Bio et parcours
Albert Camus est l’une des grandes figures de la littérature française du XXe siècle, mais le théâtre occupe dans son parcours une place beaucoup plus centrale qu’on ne le résume parfois. Né en Algérie, il se passionne très tôt pour la scène et participe dans les années 1930 à la troupe L’Équipe, dont la création collective Révolte dans les Asturies est interdite pour des raisons politiques. Le goût du collectif, des acteurs et du plateau ne le quittera plus.
Après son installation en France, Camus mène de front littérature, journalisme et théâtre. Engagé dans la Résistance, puis rédacteur à Combat, il publie en parallèle L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe, deux textes associés à sa réflexion sur l’absurde. Mais cette réflexion prend aussi directement corps sur scène avec Le Malentendu et Caligula.
Le Malentendu est joué au Théâtre des Mathurins en 1944, notamment avec Maria Casarès et Marcel Herrand. Caligula, écrit à partir de 1938 puis profondément remanié, est créé au Théâtre Hébertot le 26 septembre 1945, dans une mise en scène de Paul Oettly, avec Gérard Philipe dans le rôle-titre et Michel Bouquet en Scipion. Un empereur qui veut pousser sa liberté jusqu’à l’impossible : Camus n’avait visiblement pas choisi le sujet le plus reposant pour commencer.
En 1948, il écrit L’État de siège, spectacle mis en scène par Jean-Louis Barrault au Théâtre Marigny, avec une musique d’Arthur Honegger et une distribution réunissant notamment Maria Casarès, Pierre Brasseur et Madeleine Renaud. L’année suivante vient Les Justes, créé au Théâtre Hébertot avec Maria Casarès, Serge Reggiani et Michel Bouquet. La pièce confronte directement engagement politique, violence et limites morales de l’action révolutionnaire.
Camus est également adaptateur : il travaille notamment à partir de Calderón, Lope de Vega, Dino Buzzati et William Faulkner. Son activité théâtrale ne se limite donc jamais à écrire des pièces : il adapte, dirige et pense constamment le rapport entre texte, acteurs et représentation.
En 1957, il reçoit le prix Nobel de littérature. Il meurt prématurément dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Son œuvre continue depuis d’alimenter les scènes : Caligula, Les Justes, Le Malentendu et L’État de siège, mais aussi des adaptations de L’Étranger, La Peste, La Chute ou Le Premier Homme font régulièrement l’objet de nouvelles créations théâtrales.
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