Ses critiques
| 22 pages de résultats triés par | | -Interrogatoires 8/10 Bien que le roman d'origine fût lui-même con situé de dialogues, Marguerite Duras a tenu à le récrire quand il s'est agi de le faire porter sur scène. On trouve dans sa pièce une écriture précise, proche des méandres de la pensée des personnages, sans une once de gras. Courez vite la découvrir, il ne reste plus qu'une seule date ! # écrit le 12/05/24 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Superbe écriture théâtrale 10/10 Je ne connaissais pas debbie tucker green. Je ne regrette pas d'être allé découvrir sa pièce. Cette auteure anglaise est au moins l'égale des plus grands noms de l'actuelle école anglaise de théâtre. Si vous aimez le sens du suspense de Lucy Kirkwood, l'art du sous-texte de Martin Crimp, la capacité de créer des situations extrêmes de Dennis Kelly, courez découvrir corde.raide, un bijou d'écriture théâtrale. Et, pour préserver le suspense, lisez le moins de choses possible au sujet de cette pièce. # écrit le 05/05/24
| -Quelle était l'intention ? 6/10 Cette pièce est née d'une commande de Nicole Garcia à Marie Ndiaye. Comme Nicole Garcia, Gabrielle Royan, le personnage qu'elle incarne, est née à Oran puis a traversé la Méditerranée. Elle est par ailleurs mise en scène par un très proche, son fils Frédéric Bélier-Garcia. Il est donc très probable que ce personnage de professeure qu'on voit sur scène corresponde exactement à ce qu'eux trois ont ensemble voulu produire et je ne chercherai pas, dans mon avis, à distinguer ce qui relève respectivement de l'écriture, du jeu et de la mise en scène. J'ai lu plusieurs critiques qualifiant ce spectacle d'incandescent ou de brûlant et je ne les comprends pas. J'ai trouvé ce personnage très froid, ne suscitant aucune empathie ni même antipathie, juste quelqu'un dont la fragilité psychique semble antérieure au drame, même si celui-ci, le suicide d'une élève harcelée par ses pairs, l'a bien sûr amplifiée. Je me demande donc quels étaient le message et les intentions de l'auteur et de son interprète. S'agissait-il montrer les hésitations entre déni et culpabilité ? Ou bien de souligner l'absolue nécessité de venir en aide aux victimes de harcèlement ? Peut-être. Toujours est-il que cette pièce m'a semblé être d'abord conçue pour offrir un grand rôle à Nicole Garcia mais que, faute d'une intention vraiment bien définie et compte-tenu de la froideur du personnage, on reste un peu sur sa faim. # écrit le 28/04/24
| Théâtre contemporain: Le mandat -Farce politique et tragicomique 9/10 Curieuse pièce que " Le Mandat ", dont le titre vient non d'un personnage mais d'un précieux document et dont la force tragicomique vient d'une mécanique d'horlogerie digne des meilleurs vaudevilles (sans en avoir ni le thème ni les travers) et de situations farcesques que le metteur en scène Patrick Pineau a restituées avec une légèreté réjouissante, sans pour autant les affaiblir. Voilà pour la forme. Quant au fond, l'arrière-plan est bien sûr éminemment politique,en Russie, quelques années après la chute du tsar ; l'aristocratie et la grande bourgeoisie de l'ancien régime y sont brocardées. La critique du nouveau pouvoir soviétique, elle, apparaît en creux. Pour résumer, on peut dire que n'est pas présomptueuse la formule de Magali Rigaill, la dramaturge qui a travaillé avec Pineau, qui affirme qu'il s'agit là de " l'intelligence qui s'amuse ". # écrit le 20/04/24 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Péripéties quotidiennes absurdes et désespérées 8/10 Hanokh Levin n'a pas son pareil pour brosser un portrait désespéré du quotidien par une succession rapide de scènes courtes et percutantes. Kroum l'ectoplasme l'illustre bien. Les prestations des comédiens sont inégales mais aucun n'est mauvais et certains sont excellents. J'ai notamment été touché par le personnage de Tougati l'affligé et ai également apprécié ceux de Doupa la Godiche ou Dulcé et Félicia les parasites. # écrit le 02/04/24
| -Superbe Colette 8/10 Certes le cadre du Théâtre Montmartre Galabru est modeste, certes la facture du spectacle n'a rien de l'avant-garde, certes le décor modulable n'était pas indispensable mais, pour autant, cette pièce de théâtre musical est très bien écrite et magnifiquement interprétée. On trouve grand plaisir à découvrir ou retrouver les tribulations artistiques et amoureuses de Colette et ce moment de théâtre musical est plein de charme. # écrit le 31/03/24
| -Ambitieux mais inégal 7/10 Démarche ambitieuse que de recourir à la mythologie antique pour nous parler de la crise de la dette grecque de 2015. On navigue entre trois époques : - l'Antiquité mythique - les années qui entourent la crise de la dette - aujourd'hui, où se retrouvent des Européens protagonistes de la crise neuf ans après. Ce passage d'une époque à l'autre s'effectue sans confusion. Pour autant, l'intérêt de la démarche n'est pas toujours rendu évident, notamment parce que le traitement des différentes époques est inégal : 1) l'Antiquité mythique est servie par la marionnette de "l'oiseau de Prométhée", remarquablement manipulée, mais desservie par des références bien complexes; les marionnettes des Parques sont également de qualité, celles de Zeus et de Prométhée moins convaincantes; 2) la période de la crise est la mieux rendue, avec une critique acerbe de la troïka et de ses représentants politiques; 3) la période actuelle souffre d'une écriture manquant de rigueur et de clarté. Ajoutons à cela que le spectacle part un peu dans tous les sens, avec du public sur scène et un funambule qui intervient sans qu'on comprenne pourquoi. En quelques mots, je résumerais en écrivant que ce spectacle mérite d'être vu, qu'on ne s'y ennuie pas et qu'on y vit de bons moments mais qu'il n'a pas la qualité à laquelle nous avait habitués la compagnie "Les Anges au Plafond". # écrit le 22/03/24
| -Molière indémodable et éternel 8/10 Au premier abord, on est un peu surpris par les premières chansons aux tonalités rap. Et puis, comme toujours, dès lors qu'on le respecte - ce qui est ici le cas - Molière nous donne toute la force de son théâtre. Comme Molière avant lui, Tigran Mekhitarian met en scène la pièce et joue le rôle d'Argan. On sent qu'il a finalement beaucoup de tendresse pour ce personnage qu'il incarne et pour celui d'Angélique, la fille d'Argan. J'avais apprécié T. Mekhitarian comme acteur dans "La vie devant soi" et dans "La Tendresse". Cette fois, je l'ai aussi apprécié comme acteur. Bravo ! # écrit le 15/03/24
| -Plaidoyer d'exilés contre le nationalisme, fort et émouvant 9/10 Tout dans l'histoire de ces comédiens les porte à être viscéralement opposés au nationalisme russe; l'exil les en a libérés. L'exil les porte aussi à regretter d'avoir laissé derrière eux ce qui les attachait à leur pays. De cette contradiction poignante et de leur maîtrise de la culture et de la grammaire du théâtre nait un spectacle fort et émouvant. ATTENTION ! IL N'Y A PLUS QUE 8 JOURS ! # écrit le 04/03/24
| Théâtre contemporain: Neandertal -Neandertal etc 8/10 Dans le même spectacle, l'Homme de Neandertal, Homo Sapiens, le séquençage du génome humain mais aussi l'identité juive, le conflit israélo-palestinien, un trio amoureux, un homme fâché avec son père, une femme atteinte d'une maladie dégénérative, etc... Voilà qui fait a priori beaucoup pour un même spectacle. Par moments, il m'est arrivé de regretter l'unité d'action des classiques. Mais ce qui rattrape tout, c'est à la fois que David Geselson a des choses très intéressantes à dire et aussi qu'il maîtrise remarquablement la mise en scène théâtrale. Je retiens notamment le traitement de l'aventure scientifique et celui du conflit israélo-palestinien. Celui des méandres amoureux des protagonistes ou de leurs autres difficultés personnelles et familiales est plus inégal, avec quand même une savoureuse et originale scène pour ouvrir le spectacle. # écrit le 02/03/24
| |