Ses critiques -Pourquoi pas ? 6/10 Bon suspens divertissant et divagation historique à la Comédie Bastille, riche en soubresauts. Rien de très profond non plus ,et qui atteigne Corneille ou Molière. Les acteurs sont bons et les décors très bien pensés . Comme vous le sentez. # écrit le 03/11/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Nos histoires exactement 8/10 Superbe entrelac d'histoires croisées au Studio Hebertot bizzarement et scandaleusement presque vide. Frédérique Auger, l'autrice et comédienne,et Jean-Charles Chagachbanian déroulent avec un jeu enfiévré des saynètes de plusieurs situations révélant progressivement du chantage affectif, plus ou moins accepté et peu conscientisé au départ, en passant sans problème de tempéraments changeant du tout au tout, de l'âme timide ou humoristique au froid narcissique. L'accent québécois emprunté par alternance par Frédérique Auger est un véritable rayon de soleil dans un univers grisâtre parisien qui semble pétrifier tout ce qui bouge. Réalisation très émouvante et réaliste à ne pas rater. Bravo ! # écrit le 29/11/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Pas assez noir-lumière 8/10 Bonne représentation, Dominique Valadié joue très bien, mais l'ensemble, au Petit St-Martin, me semble complètement passer à côté de l'abysse que décrit Beckett, celui de la tornade de la mort imminente, de son attente cruelle et de l'infinie valeur de la vie quelle qu'elle soit, fût-elle apparemment "insignifiante, comme celle d'une Winnie crevant de peur dans un désert sans lieu ni date, pure abstraction faisant scène à une vie qui déroule son fil face à son terme annoncé, ou face au naufrage d'une vieillesse ingrate. J'aurais préféré un jeu plus tragique ou " métaphysique", même dans l'humour noir, ou le rire jaune, et quand Valadié crie, se rappelant ses émois de petite Winnie jouant sous la table avec sa poupée d'enfant, le texte ne passe pas. Moi, j'entends dans Beckett non un fait divers, non une nostalgie, mais une galaxie qui s'éteint avec son unicité individuelle, ses souvenirs indicibles ici exprimés. Il n'y a plus de Dieu témoin de nos actions et donc témoignant pour elles, bonnes ou mauvaises, notables ou futiles, mais toutes en-registrées, non, rien qu'un vide sidéral, mais qui rend tout si précieux, et si ridicule, voire dérisoire et donc "comique". Prestation de Willie anecdotique alors qu'il aurait pu être un faire-valoir mutique dans l'hérésie ambiante, celle de persister d'être alors que la balayette pousse l'existence des protagonistes vermiceaux vers la poubelle. # écrit le 20/12/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -De bonne, ou de mauvaise, guerre 10/10 Pépite délicieuse au Studio Hebertot, remarquablement jouée, aussi bien par les jeunes premiers que par les vétérans de la scène, et servie par une langue châtiée de toute beauté. Les remarques sont souvent cinglantes, les situations cocasses, du registre de l'art de l'adultère parisien, si ce n'est qu'elles sont vues ici d'un point de vue feminin , dans une tonalité plus vengeresse, désabusée, voire dépressive, tant la sujétion aux caprices des mâles et à leur rouerie de paons est omniprésente, étouffante à cette époque. Pour survivre, ces dames ont souvent plus d'un tour également dans leurs sacs, mais pas toujours. Deux visions s'affrontent, la critique de la frivolité présumée du beau sexe, argument fort arrangeant, et une aspiration à une liberté hors de tout lien (ce qui , paradoxalement, peut développer une attitude de séduction auto-protectrice). Un vrai petit bonheur théâtral. À ne pas rater. Mateo Autret-Vasquez, Bérengère Dautun, Jean-Pierre Hané, Catherine Piffaretti, Rose Sorin sont excellents. # écrit le 10 Janvier , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Le vrai dans le faux 8/10 Excellent spectacle, comme très souvent au Rond-Point, à vrai dire seul-en-scène ou même performance de Sébastien Barrière nous entraînant dans un docu loufoque , mi-autofiction mi-bidonnage complet, dont tout le traître et mince fil de cohérence tient à son attrait, soi-disant, pour deux punks British. Barrière nous dit y avoir trouver sa voie/voix, non sans argument et épisodes délirants.. J'ai souvent ri dans ce dédale ni de vrai ni de faux , mais de vrai-semblance donnant à tout propos, y compris mensongers, des sens multiples. C'est un théâtre de l'oraison de bateleur. Pour ceux qui aiment Frédéric Ferrer par exemple. # écrit le 14 Janvier , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Test minute et éloquent sur le sens du sacrifice 10/10 J'avais longtemps constaté la pièce à l'affiche du théâtre Hebertot l'année dernière, mais n'avais pu y aller. Pas de regret à avoir tant la réalisation au Théâtre Montmartre Galabru, dans la mise en scène de Mise de Samy Cohen, est impeccable et fait honneur à ce texte impitoyable qui ne laisse aucune chance à ses protagonistes dont beaucoup tentent un " la morale d'accord, si c'est moi d'abord ". À chacun son éthique donc, mais l'éthique n'est-elle pas précisément le dépassement de soi ? À vous de savourer les meilleurs des pires arguments , si j'ose dire. Les acteurs sont excellents de finesse dans ce drame on ne peut plus plausible et crédible. Bravo ! # écrit le 11 Mars , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Revenue de loin 10/10 Pièce impitoyable au Studio Hebertot sur les errances ignobles du régime de Ceaucescu. À l'occasion d'un événement exceptionnel , et ô combien symbolique, un frère et une sœur se retrouvent en franchissant la distance entre Paris et Bucarest , mais pas celle des années et des malentendus. Ce moment de vérité est humainement bouleversant, sur le champ de ruines d'une dictature honnie. Clémence Baron, l'autrice et actrice sur scène, et son partenaire Antoine Cafaro déploient tout un éventail de sentiments extrêmes correspondant à des situations, hélas, extrêmes. L'héroïne et autrice est, à double-sens, "revenue de loin" pour le dire , et son frère oscille dans une tempête entre fraternel et fratricide. # écrit le 12 Mars , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Dans l'œil du cyclone 8/10 Je n'avais aucun enthousiasme à aller voir la litanie des maîtresses du grand maître, mais toujours curieux de la programmation du Studio Hebertot, j' en suis sorti ému. Même si Anne Marquot-Picasso (filiation très lointaine avec le peintre par le conjoint de l'actrice) ne chante pas, il y a une dimension opératique dans cette pièce, et la présence de la musique est incontournable, omniprésente, même s'il y a souvent une alternance voulue entre texte et musique. Le rapport entre les deux n'est pas évident à déterminer, mais il marche , est magistral et fait de la bio de Picasso et de ses égéries successives un roman musical bouleversant. Anne Marquot-Picasso ne semble pas juger, faire de la morale, mais constate. Picasso brûle de toutes celles qui l'approchent les ailes de papillons fascinés et passe de l'une à l'autre, quand ce n'est pas plusieurs en même temps, en régime de croisière. On comprend rapidement que cela le galvanise pour peindre, et ces dames ont dans un premier temps volontairement donné leurs accords, en renonçant à beaucoup d'elles-mêmes dans un second, avec des difficultés à se relever, ce qu'on ignorait (dépressions, suicides, auto-effacements). Pas de procès donc, mais un relevé du siècle, mettant en scène un géant de la peinture, le petit monde de l'avant-garde, le fourmillement des ombres derrière, avec un créateur-démiurge qui avance , génial, dans l'oeil de femmes médusées, admiratives, muses inspiratrices, amantes sucées jusqu'à l'os, déçues, délaissées. Chacune à leur façon, avec leurs signatures, et Anne Marquot-Picasso est excellente dans "l'évocation", c'est-à-dire le rappel succinct de leurs vies, mais aussi le laisser-parler du non-dit, du non-officiel, le laisser-parler de leurs parts de personnel, de personnes sans lesquelles Picasso aurait été autre. Si l'actrice met en évidence la forte personnalité des amantes artistes de métier, le portrait fugitif de la fugitive Eva Gouel, contrainte, alors que mère d'un enfant de Picasso, de supporter une vie clandestine à l'ombre d'une autre maîtresse, prend aux tripes. La musique de Romain Vaille est tout en délicatesse et finesse, d'inspiration d'abord début de siècle dans des accents à la Debussy ou à la Satie, puis évoluant rapidement vers des tons Rachmaninov vénéneux, pour finir enfin sur des harmonies plus claquantes et récentes, rappelant Jolivet ou Messiaen. En tout cas, c'est du Romain Vaille de très bonne facture!. Bravo aux deux artistes ! # écrit le 01 Mai , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| Théâtre classique: 93 -Tu ne tueras point ? 8/10 Une troupe de jeunes acteurs, à la Folie Théâtre, s'empare vaillamment du sujet de l'épuration révolutionnaire et de la spirale fatale de la pureté idéologique jamais atteinte, sujet abordé cette saison par la première époque de "Ici sont les dragons" de Mnouchkine. Ici, pas de lourdeurs et de pesant didactisme, texte vif de Hugo, saynètes qui s'enchaînent avec fluidité pour porter le drame de la pensée unique à son comble. Les acteurs sont bons, enthousiastes , quelques phrases pas entendues quand ils bougent trop ou sont de dos, qu'importe, ça cavale, et on est en plein dedans, la Terreur, érigée en raison d'État, alors qu'en aval quelques décennies plus loin Hugo est encore sous le choc de l'affrontement Communards et Versaillais. Dans la guerre civile des logiques s'affrontent, mais quel beau raisonnement peut tenir quand la Nation se saigne elle-même ? La parabole vaut évidemment pour maintenant, merci à la jeunesse de nous le rappeler, non sans clins d'œil orwelliens de notre modernité , et de désigner dans l'ampleur du désastre les incroyables sursauts d'humanité. Chapeau Hugo aussi. # écrit le 04 Mai , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Point de salut sans la scène 8/10 Un très bel hommage à la passion du théâtre et au métier d'acteur. Olivier Chauvel, à l'Essaïon, raconte sans enjolivements et cabotineries la vie, faite souvent de hauts et de bas, du comédien. Au bout d'un moment, on a grandi , on ne se compare plus, on est ce qu'on est, celui qui est dans la joie de brûler les planches et d'incarner, mais cela ne va pas sans moults pérégrinations et aventures dont Olivier nous livre un portrait cocasse et ému. On ne compte plus les années d'apprentissage aux formateurs curieux, parfois déformants, les plans foireux, les plans géniaux, et , évidemment, les moments de grâce, les rencontres fabuleuses. Olivier se livre lui-même et livre tout un chacun à son parcours de vie qui ne prend vraiment de sens qu'avec des passions irrépressibles. Le coût peut en être dur, mais personne n'a la carte des détours soi-disant inutiles et des oasis découvertes derrière un mur. Bravo ! # écrit le 05 Juin , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
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