Ses critiques -Tels que nous sommes 10/10 Un Tchekov parfait, digne des plus grandes salles, avec ce mélange typique d'humour noir et de désespoir lucide (le Tragédien malgré lui/Le Conférencier des Méfaits du tabac ) . Lucide enfin, pas toujours, car le portrait de nos revirements est aussi impayable, entre bêtise crasse et coup de sang (La demande en mariage) . Les acteurs sont au diapason de ce théâtre si difficile à jouer sans emphase, si equilibriste entre la bouffonnerie et le tragique, non sans moments fulgurants, presque sauvés des eaux, de beauté et de tendresse ( final de L'Ours, après le duel avorté ). Les personnages de Tchekov naviguent dans un monde lisse fait d'étroitesse et de plomb, avec des ambitions célestes. On sympathise immédiatement avec chacune de leur parole qui est une marmite toujours au bord de l'explosion et pas toujours raccord avec les mots prononcés . On s'avoue fréquemment au prochain que la vie c'est n'importe quoi. Bravo aux acteurs pour ces moments de folie qui décrit si bien notre ordinaire condition . Excellent pianiste qui procure une voix supplémentaire dans un décor de salle de café très bien pensé pour ces bouffées d'impulsivité et des courtes saynètes. # écrit le 29/06/25
| -Cris d'amertume 8/10 Un florilège étonnant ,au Théâtre Darius Milhaud,de paroles de femmes, assez moyennement metoo, toutes desesperate âmes seules. Révolte contre la soumission au macho de service, contre le diktat de la beauté, mais aussi auto-critique sur les chichis (féminins alors ?), regret des séparations, manque intolérable de l'amant, nul ou normal, battements de cœurs et les élans de jeunes filles. Tout cela finement joué dans un kaléidoscope de confessions différentes,mais laissant un goût un peu d'inachevé. Saynètes trop courtes ? La panoplie laisse songeur, et même perplexe. # écrit le 15/09/25
| -Tchekhov dans ses éclats 8/10 Au Théâtre du Ranelagh, interprétation déconstruite et en puzzle de la vie de Tchekhov, traitée, façon Tchékhov oblige, avec moult humour,spleen et alcool. Le pari de la déconstruction était risqué et fonctionne très bien. On rentre sans difficulté dans l'enfance du natif de Taganrog, une campagne (évidemment) respirant l'ennui et fantasmant sur Moscou,. La porosité entre éléments biographiques et les pièces du médecin généraliste devenu écrivain renommé presque malgré lui se fait avec une évidence, comme celle qui se fit reconnaître les Russes dans les personnages criants de vérité de Tchekhov . Les actrices Odile Ernoult, Clémentine Lebocey, Elsa Robinne sont très bonnes dans de multiples rôles, accompagnées d'un excellent pianiste-clavieriste, Joseph Robinne qui meuble superbement l'ambiance. # écrit le 23/09/25
| -À côté du but recherché 6/10 Pièce difficile,une fois n'est pas coutume au Théâtre Lepic, sur les violences sexuelles. Le sujet a été abondamment traité, mais, ici, le spectateur mâle est agressé, culpabilisé. La cause est noble, bien moins les moyens employés. Je déconseillerais d'ailleurs la pièce à des personnes sensibles pour certaines outrances, surtout â la fin. J'ai aimé le synopsis savamment déconstruit et la pièce en abyme avec des acteurs qui discutent de la pièce qu'ils vont jouer et s'engueulent précisément pour des motifs de misogynie et d'attitudes patriarcales. Des trous d'air dans le jeu font malheureusement qu'on est souvent à la limite de la pièce intello en panne d'actions. Les acteurs sont bons et certaines scènes sont mémorables, comme celle du pervers manipulant une petite fille d'une manière si feutrée qu'elle perd "les mots pour le dire", lesquels viendront quelques vingt ans après. Cette pièce serait passionnante sans son agressivité. # écrit le 25/09/25
| -La réussite , façon cuisine du chef 8/10 Jolie pièce au Théâtre Lepic sur la vie souterraine de la haute gastronomie. Le thème n'est pas complètement inconnu, mais tout tient dans les deux acteurs qui se renvoient la balle dans une rivalité imprévue. Jean-Baptiste Guinchard et Guillaume Tagnati sont excellents dans des rôles aux antipodes. Derrière le strass et la sueur, l'ambition dévorante ou la nonchalance artiste, cette pièce est surtout une très belle histoire d'amitié, fil qui demeure même quand on ne le voit plus ou paraît disloqué sur fond de différences de caractère. Elle seule , l'amitié, semble être le prisme final où se forge le sentiment de succès ou d'insuccès. La violence et la beauté du métier sont en tout cas excellent décrits. Bravo ! # écrit le 13/10/25
| -L'amour à contre-pied 10/10 Très belle pièce au Funambule dans un duel amoureux entre Marais et Cocteau. Tout tient, en fait, aux deux acteurs qui se renvoient magnifiquement la balle dans un couple torturé, entre un jeune éphèbe pimpant qui ne maîtrise pas les codes de la vie parisienne culturelle ou mondaine et un écrivain névrosé complètement dans sa bulle. Les répliques pètent, les mondes s'affrontent et qu'importe de savoir si ce qui rapporté historiquement est véridique, ou si même c'est Cocteau versus Marais qui est le plus du pitch. Ce couple qui s'aime, mais qui se déchire sur certaines valeurs est très bien rendu par Boris Terral et un autre acteur dont il m'a été curieusement impossible de trouver le nom sur le flyer. D'autres célèbres figures traversent le spectacle,comme Piaf ou Coco Chanel, mais ne sont pas traitées à l'envergure de leurs fortes personnalités et ne font office que de citation historique un brin pompeuse car n'apportant pas grand chose scéniquement, ce qui n'empêche en rien le très bon jeu des actrices. L'opposition collabo/résistant du couple ne fait pas l'unanimité des historiens, les deux fréquentant régulièrement la chaîne télé allemande (si,si) de Paris,et l'histoire d'amour entre Marais et l'actrice Mila Parély, comédienne connue et non novice comme présentée dans la pièce, semble avoir été très sérieuse. Ceci étant, précipitez-vous voir cet excellent moment théâtral, souvent très émouvant. # écrit le 18/10/25
| -Un Feydeau sans finesse 6/10 Un Feydeau au Théâtre du Gymnase à l'intrigue décapante comme d'habitude chez lui. Les acteurs surjouent, en font trop, crient alors que parler suffirait. Est-ce ce les premières ? Tout peut se mettre encore en place avec moins de bruit. La pièce est suffisamment drôle et savoureuse pour passer une bonne soirée. # écrit le 26/10/25
| -Un doux moment de rêve 8/10 Féérie théâtrale, à la Scène Parisienne, pour petits et grands, adorable en ces temps moroses. Assez peu de moyens et très grandes ingéniosité et poésie. Les acteurs-chanteurs-danseurs sont remarquables, pêchus, enjoués, tout comme la pianiste et cette formule d'art total est assez rare. Soirée remarquable qui décompresse et enchante, vous êtes prévenus. # écrit le 03/11/25
| -Le diable est dans les détails 8/10 Comédie policière qui ravira tout public pour son intrigue, ses personnages et piquantes réparties. Un plaisir de retrouver Holmes et Watson, on ne s'ennuie pas une seconde. Le trio d'acteurs (Céline Groussard, Emmanuel Gasne, Sébastien Chartier, Matthieu Brugot selon distribution) endosse sans problème les vertus du caméléon et font avec adresse tous les personnages de cette histoire perdue dans le brouillard de la lande. Frightening. Run to Grand Point Virgule, ça vous changera du morose brouillard du vote du budget. # écrit le 07/11/25
| -Conversations suprêmes au fond d'un café 10/10 Pièce superbe et pleine de surprises, certes politisée, et cela ne plaira pas à tout le monde, mais décoiffante dans ses péripéties qui mènent d'un banal "date" sur Tinder à une radiographie des enjeux sociétaux actuels par le biais d'un huis-clos inattendu, contraint et qui rappelera des souvenirs aux habitués de l'Est parisien, surtout en novembre. Une pièce urgente, vibrante, menée par des bons acteurs, entre humour et tragédie. À ne pas rater au Café de la Gare. # écrit le 08/11/25
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