je ne vois pas de lien entre ces observations. Mais qu'il y en ait un, et même plusieurs, ne fait pas de doute pour moi ". La mise en scène de Jacques Fontaine fait bouillonner ce voyage dantesque de l'homme dans son passé avec une mécanique de précision et une habileté de farce qui conviennent à merveille. Ce magnifique personnage au langage quasi onirique et décalé est incarné avec brio par Christophe Collin. Un comédien impressionnant et tellement juste qu'il semble se confondre tout à fait avec cet être libre de vivre et d'aimer. Du bel ouvrage. Un Beckett incontournable. Un spectacle que je recommande vivement.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre classique: Le Dindon

- Un spectacle drôle et pêchu pour un bon moment de théâtre.
8/10

Que c'est bon de retrouver ce théâtre de plaisir qui joue avec l'erreur et le quiproquo, le hasard et la vengeance, dans des vagues houleuses de bouffonnerie et de loufoque ! Tout ça pour rire et non pas démontrer, sans morale ni vergogne. Certes, la veulerie et la suffisance du bourgeois riche et goujat, du rentier repu, de la mondaine vénale, du provincial perdu et des relations employeurs-domestiques en prennent pour leurs grades. Et c'est tant mieux ! Le mariage une institution ? Sans doute mais dans cette pièce de Georges Feydeau, crée en 1896, comme à son habitude c'est aussi (et avant tout ?) un joli terrain de jeu !... " Vous savez ce que c'est ! ... un beau jour, on se rencontre chez le Maire... On ne sait comment, par la force des choses... Il vous fait des questions... On répond " oui " comme ça, parce qu'il y a du monde, puis quand tout Le monde est parti, on s'aperçoit qu'on est marié. C'est pour la vie. " Pontagnac dans Le Dindon, Acte I, scène 2 Épouses outragées ou foldingues, ex ou futures maîtresses, maris jaloux ou volages, anciens amants ou nouveaux soupirants, nouvelles tentations... Autant de projets aux desseins contrariés et de destins promis au ridicule et à la farce, pas seulement mais un peu quand même, celle du dindon farcie à la sauce dinde. " Pourquoi donc être fidèle quand l'autre ne l'est pas ? Si tu me trompes, je te trompe ! "... Du point de vue au principe, il n'y a qu'un pas que Feydeau franchit comme toujours allégrement, faisant fi des éclaboussures s'il vient à sauter dans les flaques ou s'il jette un pavé dans la marre. Le mariage, l'adultère, le commissaire de police, les domestiques rieurs et les aveux avoués ou étouffés des amoureux transis ou trahis, composent les ingrédients de ce gâteau vaudevillesque à la saveur délicieuse. Un abattage fourbe de folie délurée, franche et hilarante. Le tout-est-possible règne chez Feydeau. LE DINDON ne déroge pas à la règle des surprenantes surprises qui surprennent et qui s'emparent de la pièce, de ses traits et de ses situations, laissant pantois les personnages plus souvent qu'à leurs tours et nous faisant rire pour rire. L'adaptation de Philippe Person sert fidèlement l'esprit du texte en opérant des réductions et des actualisations discrètes et bienvenues, sans trahir ni l'esthétique de l'ensemble ni le langage du grand maître. Adresse respectueuse et respectable. La mise en scène de Florence le Corre et Philippe Person joue délibérément dans le burlesque, cherchant le tourbillon du rythme qu'elle restitue par des postures et des effets percutants et gaguesques. Les jeunes comédien-es en sortie de promo nous offrent un Feydeau réussi. La jeune troupe à la fraîcheur enthousiaste montre une superbe joie de jouer, une fougue de tous les diables et révèle de nombreux talents prometteurs. Un spectacle drôle et pêchu pour un bon moment de théâtre.
# écrit Il y a 1 semaine


Seul(e) en Scène: Jeanne et Marguerite

-Un beau et émouvant spectacle
9/10

L'Histoire se répète, dit-on... mais les histoires d'amour, aussi ? Marguerite à Nice il y a 100 ans et Jeanne à Paris aujourd'hui nous racontent comme si nous étions près d'elles, dans un salon ou dans un bar, les amours qui ont scellé leurs vies. Jeanne et Marguerite inscrivent leurs parcours dans une semblable volonté de trouver leurs parts de bonheur, malgré les douleurs et les frustrations. Elles cherchent et reçoivent les plaisirs intenses et voluptueux de l'amour même s'il leur faut payer chèrement le droit d'y goûter. Car c'est au prix de l'attente de l'autre et de soumission à l'absence, qu'elles vont vivre leurs relations amoureuses. Traversées par les guerres d'hier et d'aujourd'hui, tamisées au filtre des séparations, les rencontres peu nombreuses de Marguerite et Eugène comme celles de Jeanne et James (mais s'appelle-t-il vraiment James ?) ont creusé les sillons de la patience et du doute. Attentes farouches et vaines, aux destins identiquement douloureux. Jeanne et Marguerite, meurtries à jamais, nous disent la même horreur devant la chute vertigineuse de l'espérance et le nécessaire renoncement de l'autre. L'une comme l'autre vont-elles surpasser la perte ? L'une comme l'autre trouveront-elles dans l'écriture le moyen de transcender le manque ? Les cartes postales et les belles lettres échangées entre Marguerite et Eugène sont remplacées par des cahiers. Les conversations téléphoniques et les mails de Jeanne et James deviennent des pages de livre. Une fin sans fin pour ces belles histoires d'amour. La pièce de Valérie Péronnet est tirée de son roman éponyme, inspiré d'histoires vraies, écrit en 2011. Le texte émouvant nous prend aussitôt. Femmes singulières par le cheminement qu'elles empruntent et l'ardeur passionnelle qu'elles démontrent, Jeanne et Marguerite nous touchent. L'écriture est chaleureuse et sympathique, souvent drôle. La mise en scène de Christophe Luthringer, très habilement composée, sert la narration des récits en jouant avec les accessoires et les lumières. L'effet est réussi. Françoise Cadol joue Jeanne et Marguerite avec aisance et fluidité. Toute en finesse et espièglerie, en empathie totale avec ses personnages, cette brillante comédienne nous captive. Les émotions à fleur de larmes et les sensations joyeuses et tristes nous accompagnent au rythme de ses monologues intimes et puissants. Un beau et émouvant spectacle.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre contemporain: Contagion

-Un texte captivant, une mise en scène réussie et des comédiens brillants.
9/10

À nouveau, François Bégaudeau signe une pièce de théâtre qui comme ses autres écrits, s'invite dans la clairière de nos consciences. Dans cette multitude d'informations aux allures de poncifs qui nous encerclent et nous sollicitent en permanence. Il joue au passeur et tente de nous conduire à réfléchir avec ses personnages, à la critique des courants de pensée sur la jeunesse et ses prétendus méfaits, sur l'information et son omniprésence, qui cherchent à nous atteindre et nous soumettre, faisant le lit de nos peurs en ces temps de guerre terroriste. Nous ne pouvons que nous sentir concernés par ce spectacle caustique et percutant qui nous interpelle sur des sujets de société, majeurs et piquants, comme la contagion des craintes qu'ils inspirent et les amalgames grossiers qu'ils véhiculent. L'écriture de François Bégaudeau emprunte ses codes au langage actuel et nous semble proche, aux idées brutes et à l'humour médiateur. La pièce relève du théâtre d'interrogation sociale à visée pédagogique, à l'instar de Jerzy Grotowski ou d'Augusto Boal. CONTAGION contribue à faire le compte des impostures politiques et des tentatives de nivellement contrôlé des médias de masse. Comme un cri de guerre contre une guerre qu'il ne veut pas, Bégaudeau y tient haut le flambeau pour dénoncer sans renoncer, pour que les propos obscurs ne se répandent pas sans faillir d'être montrés et étouffés. La mise en scène de Valérie Grail favorise l'accès au texte en composant une expression artistique fluide, simple et efficace, dénuée d'effets inutiles. Ce qui laisse toute la place qui convient au jeu des comédiens. Raphaël Almosni joue un Stéphane troublé et troublant. Il veut nous convaincre de la sincérité et de la force de son personnage qui doute et se rebelle. Il y parvient avec brio. Come Thieulin étonne et détonne. Il joue avec une redoutable ingéniosité et une belle adresse ses trois personnages. Du jeune Maxime à FX et Alexandre, il est crédible de bout en bout. Un texte captivant, une mise en scène réussie et des comédiens brillants. Un spectacle à ne pas manquer.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre contemporain: Alba

-Un superbe spectacle.
9/10

Adapté de la pièce " La Maison de Bernarda Alba " de Federico Garcia Lorca, ALBA est un bijou de théâtre visuel où le corps est parole et la tragédie devient poésie. Bernarda Alba décrète, selon la coutume religieuse andalouse, un deuil de 8 ans suite à la mort de son mari. Leurs filles et la servante doivent s'y soumettre. Mais l'amour vient contrarier le dictat et bouscule aussi bien le mariage de la fille ainée, prévu par la mère. La mort fauche à nouveau et met fin à l'histoire. Comme un tableau vivant en mouvement permanent, les scènes s'enchainent et se fondent dans une ambiance tendue ou relâchée à la cadence des péripéties de l'histoire, de ses moments de joie et souvent de tristesse, conduisant inexorablement au malheur. Mime corporel et danse dramatique sont les deux flambeaux qui illuminent cette adaptation tonique et crue, sensuelle et voluptueuse, qui reprend tous les thèmes de la pièce et les fait vivre par les corps en mouvement, soyeusement drapés de noir ou de blanc. Les artistes racontent sans parler, accompagné-e-s parfois par quelques disques anciens crachotant des musiques coutumières espagnoles et par un chant d'une brillante flamenca. Souvent, tout se noue et se dénoue en silences trahis par le froissement des déplacements et des percussions corporelles. Elles et il jouent les émotions en les vivant de leurs gestes avec une intensité farouche et une précision fine et élégante, qui savent devenir cruelles et passionnées. La mise en scène d'Yves Marc et d'Estelle Bordaçarre privilégie la pureté et la force des sensations de chacun des personnages. Les comédien-ne-s, en corps et en choeur, jouent avec une puissance troublante leurs chants d'amour et de désespoir. Les scènes d'ensemble comme celles à personnage unique sont toutes impressionnantes. Du bel art nous est offert par Mélanie Devoldère (magnifique servante) et Yves Marc (remarquable Bernarda Alba) et par Silvia Cimino, Elsa Marquet-Lienhart, Véronique Muscianisi et Elsa Taranis (époustouflantes de vérité en filles impétueuses, complices et rebelles). L'émotion parle mieux que des mots par ces corps dont on ne sait jamais s'ils dansent ou s'ils miment, s'ils flottent ou s'ils glissent. La puissance artistique passe la rampe, nous sommes profondément touchés par ce drame familial traditionnel si bien conté. Un superbe spectacle.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre contemporain: Cendrillon

- Un incontournable spectacle pour un inoubliable bonheur de théâtre.
9/10

Impressionnant spectacle ! Splendide par sa facture et ses tournures, sensationnel par ses éclats et ses décalages, ce conte sans morale revêt une beauté magique, troublant du début à la fin et même après. Drôle de ses piquants doux et émouvant de ses sensations multiples touchant la personne et l'intime. Nous savions que Joël Pommerat avait réécrit ce conte populaire avec une plume de féetaud mais voir ainsi le grandiose inimaginable qu'il en a fait, avec la réalisation toute en finesse qu'il a signée aussi, se révèle une expérience théâtrale rare et éblouissante. Tout le temps de la représentation, nous vivons dans un ailleurs particulier où seules les belles histoires savent nous transporter. Nous en prenons plein les yeux, plein le coeur et plein l'enfance. Les mots, les images, les sons et les faits suggérés par ces séquences qui hachent le spectacle sans le détruire, comme autant de flashs oniriques ou de rêves courts, font mouche à chaque fois dans notre imaginaire et dans nos souvenirs. Il n'était pas une fois mais mille fois. Combien de mots, d'images ou de sons viennent titiller notre imagination et notre inconscient comme des caresses enveloppantes et des flèches subliminales ? Nous ne pouvons pas le savoir mais le compte est bon et la fascination est grande. L'inventivité et le point de vue de Joël Pommerat renversent les habitus et les stéréotypes véhiculés d'ordinaire par les contes de fées dont la transmission orale permet toutes les transpositions ou les actualisations des conteurs. À la mort de sa mère morte, l'enfant Sandra entame un deuil iconoclaste et surprenant grâce auquel elle traverse les étapes progressives de son grandissement, de sa conquête de la vie malgré la mort. Sandra chemine entre les arbres qui ne cachent pas la forêt. Pommerat nous montre en effet que ce qui est dit ou compris peut ne pas être véritablement. Il y a dans le pouvoir des mots, de leurs erreurs et de leurs non-dits comme un jeu dans la mécanique du possible, un glissement de terrain dans les certitudes acquises, ancrées en nous par la tradition et la transmission. Sandra avance farouchement dans sa vie comme nous dans son histoire. Sans savoir ce que nous allons découvrir entre vérité et vraisemblance, erreur et mensonge, caprice et désir, besoin et nécessité ou envie et fantasme. Le travail de deuil parait articulé chez Sandra-Cendrier-Cendrillon avec le travail des mots sur les maux, lui permettant de trouver son identité avec son émancipation. Les symboles du conte traditionnel de Cendrillon, bousculés avec une nouveauté déconcertante et une caustique complicité, sont souvent retournés ou détournés. La fratrie non fraternelle mais soumise. La mort prématurée de la mère comme la marâtre hystérique mais fragile, avec ce père ni puissant ni protecteur, ne favorisent pas l'" oedipe " conventionnel. Un père pleutre qu'il faut prendre en charge. La sexualité qui s'acquiert avec la féminité, sans lien avec la symbolique de la pantoufle car ici, c'est Sandra qui demande au prince sa chaussure noire vernie ! La mise en scène de Pommerat, audacieuse et brillante, colore chaque instant de magie et de merveilleux. Le travail d'orfèvre effectué joue de la scénographie, des lumières, des musiques et des vidéos sans lourdeur, tout en légèreté. Il fait de ce temps-là un temps suspendu et unique. La direction d'acteurs permet un joli et remarquable travail des comédiens. Chacune et chacun incarnent leurs personnages avec ardeur et simplicité, leur donnant une truculence plaisante et efficace. Du très beau travail. Un incontournable spectacle pour un inoubliable bonheur de théâtre.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre musical: Cabaret Liberté !

-Un cabaret théâtral et musical sur la " Liberté " pour rire, rêver et penser ensemble
9/10

C'est une bande de saltimbanques pétillants et combattifs, trublions de l'ordre établi de la bienpensance que nous découvrons dans ce succulent cabaret théâtral et musical, intelligent et drôle, beau et chaleureux, insolent et poétique. Les textes, les chansons ou les citations des plus belles et audacieuses plumes de grands auteurs classiques, modernes et contemporains sont là pour célébrer l'utopie salvatrice et la pensée inféodée, par la force et la poésie des mots et des chants. L'intelligence relève la tête, l'imagination règne, l'absurde est avec nous. Le récital se fait complice, s'arrogeant le droit de dire haut et fort que vivre heureux, ensemble ou pas, c'est vivre libre !... Sourires en coin, la tête à nos pensées, nous ne pouvons que nous laisser porter par les vagues d'espoir, les ritournelles vengeresses et les scènes moqueuses réglant le compte des puissants, des pouvoirs et des interdits. Quel plaisir de saisir cette occasion de faire la nique à ces voix avouées ou inavouables de la répression et de la soumission. Leur dire non, leur opposer notre refus de plier sous le joug ridicule du pouvoir et de ses excès en leur montrant que nous ne sommes pas dupes et que nous le disons, le chantons et le dansons aussi. Construit avec des chansons, des monologues, des sketchs et des scènes extraites de pièces de théâtre, ce CABARET LIBERTÉ nous permet de retrouver ou de découvrir des perles, des flèches et des ruses défendant tous les aspects de la notion puissante et fragile de " Liberté ", de Courteline à Higelin, de Devos à Breton, de Brel à Visniec, de Voltaire à Brassens, de Vian à Despentes, entre autres. Très adroitement mis en scène par Charlotte Rondelez qui signe par ailleurs des textes additionnels et nous tourneboule le ciboulot par des tours de magie comme pour rire de tout ça avant tout, à la manière des enfants qui se tiennent la main et sautent dans les flaques d'eau ensemble, en s'esclaffant autant qu'ils ne s'éclaboussent. Au chant ou à la comédie, dans la boite (ah ça, il faut voir le spectacle pour savoir !) ou aux claviers, cinq artistes comme les cinq doigts de la main !... Céline Espérin, Sylvain Katan, Charlotte Rondelez, Piere Val et le magnifique pianiste Vadim Sher, nous enchantent et nous captivent. Admirablement chanté, parfois en polyphonie, superbement joué avec intensité et chaleur, voici un spectacle riche et lumineux, agréable et bienfaisant, démontrant à nouveau la nécessité de cette expression artistique insoumise et rebelle qui, ici ou ailleurs, permet de garder nos consciences éveillées, de maintenir une veille citoyenne par les armes de la poésie, du rire et du partage. Un cabaret théâtral et musical sur la " Liberté " pour rire, rêver et penser ensemble. Un fichu bon moment !
# écrit Il y a 3 semaines


Festival: Mises en Capsules

-D'évidence, un festival à ne pas manquer !
9/10

Oyez ! Oyez ! Le 11ème festival des MISES EN CAPSULES a démarré lundi et brillera jusqu'au samedi 17 juin ! Qu'on se le dise !... Oui car il n'y a aucun doute, il ne faut pas rater cet " Avignon " avant l'heure, cette bouffée de joie et de chants d'amour au théâtre où en une demi-heure, nous sommes pris et surpris pas chacune de ces pièces courtes, cinq pièces par soirée. Ce mercredi, au programme, il y avait : LÀ - JEANNE D'ARC, LE PROCÈS BRULANT - STRIPTEASE 419 - SALOPERIE - AUJOURD'HUI LA PLUIE. LÀ : Que faut-il faire pour prouver qu'on est noir ? Un huis clos avec deux personnages. Un voyage en absurdie où rien n'est évident et tout est commentable. Là où il faut démontrer être noir ou être une femme pour être cru-e et encore, rien n'est acquis !... Drôle et très bien joué, un fichu bon spectacle. De Tania de Montaigne. Mise en scène de Léa Moussy. Avec Fabrice Moussy et Xavier Thiam. JEANNE D'ARC, LE PROCÈS BRULANT : Une pochade burlesque jonglant avec le non-sens et les clins d'oeil à Kaamelot et Monty Python. La salle a beaucoup ri, autant sans doute que les comédiens s'amusaient. De Benoît Celotto et Pauline Marteau. Mise en scène de Johanna Boye. Avec Sophie de Fürst, Arnaud Denissel, Laurent Paolini et Clément Séjourné. STRIPTEASE 419 : Adaptation de l'émission télévisuelle culte par la troupe elle-même. Un ensemble potache pour cet hommage aux gens d'ici ou bien d'ailleurs, leurs doutes et leurs troubles. Les jeunes comédiens se donnent avec ardeur et sincérité. Création collective et interprétation (à partir de l'émission TV Striptease) par Ambre Febvre, Thomas Larbey, Paul Lourdeaux et Salomé Scotto. SALOPERIE : Petit bijou de la soirée. Texte émouvant. Mise en scène soignée et prenante. Une histoire d'amour et de haine entre une mère et sa fille sur fond de rapatriement des français d'Algérie. Déchirements et rancoeurs. Douleurs et espoirs. Très bien joué et chanté (le choeur représentant la fille est délicieux), entre rêve et cauchemar, ce spectacle est remarquable. De Karina Beuthe et Azize Kabouche, inspiré et adapté de " Les Mots pour le Dire " de Marie Cardinal. Mise en scène de Azize Kabouche assisté de Mathilde Martinage. Scénographie de Philippe Jasko. Avec : Karina Beuthe, Azize Kabouche, Emma Kabouche, Lucie Mantez, Louise Marco, Margaux Gorce, Laure le Rouzic et Pauline Moulin-Klimoff. AUJOURD'HUI LA PLUIE : Passé et présent entremêlés pour cette histoire sympathique et attirante. Écrite et mise en scène dans le style d'Alexis Michalik (rien moins, belle référence !) avec les comédiens jouant plusieurs personnages et les changements à vue, leurs parcours narrés et joués, mélangés d'onirisme et de fiction, parsemées de références scientifiques ou historiques. Texte et mise en scène de Roman Sitruk. Avec : Dominique Guillo, Christopher Bayemi, Aude Roman, Fiona Levy et Théo Askolovitch. Tout le long de la soirée, nous passons par de nombreuses couleurs de la palette théâtrale. De pantalonnades en histoires sombres, de narrations en histoires jouées, nous nous frottons et nous piquons volontiers de burlesque ou de tristesse, de rêve ou de remords, d'absurde ou de réalisme, autant de moments drôles ou tristes, c'est selon, mais toujours impressionnants. Le public parait enchanté de ce voyage merveilleux au pays du jeune théâtre. L'enthousiasme est de mise chez les artistes, impatients de partager leur travail, leur fougue et leur passion. Le plaisir des spectateurs est au rendez-vous. D'évidence, un festival à ne pas manquer !
# écrit Il y a 3 semaines


Comédie: Monsieur Nounou !

-Les fans de Tex sont servis
6/10

Un spectacle drôle et délibérément actualisé pour le " fun " ou le " up to date ", comme un show aux allures de " one man ou de one woman show " à cinq dont Tex pour qui l'ensemble parait construit. Cela fonctionne plutôt bien. Le public est venu pour cela sans doute. Les apartés deviennent souvent des vannes face au public plus que des traits glissés dans le texte comme autant de pensées à haute-voix fréquemment utilisées dans l'écriture théâtrale boulevardière. La pièce " Monsieur Nounou ", pochade en un acte de Georges Feydeau, est adaptée par Emmanuelle Hamet. Elle compte parmi les pièces de théâtre inédites du grand maître. Le texte fait son lot des rapports entre domestiques et employeurs, les exposant au ridicule et aux rebondissements. La mise en scène de Luq Hamett privilégie les effets complices et nous rapproche d'un spectacle potache et fantoche. Les comédiens Jacques BOUANICH, Lionel LAGET, Belen LORENZO, Éric MASSOT et TEX font tout pour nous divertir dans ce spectacle amusant et sympathique. Les fans de Tex sont servis (avec en bonus, une histoire drôle aux saluts).
# écrit le 28 Mai



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