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Ses critiques



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Théâtre contemporain: 4211 km

-Téhéran-sur-Seine, Téhéran-sur-scène
8/10

Très jolie pièce au Studio Marigny, toutefois pas meilleure que d'autres , même si moliérisée. Je dois dire que certains films iraniens m'ont plus touché et fait découvrir le pays en montrant moins, ou pas du tout, censure oblige, tout en laissant palpables au spectateur la répression omniprésente, la police politique, le contrôle des moeurs, la relégation des femmes, et en donnant à voir le spectacle d'une société riche de diversité et de culture , coupée de ses forces vives par une faction fanatique. L'intérêt de cette pièce peut tenir aussi par un autre point de vue qui est ici franco-iranien , à travers le regard d'une fille d'exilés élevée en France. On y croisera la condescendance des institutions pour les immigrés, éligibles ou non â la naturalisation, l'indifférence coupable de l'Occident vis-à-vis d'un régime sanguinaire, et les difficultés d'avoir de doubles racines car il est difficile aussi de ne pas aimer le pays qui vous a élevé , malgré ses défauts. Il y a dans cette pièce des scènes intemporelles qui , à partir du destin d'une famille, font plonger dans la douleur d'un peuple et la construction d'une psyché écartelée entre Iran et France : la rencontre des jeunes qui scelle le départ de chez leurs parents et leur différentiation, le cycle des naissances et des deuils qui sont renouvellements et pertes, l'exil et la question de l'identité quand il dure infiniment longtemps, le combat de la diaspora contre le pouvoir central. C'est peut-être cela le point nodal de la pièce, reprendre l'attitude des prédécesseurs alors que le contexte a évolué, être fille de deux pays perdus et retrouvés, être fière d'être de là-bas tout en étant d'ici, point qui évidemment fait voler en éclat toute notion de nationalisme sectaire, de souche tout en appuyant qu'on ne pas pas éradiquer les origines. Il reste des citoyens d'un devenir-monde, fiers de leurs migrations et porteurs de valises d'autres mondes.
# écrit le 13 Juin


Théâtre dramatique: Mademoiselle Julie - August Strindberg

-Cette nuit verra-t-elle le jour ?
8/10

Très belle interprétation par Louise Demont, Jade Verneau et Ronaldo Radany de cette pièce difficile. La dernière fois que j'ai vu du Strindberg, c'était à l'Epée de Bois sous la conduite de Carvalho (Créanciers). Eh bien, nos jeunes acteurs de l'Acting International n'ont pas du tout démérité en comparaison et ont réussi , avec une petite touche moderne, à soulever cette pièce sombre, presque apocalyptique, où les méandres du cœur n'en finissent pas de s'emmêler, pris dans un choc frontal entre innocence pure et ignoble pesanteur sociale. À peine les personnages savent-ils qui ils sont dans l'exception en bravant les interdits. Bravo aux trois acteurs d'avoir guidé avec finesse les spectateurs dans ce labyrinthe haletant.
# écrit le 09 Juillet


Théâtre: Le meilleur reste à venir

-Le meilleur rendu reste à venir
6/10

Bon petit spectacle à l'Apollo qui part crescendo de la comédie potache jusqu'au drame. Le potentiel est donc très bon , si ce n'est le jeu d'acteurs trop basique, même si la salle était acquise. À retrouver à la rentrée !
# écrit le 11 Juillet


: Fallait pas les inviter

-Peut se voir
8/10

Plutôt bien joué et allant crescendo, la pièce passe pour moi à côté de la réussite complète pour son démarrage très lent et sa fin qui n'en est pas une, faisant appel à un imaginaire un peu toc alors que l'action clashe sur les planches . Les scènes de famille valent , elles, le détour mais j'ai trouvé vraiment dommage que le jeu de l'homo (Andy Cocq) soit si stéréotypé et daté. Le beau monde dans le public de cette première en captation ( Palmade, Nagui, et d'autres) a pu intéresser les fans.
# écrit le 11 Septembre


Théâtre contemporain: Derrière

-Mi-figue mi-raisin
6/10

Beaucoup moins réussi que " Les Galets du Tilleul", cette pièce reste étonnante par le nombre de propositions explorées mais qui restent inabouties. Peut-être qu'avec le temps un travail de maturation opérera et finalisera le travail. Il reste que l'idée maîtresse est très intéressante , travailler "en creux" l'espace théâtral en faisant intervenir des personnes fictives , un auditoire fictif , des scènes fictives dont on comprend toute la teneur par la réaction et les paroles des deux seuls acteurs-danseurs, lesquels cumulent ratés, boucles idiotes et gestes dans la dérision. On sent avec plaisir que tout le répertoire est ausculté "par derrière "pour trouver autre chose, d'autres formes de représentations, mais s'il y a du grotesque génial, l'ennui souvent s'invite malgré des pics de jeu comme le finaud simulacre sardonique d'un concert de pop (Céline Dion donnait son premier concert à Paris au même moment) interrogeant la démesure et les codes de la ferveur hystérique . Autant les Galets étaient parfaits, autant Derrière reste au stade de Briques et Brocs dont l'unification n'est pas encore rendue cohérente.
# écrit le 14 Septembre


Comédie: Petites miseres de la vie conjugale

-Les illusions perdues
8/10

Bonne pièce, Pierre-Olivier Mornas, un peu cabotin, et la jeune Alice d'Arceaux jouent très bien. Balzac n'y est pas tendre avec la gente féminine mais dresse le portrait clinique des mariages arrangés. Diagnostic : dans cette société de la transaction marchande, la femme n'a plus que le paraître où elle doit subjuguer, et l'homme doit être l' homme de bonne condition. Mariages d'amour, n'y pensez pas, d'où la bile de Balzac contre ces congénères endimanchés qui vivent et vieillissent mal entre épouses aigries et recluses et maris volages volant d'adultère en adultère. Les interprètes rendent fidèlement cette ambiance balzacienne.
# écrit Il y a 3 semaines


Théâtre contemporain: Les chambres closes

-Dans l'enfer le sourire garderas
10/10

Toute menue, Elise Lomheau au Théâtre du Rond-Point rend un vibrant hommage à une personne qui a compté pour elle dans son enfance et dont elle ignorait tout un pan d'existence. Celui-ci n'était rien moins qu'un enfer de trahison et de désolation. Pourtant cette personne déchirée, Germaine Aziz, qui a livré son témoignage par écrit, et d'une force d'âme peu commune a trouvé un chemin vers la lumière, lumière qu'elle a versé sur l'enfant Elise. Ce spectacle est plus qu'une pièce, mais une rendition, une restauration, une résurrection d'un destin obscur sauvé des flots et parvenu au rivage. Elise Lomheau est parfaite de pudeur et de rébellion, s'effaçant pour mieux incarner. On s'y croirait. Un seul défaut, la durée, si dense est si courte. Bravo !
# écrit Il y a 3 semaines


Théâtre contemporain: Un espoir : Les trois reflets d'une adoption

-(L'enfant de) qui suis-je ?
8/10

Très belle histoire à la Scène Libre, jouée par les très convaincantes Christine Gagnepain, Sandrine Seubille et Jenny Trehoux, et délivrant du tourment des origines. La mise en scène est très efficace, originale en mélangeant des temporalités différentes, et campant trois femmes fort différentes, la jeune fille en perte d'assurance de soi, la mère d'adoption ambivalente , la mère biologique traversant l'enfer et revenue de nulle part, chacune avec ses tourments. Le beau scénario de Wendy Beckett est admirablement servi par les actrices qui nous procurent un moment de grande humanité. Bravo !
# écrit Il y a 3 semaines


Théâtre contemporain: Les paillettes de leur vie ou la paix déménage

- La vie ne se calcule pas en pertes/bénéfices
10/10

Mickaël Délis signe un décapant seul-en-scène sur la transmission de vie. Avec beaucoup d'humour et de mordant, il campe un nombre invraisemblable de personnages qui comptent pour lui et avec qui il discute ironiquement alors qu'il s'apprête à donner vie en tant que donneur. On l'engueule chez les moralistes, le vanne chez les expérimentés, le psychanalyse chez les sachants, le déconstruit chez les branchés et les modernes, le tout dans une galerie de portraits remplie d'émotion. Le donneur est-il d'honneur, telle semble la question à laquelle la réponse est un gigantesque oui à la vie tant exister avec les autres est un délice pour notre Delis. Le texte est cousu d'or et enfile perle sur perle. J'ai eu l'opportunité de voir ce spectacle deux fois. Bravo ! Des petites scènes de danse solo intense ponctuent chaque marée haute. Spectacle fiévreux dans la petite salle intimiste de la Scala.
# écrit Il y a 2 semaines


Musique classique: Festival Aux Armes Contemporains 2 : Jodyline Gallavardin - Jardins Secrets

-Excellent !
8/10

Très joli concert dans un cadre intimiste. Debussy était bien agréable à si peu de distance ! La jeune pianiste Jodyline Gallavardin a eu plusieurs apartés amusants sur les compositeurs présentés, notamment pour le russe Lourié, que je ne connaissais que par quelques rares extraits, et ici magnifiquement joué. Cette expérience de concert impromptu à la Scala, suite à l'enregistrement de disques du label Scala, est à recommencer, le public était conquis.
# écrit Il y a 2 semaines



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