Ses critiques
| 22 pages de résultats triés par | | -Féroce 8/10 Un écrivain encensé et sa femme. Tout le principe de la pièce repose sur le caractère ridicule de ces deux personnages prétentieux. Souligner leur vacuité pour mieux dénoncer leur idéologie abjecte aux remugles nazis. Thomas Bernhard est bien sûr féroce. Norah Krief et Nicolas Bouchaud en font des tonnes et cela a un sens. On peut s’en lasser car cela dure jusqu’à l’indigeste. Peut-être cela était-il nécessaire pour faire ressortir, par contraste, les deux scènes clés de la pièce : celle où, entre tarte et salade, le couple énonce, d’un ton badin, ses pires préjugés antisémites et, à la fin, celle où le « maître » donne lecture de son œuvre - ou comment le maître écrivain (le vrai, Thomas Bernhard) s’est amusé à écrire comme un pied pour mieux dézinguer son personnage. # écrit le 02 Juillet
| -Une belle découverte 8/10 Voilà une pièce méconnue, qui donnait à voir l’histoire de Phèdre et Hippolyte un siècle avant Racine. J’ignore si Racine s’est ou non inspiré de Robert Garnier pour écrire Phèdre. Toujours est-il qu’il est troublant de découvrir l’Hippolyte de Garnier quand on connaît Phèdre. Au début, la pièce est un peu déroutante, avec le personnage de l’ombre d’Égée et la forme qui fait se succéder les monologues. Puis l’action se noue, notamment quand Phèdre avoue son sentiment à Hippolyte dans une scène magnifique et l’on se prend au jeu de retrouver la pièce de Racine dans celle qui l’a précédée. # écrit le 26 Juin
| -Huit rois : suite de la collection 6/10 Quand on a commencé la collection, on a envie de la compléter, même si l’on a trouvé les épisodes précédents inégaux : j’avais trouvé excellente la pièce sur Giscard, bonne celle sur Chirac et n’avais pas aimé celle sur Mitterand. Le lien entre les pièces a cette fois disparu : on ne peut relier celle-ci aux trois premières, la saga familiale a disparu (ou alors le lien m’a échappé). Ce nouvel opus est en trois parties. Première partie, un stand-up de Sarkozy : pas mauvais mais un peu piégeux car on oscille en permanence entre premier et second degrés, un exercice pas facile, souvenons-nous de Coluche qui était parfois applaudi à revers de ce qu’il souhaitait. Si l’on met de côté ses préférences politiques et que l’on n’examine que la forme, la seconde partie, Hollande en clown, est la plus réussie, avec un vrai clown qui sait nous faire rire et parfois nous émouvoir. La troisième partie est jouée avec talent mais n’apporte pas grand chose. Sa limite est celle de l’ensemble du spectacle, sous-titré « Comédie identitaire » : on n’est pas certain de bien comprendre comment les auteurs se positionnent par rapport à ce qui est devenu l’obsession de la droite française depuis Sarkozy : l’identité nationale. # écrit le 08 Juin
| -Une belle brochette de talents 8/10 Julie Brochen a conçu pour cette promotion de jeunes comédiens une adaptation sur mesure, piochant dans L’Opéra de Quat’Sous des fragments et y ajoutant d’autres chansons, du répertoire français ou du reste du répertoire de K. Weill et Bertolt Brecht. On y perd un peu en cohérence, tout en conservant l’essentiel de l’action. J’ai pris beaucoup de plaisir à voir et entendre cette troupe de jeunes talents jouer la comédie et chanter. Une belle réussite ! # écrit le 21 Mai , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Pour nous faire connaître cette histoire 8/10 Le principal intérêt de ce spectacle est de nous faire connaître l’histoire de ces nageuses du club Hakoah, de leur bannissement sous le régime nazi et de l’hommage qui leur fut rendu bien plus tard, en 1995. Le spectacle est un peu lent à démarrer, manquant de rythme au début, tant qu’il ne s’agit que de retrouvailles entre trois retraitées. Il devient plus émouvant quand on aborde le souvenir de la période des années trente mais aussi son écho en 1995. Si la question du risque du retour du fascisme n’est qu’effleurée, celle de l’antisémitisme persistant est clairement posée, par exemple lorsque l’une des trois héroïnes se voit, en 1995, dénier sa qualité d’Autrichienne parce qu’elle est juive. # écrit le 17 Mai
| -Démontage de la comm’ politique 8/10 Cette fausse session de formation pour apprentis candidats démonte avec brio les ressorts de la communication politique. C'est subtil et drôle. Tous les partis en prennent pour leur grade, sans qu'on tombe pour autant dans la démagogie anti classe politique. La preuve qu'on peut rire franchement et intelligemment en même temps. # écrit le 14 Mai
| -Partage 8/10 Ludmilla Dabo a réuni une bande d’artistes venus d’horizons très divers pour mettre en commun puis partager avec le public les musiques qu’iels avaient reçues en héritage. Elle parvient à en faire un vrai spectacle digne d’être montré au public sans perdre la part d’authenticité et de sincérité requise pour que la démarche ne semble pas artificielle. # écrit le 13 Mai
| -Florilège pacifiste 8/10 Voilà un joli florilège pacifiste avec, en tête de liste, bien sûr, Prévert et Vian, entrecoupé avec bonheur de quelques chansons. C’est court mais c’est clair. # écrit le 10 Mai
| -Pour résister à Anastasie 10/10 Voilà un spectacle agréable, utile et subtil. Allez découvrir ou redécouvrir toutes ces chansons qui furent censurées, ne boudez pas votre plaisir ! # écrit le 04 Mai
| -Quand Molière annonce Marivaux 8/10 (Ne fuyez pas en lisant mes premiers mots, il s’agit d’un excellent spectacle). La sauce rap accompagne ce Misanthrope sans lui nuire. Elle ne lui apporte qu’assez peu, peut-être parce que la dimension d’opposition entre milieu populaire et bourgeoisie mise en avant dans la feuille de salle n’est pas assez marquée. Toujours est-il que cette mise en scène de Tigran Mekhitarian est d’une grande subtilité, comme en témoigne le décalage entre le prologue et la fin de la pièce. De toute évidence, il sait nous attacher à Alceste. Comme d’habitude, lui-même endosse ce rôle-titre avec son talent d’acteur plus que de comédien. Sa direction d’acteurs est impeccable : tous, Mekhitarian et les autres , savent nous faire passer le texte et le sous-texte de Molière. Les joutes verbales annoncent celles de Marivaux, voire la cruauté des portraits brossés par Flaubert. # écrit le 03 Mai
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