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Ses critiques



37 pages de résultats
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Théâtre contemporain: Au coin de la rue, la boulangerie

-La vie musique
8/10

Pièce très intéressante au Théâtre Essaion. Peut-être l'angoisse des premières car les acteurs Véronique Soufflet et  Philippe Tarabay m'ont semblé en surjeu, lui en Monsaingeon confit d'admiration et elle, Nadia, figée dans la grandeur de la grande dame de la musique. À ce qui pourrait être une causerie décontractée au coin du feu entre deux idolâtres enfiévrés de la musique se substitue un pur débat d'idées manquant un peu de sel et de disparate. Il n'empêche, les reflexions de Nadia Boulanger sont d'une grande perspicacité musicale et valent à elles seules le déplacement, faisant preuve d'une étonnante ouverture d'esprit et d'une Passion sans faille. Amoureux de la musique, cette conversation est pour vous . On y apprend l'apprentissage de la liberté.
# écrit le 04/12/25


Comédies pop’: Une comédie romantique avec du cul !

-Presque tout est dans le titre
8/10

Très plaisante comédie, avec une fin étonnante, à la Comedy One, nouvelle salle parisienne près des Halles, reprenant le flambeau de l'ex-Théâtre des Déchargeurs complètement restauré. Ambiance très chill, on peut circuler du bar à la salle son verre à la main. Acteurs très bons, frais, drôles, libres dans des propos souvent crus et culottés (ou déculottés) et mettant en scène avec réalisme les hauts et bas de la vie de couple. Ça baise, ça réfléchit, ça s'envoie chier, ça se remet vraiment en cause en profondeur. Bon programme, mais avec des bons mots.
# écrit le 07/12/25


Comédie: Vincent, son mari et sa femme

-Faim d'amour
10/10

J'ai vu ce spectacle deux fois et il s'est encore bonifié. Les acteurs sont parfaits dans leurs rôles truculents, et la situation de trio amoureux, voire de quatuor, délectable et cocasse. J'ai beaucoup ri. Traité légèrement, le sujet n'en est pas moins fin, traitant des montagnes russes des pulsions amoureuses, des phantasmes explosifs, et des difficultés inhérentes aux longues relations. Des affinités pour les deux sexes rajoute une couche et du piment théâtral. Il faut venir savourer Jean Grimaud, Isabelle Hétier etPascal Ruiz à l'Essaion.
# écrit le 10 Janvier


Théâtre contemporain: Les monologues du vagin

-Aime-moi pour qui je suis, si différente de ce que tu crois
10/10

Chef d'œuvre au Studio Marigny, j'y allais avec un peu d'appréhension, craignant un texte un peu daté. Pas du tout, avec une scénographie sobre et efficace, trois femmes crient leur colère du si peu de cas donné à leurs parties intimes, si dévalorisé dans l'argot, reflet évidemment d'un monde où la beauté féminine suit des critères ...masculins. Et pas que puisqu'on nous assistons, sur scène, à une revigorante montée dans les tours d'une valorisation véhémente des attributs féminins, le divin clito, la pilosité, le ras le bol du make-up et de la poupée barbie, le plaisir vécu différement et qui veut être partagé en toute lenteur, comme une dénonciation post #metoo de la femme essentialisée comme objet , objet de la traquée, gibier, " gazelle " prise en chasse, proie des désirs sexuels (dès petite fille) et renvoyée outrageusement au "t'avais pas qu'à être aussi belle". C'est jouissif, c'est génial, trois nanas qui sortent de leurs gonds, bouteille à la mer pour une humanité un peu différente. À ne pas rater. Pourvu que je puisse envoyer ma fille ! Bravo à V (Eve Ensler, l'autrice) et les actrices Galia Salimo, Camille Léon-Fucien, Aurore Auteuil.
# écrit le 12 Janvier


Théâtre contemporain: On s'arrête là ?

-Arrêt sur image
8/10

Pièce pleine de fraîcheur avec deux jeunes actrices dont nous profitons des apartés par lecture des journaux intimes interposée . C'est drôle, presque ado dans la confrontation entre rêve américain et réalité. Le côté "l'aventure, c'est l'aventure" est génial avec frasques , fracas et tracas. La durée trop courte interrompt brutalement le charme. Ce ne sera pas du même coffrage que Thelma et Louise, Easy rider ou autre traversée épique des US. Avec un peu de rallonge, on aurait un très sympathique road-movie déjanté. Mesdames, encore un extra bonus en essence. Taille medium (le spectateur comprendra).
# écrit le 16 Janvier


Théâtre contemporain: 37 heures

-L'énormité
10/10

Très beau seul.e-en-scène d' Elsa Adroguer à la Piccola Scala dans un texte bouleversant dont je ne dévoilerai pas l'essence. La construction temporelle éclatée va de pair avec la recomposition d'un vécu de violences inouïes comme d'une galerie de personnages que l'actrice restitue à merveille. Le propos et le format de la pièce n'est pas totalement nouveau, mais ce n'est pas parce que ,par exemple, Élodie Navarre ("Prima facile", Théâtre du Petit Montparnasse), Eva Ramy ("Va aimer", Théâtre Lepic) ou Clarisse Fontaine (" Cette petite musique que personne n' entend", Théâtre des Mathurins) ont fait très fort sur un sujet comparable qu'il faut passer à côté de ce moment brûlant de vérité. Bravo !
# écrit le 17 Janvier


Comédie: Pyjama pour six

-Mari pas (encore) jaloux cherche amant pour sa femme
8/10

Divertissement impayable d'adultères croisés, un summum du n'importe quoi . Avec un jeu d'acteurs un rien moins tendu, on tient un chef-d'œuvre du genre. Ne vous privez pas de cette cure d'hypocrisie et venez applaudir le chaos bouffon traîtreusement exécuté par les comédiens de la Compagnie Folie Téméraire (Sophia Benazzouz, Jihane Bennani, Tom Da Silva, Océane Faivre, Fabien Merlino, Aymeric Naudé).
# écrit le 23 Janvier


Comédies pop’: Le Jeu de la Vérité avec Adil Rami

-Bon petit coup d'essai
8/10

Bonne pièce qui mériterait un jeu bien plus investi malgré des acteurs qui ne démeritaient pas, mais laissaient des blancs dans le jeu (souci des premières ?). Adil Rami s'en sort pas mal, a de bonnes envolées quand il lâche prise, et doit absolument continuer le théâtre. J'ai trouvé Manon Sachot excellente. L'argument rappelle celui de "Et si était-elle ?" , pièce très bien rendue dans plusieurs distributions au théâtre Montmartre Galabru ces dernières années. Le jeu y était d'une très grande intensité, voire brutale.
# écrit le 24 Janvier


Théâtre contemporain: Croire aux fauves

-Deux caractères d'ours
8/10

Spectacle en deux parties à la Scala St-Martin, la première en Russie avec une magnifique prestation d'acteurs réalisée avec une grande économie de moyens, on ne peut plus élégante. Du grand théâtre, ça dépote, on est en Sibérie, ambiance vodka, empire délabré , conditions extrêmes et Dersou Ouzala au coin de la rue . Une seconde en France qui traîne en longueur, s'éternise dans un propos New Age et chamanisme de bon aloi, et ce ne sont pas les acteurs, mais le texte qui plante. Enfin, on adhère ou pas. Ici , l'interprétation des évènements m'a laissé sceptique, mais pas du tout celle de Constance Dollé, Nathalie Cerda et  Miglen Mirtchev, parfaits dans leurs rôles multiples. C'est une pièce à voir ! Quant à Nastassja Martin, l'autrice , elle est une anthropologue et un détour s'imposera pour vérifier dans le livre si son propos est bien rendu ou pas. Qu'elle ait tenu tête peut être vraisemblable, peut se tenir, de là à un deal demande des explicitations dues à ce courant anthropologique de l'animisme moderne et que la courte pièce ne rend pas, ou par affirmations un peu abruptes.
# écrit le 24 Janvier


Théâtre: Rose Royal

-Vivre
10/10

Prestation bluffante d'Anne Charrier dans un scénario original qui prend à contrepied, la scène de l'action étant vue par deux narrateurs différents, la protagoniste et le commentateur, celle qui veut l'avenir, celui qui sait le passé. On est au cœur de cette femme qui veut vivre sa vie , malgré les déceptions et une certaine lassitude , et dont une dernière relation l'entraîne dans l' insoupçonnable (que je tais), révélateur d'une systémique et quasi sociétale indifférence à la valeur de la femme, à son indépendance, à sa valeur comme être propre alors qu'elle constamment recherchée, sollicitée, courtisée . La pièce met le doigt sur le paradoxe machiste, à chosifier la femme irremplaçable, incontournable, mais souvent ravalée au stade de poupée ou de vagin, d'objet de collection ou de standing ou chien-chien, le renvoi fait est celui de mâles malades, incapables psychologiquement et socialement de percevoir l' altérité de leur partenaire, super héros solitaires supportant en fait très très mal la solitude . Et, derrière, une asymétrie et une guerre fatiguée des sexes dans une société malheureuse, dés-affectée, apathique. À vous de découvrir la suite à la Pépinière avec le brio de l' actrice.
# écrit le 07 Février



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