Ses critiques
| 37 pages de résultats triés par | | -Tranches de la vie d'avant 8/10 Vu au Bobino de Paris vers Noël 2025, spectacle intéressant pour l'affrontement des attentes entre conjoints. La sociologie a bien changé et c'est quinquas et surtout au-delà qui pourraient s'y retrouver. Pour les plus jeunes, c'est douteux car la parité homme/femme a fait son chemin, sans parler des bouleversements dans l'idée de genre. Paul Dewandre auto-détruit lui-même les oppositions qu'il avance en parlant de part féminine dans le masculin et vice-versa. Ces polarités n'en sont donc pas, mais il reste une très belle étude bien menée dans les interprétations contradictoires des évènements de la vie de couple, et un cliché plutôt exact, même si maintenant suranné, de dernières générations avec Monsieur responsable, taciturne, pourvoyeur de la paie, déconnecté de ses affects, et Madame maîtresse hystérico-tyrannique du foyer. C'est loin, mais on a tous rencontré ces figures , et le portrait est saisissant. En créant sa pièce, Dewandre acte même que ce modèle a donc besoin d'un aggiornamento. Chez les moins de trente ans, urbains et ultra connectés, le synopsis tiendra de l'incompréhensible. # écrit le 20 Février
| -Va-et-vient déchirants de l'exil, sur un rythme musical 8/10 Jolie comédie musicale pimentée des effluves sonores du Brésil. Les jeunes chanteurs s'en donnent à cœur joie et font plaisir à entendre, surtout avec quelques pas de danse bienvenus. Attention , la formulation en terme de conte n'est clairement pas pour les enfants. Espoirs et désespoirs de la jeunesse sous le soleil de Rio. Mais laissez-vous emporter. # écrit le 19 Février
| -Vivre 10/10 Prestation bluffante d'Anne Charrier dans un scénario original qui prend à contrepied, la scène de l'action étant vue par deux narrateurs différents, la protagoniste et le commentateur, celle qui veut l'avenir, celui qui sait le passé. On est au cœur de cette femme qui veut vivre sa vie , malgré les déceptions et une certaine lassitude , et dont une dernière relation l'entraîne dans l' insoupçonnable (que je tais), révélateur d'une systémique et quasi sociétale indifférence à la valeur de la femme, à son indépendance, à sa valeur comme être propre alors qu'elle constamment recherchée, sollicitée, courtisée . La pièce met le doigt sur le paradoxe machiste, à chosifier la femme irremplaçable, incontournable, mais souvent ravalée au stade de poupée ou de vagin, d'objet de collection ou de standing ou chien-chien, le renvoi fait est celui de mâles malades, incapables psychologiquement et socialement de percevoir l' altérité de leur partenaire, super héros solitaires supportant en fait très très mal la solitude . Et, derrière, une asymétrie et une guerre fatiguée des sexes dans une société malheureuse, dés-affectée, apathique. À vous de découvrir la suite à la Pépinière avec le brio de l' actrice. # écrit le 07 Février
| -Deux caractères d'ours 8/10 Spectacle en deux parties à la Scala St-Martin, la première en Russie avec une magnifique prestation d'acteurs réalisée avec une grande économie de moyens, on ne peut plus élégante. Du grand théâtre, ça dépote, on est en Sibérie, ambiance vodka, empire délabré , conditions extrêmes et Dersou Ouzala au coin de la rue . Une seconde en France qui traîne en longueur, s'éternise dans un propos New Age et chamanisme de bon aloi, et ce ne sont pas les acteurs, mais le texte qui plante. Enfin, on adhère ou pas. Ici , l'interprétation des évènements m'a laissé sceptique, mais pas du tout celle de Constance Dollé, Nathalie Cerda et Miglen Mirtchev, parfaits dans leurs rôles multiples. C'est une pièce à voir ! Quant à Nastassja Martin, l'autrice , elle est une anthropologue et un détour s'imposera pour vérifier dans le livre si son propos est bien rendu ou pas. Qu'elle ait tenu tête peut être vraisemblable, peut se tenir, de là à un deal demande des explicitations dues à ce courant anthropologique de l'animisme moderne et que la courte pièce ne rend pas, ou par affirmations un peu abruptes. # écrit le 24 Janvier
| -Bon petit coup d'essai 8/10 Bonne pièce qui mériterait un jeu bien plus investi malgré des acteurs qui ne démeritaient pas, mais laissaient des blancs dans le jeu (souci des premières ?). Adil Rami s'en sort pas mal, a de bonnes envolées quand il lâche prise, et doit absolument continuer le théâtre. J'ai trouvé Manon Sachot excellente. L'argument rappelle celui de "Et si était-elle ?" , pièce très bien rendue dans plusieurs distributions au théâtre Montmartre Galabru ces dernières années. Le jeu y était d'une très grande intensité, voire brutale. # écrit le 24 Janvier
| -Mari pas (encore) jaloux cherche amant pour sa femme 8/10 Divertissement impayable d'adultères croisés, un summum du n'importe quoi . Avec un jeu d'acteurs un rien moins tendu, on tient un chef-d'œuvre du genre. Ne vous privez pas de cette cure d'hypocrisie et venez applaudir le chaos bouffon traîtreusement exécuté par les comédiens de la Compagnie Folie Téméraire (Sophia Benazzouz, Jihane Bennani, Tom Da Silva, Océane Faivre, Fabien Merlino, Aymeric Naudé). # écrit le 23 Janvier
| Théâtre contemporain: 37 heures -L'énormité 10/10 Très beau seul.e-en-scène d' Elsa Adroguer à la Piccola Scala dans un texte bouleversant dont je ne dévoilerai pas l'essence. La construction temporelle éclatée va de pair avec la recomposition d'un vécu de violences inouïes comme d'une galerie de personnages que l'actrice restitue à merveille. Le propos et le format de la pièce n'est pas totalement nouveau, mais ce n'est pas parce que ,par exemple, Élodie Navarre ("Prima facile", Théâtre du Petit Montparnasse), Eva Ramy ("Va aimer", Théâtre Lepic) ou Clarisse Fontaine (" Cette petite musique que personne n' entend", Théâtre des Mathurins) ont fait très fort sur un sujet comparable qu'il faut passer à côté de ce moment brûlant de vérité. Bravo ! # écrit le 17 Janvier
| -Arrêt sur image 8/10 Pièce pleine de fraîcheur avec deux jeunes actrices dont nous profitons des apartés par lecture des journaux intimes interposée . C'est drôle, presque ado dans la confrontation entre rêve américain et réalité. Le côté "l'aventure, c'est l'aventure" est génial avec frasques , fracas et tracas. La durée trop courte interrompt brutalement le charme. Ce ne sera pas du même coffrage que Thelma et Louise, Easy rider ou autre traversée épique des US. Avec un peu de rallonge, on aurait un très sympathique road-movie déjanté. Mesdames, encore un extra bonus en essence. Taille medium (le spectateur comprendra). # écrit le 16 Janvier
| -Le vrai dans le faux 8/10 Excellent spectacle, comme très souvent au Rond-Point, à vrai dire seul-en-scène ou même performance de Sébastien Barrière nous entraînant dans un docu loufoque , mi-autofiction mi-bidonnage complet, dont tout le traître et mince fil de cohérence tient à son attrait, soi-disant, pour deux punks British. Barrière nous dit y avoir trouver sa voie/voix, non sans argument et épisodes délirants.. J'ai souvent ri dans ce dédale ni de vrai ni de faux , mais de vrai-semblance donnant à tout propos, y compris mensongers, des sens multiples. C'est un théâtre de l'oraison de bateleur. Pour ceux qui aiment Frédéric Ferrer par exemple. # écrit le 14 Janvier , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Aime-moi pour qui je suis, si différente de ce que tu crois 10/10 Chef d'œuvre au Studio Marigny, j'y allais avec un peu d'appréhension, craignant un texte un peu daté. Pas du tout, avec une scénographie sobre et efficace, trois femmes crient leur colère du si peu de cas donné à leurs parties intimes, si dévalorisé dans l'argot, reflet évidemment d'un monde où la beauté féminine suit des critères ...masculins. Et pas que puisqu'on nous assistons, sur scène, à une revigorante montée dans les tours d'une valorisation véhémente des attributs féminins, le divin clito, la pilosité, le ras le bol du make-up et de la poupée barbie, le plaisir vécu différement et qui veut être partagé en toute lenteur, comme une dénonciation post #metoo de la femme essentialisée comme objet , objet de la traquée, gibier, " gazelle " prise en chasse, proie des désirs sexuels (dès petite fille) et renvoyée outrageusement au "t'avais pas qu'à être aussi belle". C'est jouissif, c'est génial, trois nanas qui sortent de leurs gonds, bouteille à la mer pour une humanité un peu différente. À ne pas rater. Pourvu que je puisse envoyer ma fille ! Bravo à V (Eve Ensler, l'autrice) et les actrices Galia Salimo, Camille Léon-Fucien, Aurore Auteuil. # écrit le 12 Janvier
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