Ses critiques -Va-et-vient déchirants de l'exil, sur un rythme musical 8/10 Jolie comédie musicale pimentée des effluves sonores du Brésil. Les jeunes chanteurs s'en donnent à cœur joie et font plaisir à entendre, surtout avec quelques pas de danse bienvenus. Attention , la formulation en terme de conte n'est clairement pas pour les enfants. Espoirs et désespoirs de la jeunesse sous le soleil de Rio. Mais laissez-vous emporter. # écrit le 19 Février
| -Tranches de la vie d'avant 8/10 Vu au Bobino de Paris vers Noël 2025, spectacle intéressant pour l'affrontement des attentes entre conjoints. La sociologie a bien changé et c'est quinquas et surtout au-delà qui pourraient s'y retrouver. Pour les plus jeunes, c'est douteux car la parité homme/femme a fait son chemin, sans parler des bouleversements dans l'idée de genre. Paul Dewandre auto-détruit lui-même les oppositions qu'il avance en parlant de part féminine dans le masculin et vice-versa. Ces polarités n'en sont donc pas, mais il reste une très belle étude bien menée dans les interprétations contradictoires des évènements de la vie de couple, et un cliché plutôt exact, même si maintenant suranné, de dernières générations avec Monsieur responsable, taciturne, pourvoyeur de la paie, déconnecté de ses affects, et Madame maîtresse hystérico-tyrannique du foyer. C'est loin, mais on a tous rencontré ces figures , et le portrait est saisissant. En créant sa pièce, Dewandre acte même que ce modèle a donc besoin d'un aggiornamento. Chez les moins de trente ans, urbains et ultra connectés, le synopsis tiendra de l'incompréhensible. # écrit le 20 Février
| -Madame aime sa Dame 8/10 Délicieux et truculent hommage à la différence et à l'amour entre femmes. C'est festif, bien plus drôle à ce sujet que "On va être tous d'accord...ou pas" de Marie Bo. Tubes rétro,, chorés et bons mots salaces, ça fuse à la Divine Comédie dans cette pièce millimétrée . La Parisienne de Marie-Paule Belle (1976) en leit-motiv a capella est un régal aussi bien sonore que théâtral . Bravo aux deux artistes ! # écrit le 24 Février
| -Les zombies sont parmi nous 10/10 Récit impitoyable sur l'immigration clandestine. Dans ce seul-en-scene, à partir d'un roman d' Emmanuel Darley, le comédien Thierry de Pina , dans une grande pudeur de ton, est inflexible sur les méandres et les parcours souterrains d'une vie jouée hors civilisation, alors qu'on aboutit dans une soi-disant plus civilisée, avec son lot (tous admirablement incarnés) de sinistres passeurs menteurs, sans état d'âme pour fructifier le business, de flics racistes et ripoux dans le délire de pouvoir de vie et de mort, de marchands de sommeil, et de patrons sans vergogne avec qui il faut se montrer même reconnaissant. Au final, dans l'agonie d'une vie à s'épuiser ã jouer le jeu du bon bamboula infatigable, une déchirure sans fin entre l'exil et l'appel du pays natal où déjà la trace de la présence et de l'identité antérieures s'effacent , et où l'on n'est plus très sûr d'être connu ou reconnu. Cette apocalypse est l'ordinaire de bien des ombres qui nous frôlent et laissent une tâche de honte sur les sociétés avancées qui ne savent se dépêtrer des mailles d'une mondialisation des problèmes, sinon en ayant l'œil sur les pronostics électoraux, vissant ou dévissant â la va-vite les frontières, dans réels plans. Thierry de Pina est bouleversant dans l'enclos intime du Guichet Montparnasse # écrit le 04 Mars
| -La fiction dépasse la réalité. 10/10 Interprétations décoiffante au Clavel de la metteuse en scène et actrice Julie Gamer, fidèle au texte tout en se permettant des licences saugrenues et bienvenues, un plaisir de gourmet. Ce classique est absurdissime et est en avance sur l'avenir quant à l'irréalité de nos vies, si bien dessinées. Dommage qu'il y ait eu si peu de représentations. Bravo ! # écrit le 11 Mars
| -Ça bêle dans notre monde tordu 10/10 Pièce absolument géniale de Pierre Guillois au Rond-Point, dans un chaos rabelaisien mélangeant avec un rare bonheur obscénités et vues philosophiques dans un hilare disparate. Tout y passe, magnification de la vie aux champs et désastre écologique, animaux ni idiots ni pas si "bêtes" qui parlent dans une gesticulation Wallace et Gromit, coïts généreux à tout va, à la ferme, dans un triptyque baise, boue, bouse, mais ni bien ni mal dans une truculence générale. Quel au fait est le sujet ? Un instantané non directif, plutôt qu'une radiographie, émulsion des drames de notre temps, c'est à dire des vies pour rien, vies pourries entre maladies et malbouffe, réalités et baratins, endettement et productivisme, circuits courts et fonds prédateurs lointains, dumping social et immigration économique, riches et pauvres, haine de l'autre et montée xénophobe, frontières et barrières, pas barrières versus mondialisation, bref, dans la bergerie, c'est une arche de Noé du moment présent, évoquée, amenée sur scène, montrée à voir , jamais jugée, jusqu'au seuil d'un sursaut. Ne ratez pas cette fable dantesque jouée par un ensemble formidable. # écrit le 14 Mars
| -Tout simplement épatant 10/10 Fantaisie loufoque qui ne laisse pas d'étonner au fur et à mesure des rebondissements qui, évidemment, ne manquent pas. Très bien jouée, cette bouffonnerie endiablée permet de découvrir une délicieuse salle rappelant le Ranelagh ou le Théâtre de Passy. Vous n'aurez aucune excuse pour vous priver de ce dessert écrit par Philippe Vieux et qui , vous le verrez, combine avec succès bon goût théâtral et gros pragmatisme commercial. De l'art dans la combine ! Jouissif ! # écrit le 19 Mars
| -La confusion des sentiments 8/10 Pièce finement jouée au Melo d'Amelie sur les attentes respectives en amour , avec une mise en perspective, "en abyme " comme on dit, ou en miroir, par le biais d' une pièce de théâtre sur la question qui pourrait être montée. On s'attache rapidement à l'évolution subtile et amusante des personnages, en interaction pour cause plus ou moins obligée ou manipulée de production théâtrale et de répétitions (drague en biais), et à leurs changements de tons dans une superposition croisée entre leurs vies perso et les rôles envisagés et à traiter. Le sujet de la pièce a alors toutes les allures d'un poisson qui file entre les mains, rebondissant d'un fictif au second degré à un "réel" qui est déjà un spectacle sur scène (pièce dans la pièce). L'intéressant est que la contamination des deux plans semble agir à l'insu des protagonistes dans un comique chassé-croisé amoureux, faisant des acteurs des victimes consentantes de la double pièce, vitrine on ne peut plus claire des confusions passionnelles ...pour notre édification et divertissement, dans un panache de moderne Marivaux. La durée m'a paru un petit peu courte, la fin pourrait être développée car la focalisation finale sur un seul couple déséquilibre l'hypothèse de départ qui est celle d'un quatuor. Un bon spectacle # écrit le 30 Mars
| -L'air frais de la comédie musicale 8/10 Concept très original à la Scène Parisienne de voir un polar entrecoupé de chansons et de chorés. On aurait dû y penser plus tôt, la présence des voix chantées étant toujours envoûtantes. Le paradigme Les Demoiselles de Rochefort est dans toutes les têtes. Ce présent spectacle est festif, joyeux, parfois émouvant. Des reprises du grand Jacques avec d'audacieuses harmonisations modernes est un régal, tous les publics peuvent s'y retrouver. Bref, Colombo ...et ses choristes. Ne ratez pas cet épisode entre déductions et tours de chants, et bravo aux acteurs, tous bons et couteaux suisses aussi à l'aise pour faire le suspect, guincher et pousser la chansonnette. Des aveux, peut-être, mais en musique. # écrit le 18 Avril
| -Rhino et demi 8/10 Bonne pièce à la Camilienne, bien jouée par ses acteurs. Elle souffre des quelques flottements des débuts puisqu'il ne ressort pas très clairement quel est le bon côté, les rhinos, presque sympathiques dans cette version où l'on bazarder une vie d'ennui, ou le héros préférant la prise de tête trop bavarde à la tête cornue. Il est douteux qu'Ionesco eût été écolo avant l'heure, quoique cette relecture soit, dans un sens,marrante. Il manque l'état de panique, le grinçant et la violence. # écrit le 22 Avril
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