Bio et parcours
Thomas Jolly est un metteur en scène et comédien français qui aime manifestement les projets simples : Shakespeare pendant dix-huit heures, des opéras, Starmania et, histoire de souffler un peu, les cérémonies des Jeux de Paris 2024. Derrière ce goût du spectaculaire se trouve surtout un artiste issu du théâtre public, attaché aux grands récits, aux formes populaires et aux spectacles capables de parler aussi bien aux habitués des salles qu’aux nouveaux publics.
Il se forme d’abord à Caen, où il suit une licence d’études théâtrales et la formation professionnelle de l’ACTEA, puis intègre en 2003 l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Bretagne, alors dirigée par Stanislas Nordey. À sa sortie, il fonde en Normandie La Piccola Familia, compagnie avec laquelle il développe l’essentiel de ses premières créations.
Après Arlequin poli par l’amour de Marivaux, Toâ de Sacha Guitry ou Piscine (pas d’eau) de Mark Ravenhill, Thomas Jolly se lance dans un chantier autrement plus raisonnable : Henry VI de William Shakespeare. De 2010 à 2014, il transforme la trilogie en un spectacle-fleuve d’environ dix-huit heures, présenté dans son intégralité au Festival d’Avignon en 2014. La création lui vaut notamment le Molière 2015 du metteur en scène d’un spectacle de théâtre public.
L’aventure shakespearienne se prolonge avec Richard III, qu’il met en scène et interprète lui-même. Son théâtre assume alors pleinement sa signature : lumières très travaillées, musique, effets visuels, énergie presque rock et goût pour les grandes fresques historiques. En 2018, il ouvre le Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur du Palais des Papes avec Thyeste de Sénèque.
Thomas Jolly travaille également pour l’opéra. Il met en scène Eliogabalo de Cavalli à l’Opéra de Paris en 2016, Fantasio d’Offenbach à l’Opéra-Comique en 2017, puis Macbeth Underworld de Pascal Dusapin à Bruxelles. En 2023, il revient à l’Opéra de Paris avec Roméo et Juliette de Gounod.
En parallèle, il s’attaque à un autre monument, mais avec davantage de synthés : Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon. La nouvelle production, créée en 2022 à la Seine Musicale, cherche à retrouver la force narrative du livret tout en donnant une nouvelle identité visuelle à l’opéra-rock. Le spectacle remporte notamment le Molière du spectacle musical en 2023.
Son goût du spectacle à grande échelle prend une dimension assez littérale lorsqu’il devient directeur artistique des quatre cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. La cérémonie d’ouverture olympique du 26 juillet transforme notamment la Seine et le centre de Paris en scène grandeur nature, avec les athlètes intégrés au spectacle.
Après avoir dirigé Le Quai, Centre dramatique national d’Angers, de 2020 à 2022, Thomas Jolly est nommé en juillet 2026, aux côtés de Laëtitia Guédon, à la future direction du Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Leur prise de fonction est prévue en janvier 2027 autour du projet Monde Ouvert. Retour au théâtre public donc, mais connaissant le bonhomme, probablement pas avec trois chaises et une ampoule.
Thomas Jolly, le palmarès
Pourquoi on aime Thomas Jolly ?
Ses spectacles XXL
Ses mises en scène électriques
Ses univers visuels
Sa réinterprétation des classiques