Ses critiques -Huit rois : suite de la collection 6/10 Quand on a commencé la collection, on a envie de la compléter, même si l’on a trouvé les épisodes précédents inégaux : j’avais trouvé excellente la pièce sur Giscard, bonne celle sur Chirac et n’avais pas aimé celle sur Mitterand. Le lien entre les pièces a cette fois disparu : on ne peut relier celle-ci aux trois premières, la saga familiale a disparu (ou alors le lien m’a échappé). Ce nouvel opus est en trois parties. Première partie, un stand-up de Sarkozy : pas mauvais mais un peu piégeux car on oscille en permanence entre premier et second degrés, un exercice pas facile, souvenons-nous de Coluche qui était parfois applaudi à revers de ce qu’il souhaitait. Si l’on met de côté ses préférences politiques et que l’on n’examine que la forme, la seconde partie, Hollande en clown, est la plus réussie, avec un vrai clown qui sait nous faire rire et parfois nous émouvoir. La troisième partie est jouée avec talent mais n’apporte pas grand chose. Sa limite est celle de l’ensemble du spectacle, sous-titré « Comédie identitaire » : on n’est pas certain de bien comprendre comment les auteurs se positionnent par rapport à ce qui est devenu l’obsession de la droite française depuis Sarkozy : l’identité nationale. # écrit le 08 Juin
| -Une belle découverte 8/10 Voilà une pièce méconnue, qui donnait à voir l’histoire de Phèdre et Hippolyte un siècle avant Racine. J’ignore si Racine s’est ou non inspiré de Robert Garnier pour écrire Phèdre. Toujours est-il qu’il est troublant de découvrir l’Hippolyte de Garnier quand on connaît Phèdre. Au début, la pièce est un peu déroutante, avec le personnage de l’ombre d’Égée et la forme qui fait se succéder les monologues. Puis l’action se noue, notamment quand Phèdre avoue son sentiment à Hippolyte dans une scène magnifique et l’on se prend au jeu de retrouver la pièce de Racine dans celle qui l’a précédée. # écrit le 26 Juin
| -Féroce 8/10 Un écrivain encensé et sa femme. Tout le principe de la pièce repose sur le caractère ridicule de ces deux personnages prétentieux. Souligner leur vacuité pour mieux dénoncer leur idéologie abjecte aux remugles nazis. Thomas Bernhard est bien sûr féroce. Norah Krief et Nicolas Bouchaud en font des tonnes et cela a un sens. On peut s’en lasser car cela dure jusqu’à l’indigeste. Peut-être cela était-il nécessaire pour faire ressortir, par contraste, les deux scènes clés de la pièce : celle où, entre tarte et salade, le couple énonce, d’un ton badin, ses pires préjugés antisémites et, à la fin, celle où le « maître » donne lecture de son œuvre - ou comment le maître écrivain (le vrai, Thomas Bernhard) s’est amusé à écrire comme un pied pour mieux dézinguer son personnage. # écrit le 02 Juillet
| Chanson Française: Voleuse -Une nouvelle voix parmi les grand.e.s de la chanson française 10/10 Les amateurs de chanson française sauront, en la découvrant, à n’en pas douter, reconnaître en Alissa Wenz une nouvelle grande « ACI » - Auteur.trice Compositeur.trice Interprète. Dans la très intime petite salle du Théâtre Essaïon, accompagnée de son complice et musicien Olivier Philippson, elle nous délivre impeccablement et non sans malice une collection de petits bijoux de la chanson. Voilà quelqu’un dont la plume a le talent de celle d’Anne Sylvestre et qui m’a aussi parfois fait penser à Juliette. Si son talent d’autrice suffirait à beaucoup, elle y ajoute aussi des compositions variées, du parlé-chanté à de belles mélodies pour danser la valse ainsi qu’ une interprétation claire et sans bavure. Elle sait laisser place à la légèreté, au mal de vivre ou aux sentiments mais nous donne surtout de superbes chansons engagées, notamment mais pas seulement dans une belle veine féministe. Allez vite la découvrir ! # écrit le 28 Août
| Théâtre contemporain: Mon Frère -Sourd-doué 8/10 Voilà un spectacle original dense et attachant. On y trouve trois histoires parallèles : celle de la Langue des Signes, celle de Christian Gremaud - le frère de François – et celle de l’histoire du spectacle lui-même. Pour le spectateur, c’est d’abord le plaisir d’un joli sac de nœud théâtral, plaisant et fort drôle : qui est qui, entre François et Christian, quand François double en français oral Christian jouant en LSF tantôt son propre rôle, tantôt celui de son frère ? Puis vient l’essentiel, ou comment, avant qu’un journal finisse par le trouver « sourd-doué » Christian Gremaud galère face à la discrimination qui frappe les sourds. Un beau spectacle, avec une scénographie simple qui n’exclut pas une vraie théâtralité. # écrit le 19 Septembre
| -Petit bijou shakespearien 10/10 Avec sa très belle adaptation, Lucile Lacaze nous livre un petit bijou. Pas une once de gras, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette histoire qui témoigne de la virtuosité de Shakespeare pour jongler avec le pouvoir, la morale, la religion, la manipulation et les travers humains. Je n’ai pas compris la scénographie mais, peu importe, l’adaptation, la mise en scène et la qualité du jeu sont présentes pour faire, avec une vraie théâtralité, de cette pièce une grande réussite. # écrit le 04 Octobre
| Théâtre: Yoni -Yoni, une belle personne 10/10 Isaac Eder nous présente Yoni Cohen, son double sur scène, jeune Franco-Israélien dont il nous présente la vie. C’est savoureux, plein d’autodérision et de tendresse, quand il nous parle de ses parents et de sa culture juive. Le ton devient plus grave quand il évoque la guerre ou plaide pour la paix. Un beau spectacle qui sait subtilement balancer entre légèreté et gravité, résolument du côté de l’humanité. # écrit Il y a 1 semaine
| -1.2.3. 8/10 Voici trois pièces courtes de Tchekhov, ou, plus exactement, deux pièces et l’adaptation d’une nouvelle. La note d’intention parle de comique se moquant du tragique. À nuancer selon les pièces. La première, « Le Chant du Cygne », met un scène un vieil acteur, au crépuscule de sa carrière. Je l’ai trouvée émouvante. La deuxième, « Tragédien malgré lui », correspond plus à la formule de la note d’intention. Ce n’est pas non plus intéressante des trois car elle s’appuie sur une situation assez artificielle. La dernière, tirée de la nouvelle « Un Duel », ressemble plus à une fable qui commence comme chez La Fontaine avec des personnages tous imparfaits mais se termine de façon plus positive. Ces trois pièces peuvent compter sur des comédiens sans faille et composent une belle soirée, le tout dans le bel écrin du salon situé derrière le studio du premier étage du Théâtre de l’Épée de Bois. # écrit Samedi
| -Shakespeare tient la route 8/10 Macbeth ! Je pourrais voir cette pièce deux cents fois sans m’en lasser. Cette version, sans être la meilleure, est plutôt réussie. Du côté de ce qui est perfectible se trouve la direction d’acteurs, pas assez exigeante (trop de bafouillages) ainsi que la représentation des terreurs de Macbeth (on s’attendait à mieux, vu la note d’intention). En revanche, la mise en scène des sorcières est inventive et réussie; de même musique, éclairages et scénographie tirent pleinement profit de la belle salle en pierre du Théâtre de l’Épée de Bois. Les choix de mise en scène d’adaptation sont inhabituels mais Shakespeare n’est pas dénaturé, il tient la route ! # écrit Samedi
| -ne belle troupe 8/10 J’avais découvert cette pièce pendant le confinement du Covid par la retransmission d’une captation de la Comédie française et avais conservé le souvenir d’une très forte dénonciation de la morale étriquée qui présidait à l’éducation des adolescents dans la société prussienne de la fin du XIXème siècle. La compagnie Niemand transpose l’action un siècle plus tard. Cela permet de compléter le regard de Wedekind par des problématiques contemporaines mais n’est pas tout-à-fait cohérent avec la langue employée dans la traduction usuelle, qui n’a, semble-t-il, pas été actualisée. La mise en scène est inégale mais certains passages sont très forts, particulièrement réussis. Et puis faire jouer des rôles d’ados par des comédien.nes à peine plus âgés donne beaucoup de crédibilité à ce spectacle. # écrit Lundi
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