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Comédie dramatique: Un tramway nommé désir

-Un rendu bien pâle
8/10

Décevant. Le texte de Tennessee Williams est fulgurant de violence et demande beaucoup d'implication et de profondeur de la part des acteurs. On ne demandait pas à Réali un jeu Actor's Studio, loin de là, mais il lui a fallu une bonne heure, bien qu' encensée par la presse, à quitter le surjeu (trac ? Pas la mesure du rôle ?) pour se donner vraiment. Dans le désastre final, elle excelle enfin, sans que cela rehausse vraiment l'attention et, c'est peine perdue, Nicolas Avinée n'est pas au diapason non plus, trop caricatural depuis le début. Finalement, les seconds rôles s'en sortiront le mieux et donnent du plaisir à voir, Allyson Paradis, déjà délicieuse dans Le manteau de Janis, et Lionel Abelanski, et dans la mesure où la mise en scène statique leur laisse peu de marges de manoeuvre . Effets sonores et musiques sont par contre très bien pensés et à même de révéler la gigantesque tourmente intérieure qui ronge les personnages et qui aurait dû transformer ce huit-clos en chaudière volant en éclats .
# écrit le 05/03/24


Comédie: Secret.s

-Irresistible
10/10

Pièce réellement splendide de bout en bout ! Chesnais et Gamelon font vivre un boulevard d'anthologie avec bagout et métier, et font de la pure dentelle. Le scénario est très astucieux et tous les coups de théâtre sont permis . Ne vous privez surtout pas de cette cure de printemps.
# écrit le 05/03/24


Théâtre contemporain: Quand je serai un homme

-L'homme d'aujourd'hui
10/10

Très beau duo homme /femme sur ce que signifie être un homme en nos temps de divorces courants et de révolutions metoo. De belles réflexions non clivantes sur la maternité, la paternité nouvelles, la relation et la transmission aux enfants, notamment aux garçons. On sort enrichi des débats , même si les termes n'en sont pas totalement neufs. Bravo aux comédiens.
# écrit le 05/03/24


Seul(e) en Scène: Ce qui ne nous tue pas

-Mise en demeure de vivre
9/10

Belle pièce et seule en scène intimiste sur une remontée de l'enfer après un grave accident. Le sujet peut concerner tout le monde. Mélanie Page nous raconte ces vacheries de la vie et comment rebondir, notamment en interprétant ces événements à l'aune de son histoire passée . Pour s'interpréter soi-même , elle sait faire ! La mise en scène est minimale mais impec, avec une fluidité de la parole et des interactions sympathiques avec la salle. Je suis surpris de certains commentaires déçus , l'autobiopic n'est pas une nouveauté ! C'est une des innombrables facettes du théâtre et de la scène, sans même parler du stand-up volontiers bavard sur soi. Dix fois tant mieux que Mélanie Page (se) relance les dés devant nous
# écrit le 05/03/24


Théâtre contemporain: Ce qu'il faudra laisser aux anges

-Géniaux instantanés de la vie mode d'emploi
10/10

Un chef-d'oeuvre fait de petits conciliabules variés avec le lit comme élément central. De la broderie très fine sur la vie quotidienne, les éléments marquants et déterminants de toute trivialité finalement profonde. Une pièce sur l'insoutenable fugacité de notre riche existence. C'est joué de main de maître par une jeune troupe survoltée. Du très très bon théâtre qui résonne comme les éclats de voix des adultes dans l'oreille d'un enfant. C'est important et on n'avait pas vu pourquoi.
# écrit le 06/03/24


Théâtre contemporain: L'Aquoiboniste

-L'insoutenable les yeux ouverts
9/10

Scénario original pour ce seul en scène. On ne comprend qu'à la fin qu'il faut relire le déroulé de la pièce à l'envers à cause d'un choc émotionnel, tant il est grand. Le sujet est grave, douloureux, vous êtes prévenus, c'est une traversée . Belle performance d'acteur.
# écrit le 07/03/24


Comédie: Le Vertige

-Et tous chavirèrent... Superbe !
10/10

Pièce tout en finesse _ une comédie de moeurs qui vire au drame _ pour un quatuor de personnages. Les vérités se dé-scellent, éclatent et sautent au visage. Le final, annoncé d'avance, n'en est pas moins un couperet et une surprise. Les acteurs, jeunes, pêchus, sont plein de panache et construisent un grand moment de théâtre, de ces moments de vérité qui font les bonnes pièces et qui tiennent aux acteurs. Bravo. Le chauffage à blanc s' est fait progressivement. Ajoutons qu'au Théâtre de la Madeleine, plusieurs spectacles cartonnent en même temps, n'hésitez plus !
# écrit le 07/03/24


Seul(e) en Scène: Frank Henry dans Ni Fier, Ni Honteux

-Époustouflant
10/10

Étrange de se retrouver dans le beau décor canaille et chic de la Nouvelle Eve à Pigalle-soi-même, puis de comprendre assez rapidement que le très bon acteur qui nous raconte sa vie de gangster n'est rien d'autre que le protagoniste réel en chair et en os. Incroyable ! Ainsi va Frank Henry dit "Francus l'Armurier" à cause de son amour des pétoires et des flingues. On aura eu Jean Genet, écrivain, passé par la Centrale de Clairvaux ou encore Bernard Stiegler, philosophe, emprisonné huit ans pour braquage, on tient là encore un autre spécimen très émouvant, heureux et las. Car pour décourager les jeunots de suivre la voie, mais raconter toute de même sa vie épique, Franck raccroche, se met à table et raconte ses coups fourrés de génie , ses cavales et ses regrets. Il aura tout eu, mythique à 300 %, le pèse, les pépés, les pétards, les bagnoles. Avec un bagout plus vrai qu'Audiard tu meurs, et concédant sans souci que vingt ans de mitard, c'est vraiment trop, il se livre en raccourci . Pour ceux qui aiment Melville, on songe alternativement à Bob le Flambeur ou au mélancolique parrain Gu du Deuxième Souffle, le roman d'ailleurs d'un ancien repris de justice, José Giovanni. Frank Henry est magnifique sur scène, ce n'est sans doute pas ce qu'il cherchait, mais le fait est. Malin comme pas deux, on perçoit bien combien la vie n'est pas équitable pour tous, et comment, pris dans la petite délinquance et petite frappe gravissant les paliers du crime, Frank Henry s'en est sorti miraculeusement, brillamment, non sans saisir les bonnes étoiles quand elles apparaissaient. Une leçon de vie.
# écrit le 08/03/24


Comédie dramatique: Kroum l'ectoplasme

-Toute vraie vie est ailleurs
8/10

Spectacle prometteur au Théâtre Darius Milhaud , des réminiscences tchekoviennes pour ces petites scènes quotidiennes où jaillit sans fard et par à-coups de geyser l'ennui de vivre et l'existence intolérable. On survit, on fait semblant de ne pas crever, on meurt de ne pas vivre. Des temps morts empiètent cependant le spectacle, le faisant verser vers un amateurisme non abouti. Le rodage devrait effacer ces défauts facilement. Le personnage principal en tenue débraillée n'est pas un plus, par exemple, parmi les autres plus typés et composés. C'est un peu nonchalant , ou alors il faudrait accentuer vraiment théâtralement son côté ectoplasmique à la Michaux. Je souhaite bonne chance à cette pièce existentialiste sur le problème d'être né, et au mauvais endroit.
# écrit le 21/03/24


Spectacle musical: Miss Badessa : La diva dragmatica

-Elle vous attend
10/10

Diva badessa Divertissement hilarant complètement roboratif, allez-y vous remettre en forme. La Diva est bonta divina et vous décochera trilles, anecdotes salées et conseils sur un ton amorosa. Beau répertoire musical , et pianiste succulent sur son Gaveau aux sons uniques qui nous entraîne de Purcell aux chansons de cabaret. Un très beau St-Saëns au passage et notre Dalila/Dalida survoltée. Alléluia.
# écrit le 23/03/24



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