Dessorties deslivresetmoi

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12 pages de résultats triés par
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Spectacle musical: Orgueil et préjugés... ou presque

-Classique ?
10/10

Orgueil et préjugés est probablement l'une des oeuvres les plus connues de la littérature anglaise, en l'occurrence écrite par Jane Austen. Impossible de savoir ce qu'elle penserait de cette adaptation mais le moindre que l'on puisse dire, c'est qu'elle a été modernisée. Et mise en musique ! Dans un esprit féministe qui tranche avec le texte initial, cinq comédiennes interprètent une ribambelle de rôles, allant évidemment du même nombre de soeurs à marier, mais aussi aux domestiques, à la mère, aux prétendants et à tout leur entourage. Le mariage les obsède tous autant qu'ils sont, mais c'est toujours plus simple sur le papier que de parvenir à le signer, devant le maire ou le curé... Accompagnées par une guitariste, elles chantent, dansent, nous offrent une magnifique version rock de cette histoire qu'elles rendent drôlissime, sans en dénaturer la teneur. Avec Johanna Boyé comme metteuse en scène, le succès était peut-être garanti, mais encore fallait-il s'entourer d'un bon casting : celui-ci est indéniablement de premier choix ! Et les Molières ne s'y sont d'ailleurs pas trompé, comme dans toutes leurs nominations 2025 : meilleur spectacle musical, oui, c'est bien légitime, et la récompense aurait été méritée. Mais laissons de côté notre orgueil et nos préjugés, l'important, c'est de... participer ?
# écrit le 16/08/25


Comédies pop’: Les Desperate Housemen se marient !

-Un discours !
8/10

Restés à l'affiche pendant de nombreuses années avec leur spectacle Desperate Housemen, nos trois comparses (l'un d'eux n'est pas d'origine) reviennent à la charge, mais cette fois avec un projet identifié et sérieux : ils se marient ! Enfin, pas tous, un seul, c'est déjà bien assez. Voire trop. Toujours la même solidarité entre eux, d'autant plus qu'elle peut s'avérer vraiment utile. Indispensable, en fait, tant ils ont de questionnements et de réponses à s'apporter les uns aux autres. Même avec le public, il règne un air de convivialité réglée sur une onde de haute fréquence. L'interaction est un maître-mot, d'ailleurs l'improvisation prend régulièrement le dessus, avec des sorties de route qui sont parfois à la limite de faire perdre le fil de l'histoire. Mais le public est heureux et rit, appréciant de faire partie du scripte écrit ou pas. Une chose est sûre : même sans connaître quelles seront les prochaines aventures de notre trio de choc, on sait qu'on aura toujours envie de faire partie de la liste de leurs invités !
# écrit le 12/08/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com


Comédies pop’: Mur / Mure

-Chut chaudement
9/10

Pièce adaptée du film "Un peu, beaucoup, aveuglément", "Mur Mure" se passe (muraille) en huis clos ou presque, puisque deux lieux principaux sont mis à l'honneur, séparés par un mur peu épais. Séjour coquet avec lumière individuelle, (ré)chauffage collectif et bruit traversant garanti. Ne pouvant d'abord pas se supporter, nos héros, incarnés par le bougon mais délicieux Clovis Cornillac et Laurence Arné dans un rôle d'ingénue au grand coeur, ne vont avoir d'autre choix que d'apprendre à se connaître... et à s'apprécier autant que faire se peut. Surtout lorsqu'on n'a que le son et pas l'image. Aidée de trois complices dont la brillante Lilou Fogli, également auteure du texte, la comédie prend vie dans un décor tournoyant, sans un moment de répit, avec simplicité mais originalité, et surtout dans une modernité appréciable, qui trouve le juste dosage. Comme quoi, la vie est un théâtre dans lequel il faut toujours soigner ses relations de voisinage !
# écrit le 01/08/25


Théâtre contemporain: Du charbon dans les veines

-Quoi, ma gueule ?
10/10

Fin des années cinquante. Les gueules noires. Rien que de les nommer ainsi, c'est tout de suite émouvant. Même sans avoir connu cette période, même sans avoir connu cette région. Le Pas-de-Calais et, plus précisément, le bassin minier, ça laisse des traces. Notamment sur le visage, dans le coeur, et donc dans les veines. Du charbon, ce n'est pas seulement ce qui entoure, mais ce qui compose la vie des mineurs. A plusieurs centaines de mètres sous terre, ils creusent, c'est leur seul but. Des galeries. Mais aussi, petit à petit, leur tombeau. Jean-Philippe Daguerre, qui s'était déjà illustré avec Adieu Monsieur Haffman puis Le petit coiffeur, signe une nouvelle pièce à succès. En l'occurrence, celle-ci ne lui procure pas juste une récompense mais une véritable consécration. Aux Molières, cinq nominations, cinq trophées : le hold-up du siècle. Mais inutile de porter plainte, il est hautement mérité. La preuve : Molière de l'auteur francophone vivant, du théâtre privé, de la mise en scène dans un spectacle de théâtre privé, mais aussi de la comédienne dans un second rôle pour la poignante et drôle Raphaëlle Cambray et enfin de la révélation féminine pour l'irrésistible Juliette Béhar. Sans oublier Théo Dusoulié, Julien Ratel mais surtout Aladin Reibel et le formidable Jean-Jacques Vanier, de grands crus que l'expérience a bonifiés. Question liquide, des larmes peuvent venir, qu'elles soient provoquées par la tristesse ou la compassion. Au nord, il y avait les corons. Sur scène, il y a de l'émotion. Mais biloute, que c'est bon !
# écrit le 24/07/25


Historique: Les Marchands d'Etoiles

-Splendide !
10/10

Nous en sommes en 1942, dans un atelier de confection de textiles. Si la pièce se passe en huis-clos, c'est peut-être pour symboliser l'occupation allemande. Les soldats contrôlent les va-et-vient, demandent des comptes, sanctionnent. Il y a des fois où il vaut mieux rester caché, que l'ont ait ou non des choses à dissimuler, et que ce soit par rapport à son activité ou, pire, sa confession. Le groupe de travailleurs, composé de membres d'une même famille et de quelques salariés, va passer par diverses émotions au cours d'une nuit interminable et bien sombre. Que Le Splendid porte bien son nom, en proposant cette sublime pièce. Ecrite par Anthony Michineau et mise en scène par Julien Alluguette, elle a su trouver son public en étant nominée quatre fois aux Molières, pour que la récompense tant convoitée soit finalement décernée au formidable Guillaume Bouchède, en tant que meilleur comédien du théâtre privé. Il faut dire qu'il endosse une sacrée responsabilité dans la dynamique du récit. Les marchands d'étoiles auront maintenant une autre portée symbolique : celle d'avoir vendu du rêve avec une constellation de talents.
# écrit le 14/07/25


Théâtre contemporain: Smile

-Les temps modernes
9/10

Faire du neuf avec de l'ancien, c'est un concept qui n'est pas nouveau mais reste toujours aussi alléchant, non ? Poussons le curseur un peu plus loin. Et si l'on transposait le monde du cinéma au théâtre ? Déjà vu ? Alors poussons le curseur beaucoup plus loin. Et si l'on reconstituait, sur les planches, les débuts du septième art ? C'est dans ce pari fou que s'est lancé Nicolas Nebot, à la mise en scène, pour réaliser la première pièce intégralement en noir et blanc. Smile est une expérience originale et délicate, donnant à voir (à reconnaître, presque) un Charlie Chaplin plus vrai que nature, qui joue (mime ?), sans parole, la reconstitution d'un épisode savoureux : la rencontre avec la femme de sa vie... L'ambiance, silencieuse, laisse place à une poésie qui inonde la salle, rend le public songeur, en proie à des rêves, peut-être d'un autre temps, en tout cas hauts en couleurs ! Souriez, ça fait tellement de bien de ne pas être pris pour des charlots...
# écrit le 10/07/25


Théâtre contemporain: Je suis la maman du bourreau

-Un agréable supplice
10/10

Quelle prestation offerte par Clémentine Célarié, qui a elle-même adapté et mis en scène le texte tiré du roman de David Lelait-Helo. On le sait, un seul-en-scène n'est pas chose aisée et, en règle générale, heureusement d'ailleurs, ce sont surtout les virtuoses qui s'y essaient. L'actrice, qui en la matière n'est pas novice, le confirme tout à fait. Abordant un thème difficile quoique trop commun, elle va retranscrire l'amour inconditionnel d'une maman qui aime son fils, à en avoir de légitimes oeillères. Elle lui a tout donné, à commencer par la vie. Mais lorsque la vérité éclate, son coeur en fait autant. Et c'est là qu'il faut qu'elle redouble de force, pour accomplir son devoir et faire le deuil du monstre qu'elle a enfanté. Tout est question de conception, en effet... Dans un décor épuré mettant l'attention sur la narration et la lumière sur la mère, la comédienne se pare de toute sa panoplie d'émotions et démontre une belle force de caractère, passant par la passion, l'admiration, la compassion, l'indignation. Une performance nette et complète, à laquelle viennent étonnamment s'ajouter une petite vingtaine de minutes, pratiquement de l'ordre du one-woman show, moment délicieux destiné à créer un petit "sas de décompression", dans lequel elle met ce qui lui reste d'énergie à faire redescendre la tension au moyen d'anecdotes savoureuses, brillamment comptées, débordant d'humour mais aussi d'amour. Un beau lien créé avec le public. Peut-être bien que les plus grands personnages sont portés par les plus belles personnes ?
# écrit le 05/07/25


Théâtre contemporain: 4211 km

-Ca en fait, du chemin...
10/10

Il est impossible d'évoquer cette pièce sans commencer par en expliquer le titre, qui place immédiatement le cadre et l'ambiance à partir du moment où l'on sait que 4211 kilomètres, c'est la distance qui sépare Paris de Téhéran. Voulant relater à la fois une histoire familiale tout comme celle de son peuple, Aïla Navidi retrace un parcours exceptionnel et rend le plus bel hommage qui soit à ses parents, qui ont dû quitter leur patrie lorsque la situation devenait critique, que leur tête était mise à prix pour des raisons qui paraissent inacceptables, alors que leur projet était d'élever un enfant : trop d'incertitudes pour des étapes de leur vie qui devenaient inconciliables. Quitter une révolution pour rejoindre le pays de la Révolution ? Oui, c'est la France qui a été leur refuge, terre d'accueil, certes, mais bien éloignée en tous points de leurs racines. Dans ce récit qui aurait pu tout aussi bien s'intituler 4211 petits mouchoirs, l'émotion est à son comble. C'est toujours d'une intensité extrême, quand on fait le parallèle entre une époque censée être révolue et semblant pourtant si proche, voire actuelle... Le chemin parcouru, c'est aussi celui de la troupe, qui a décroché deux récompenses aux Molières 2024, pour le meilleur spectacle de théâtre privé ainsi que pour la révélation féminine : une consécration ne pouvant qu'augmenter la portée du récit, lui qui mérite d'être largement diffusé. Pour la mémoire.
# écrit le 22/06/25


Théâtre Contemporain: Le Petit Prince

-Royal
7/10

Huitième livre le plus vendu au monde, Le Petit Prince est globalement connu de tous. Alors quand on le met en scène, on a le choix entre "juste" le raconter ; ou bien y ajouter quelque chose, d'original si possible. A La Scala, on peut s'attendre à une touche personnelle et en effet, dans ce dénommé seul-en-scène, la comédienne Hoël Le Corre peut en réalité compter sur un partenaire de premier ordre, à savoir l'écran. Un peu de technique, donc, qui ne vient pas dénaturer le texte mais au contraire procéder, en réalité augmentée, à quelques illustrations animées rendant grâce à l'oeuvre de Saint-Exupéry, elle qui repose justement sur de belles images que l'on a tous conservées en tête. L'univers pictural joue ainsi pleinement son rôle, en donnant, en quelque sorte, sa réplique à lui. Dès lors, rien de plus simple que de dessiner un mouton, une rose ou tout autre chose. Les pensées oniriques valent bien mieux que d'aller se faire une toile, mais lorsqu'elles s'impriment dessus, on n'a plus qu'à se laisser porter sur un petit nuage, comme dans un rêve bleu. Et l'on comprend pourquoi l'auteur, aussi aviateur, aimait prendre son envol, même lorsqu'il écrivait...
# écrit le 12/06/25


Spectacle musical: Black Legends

-Un spectacle coloré !
10/10

Black Legends, c'est tout un programme. Et pour cause ! Que l'on remonte aux année folles, au début du jazz, ou que l'on se dirige vers l'ère moderne qui n'est pas en reste, oui, évoquer la "musique noire américaine" ne permet pas de citer tous les illustres noms de groupes, chanteurs ou chanteuses ayant laissé une marque immortelle dans l'histoire musicale black. Même les légendes sont plus nombreuses que le temps du spectacle nécessaire pour les célébrer. En vrac, Prince, Whitney Houston, Michael Jackson, James Brown, Beyoncé : soyez francs, comment voulez-vous résister ? A vous lever, chanter, vous trémousser, onduler, taper dans vos mains ou ne serait-ce que remuer le bout du pied ? Le choix des chansons vous y incite, naturellement, mais c'est surtout leur interprétation qui est remarquable, grâce à une troupe à l'énergie incroyablement communicative (bien que l'on sache ne pas pouvoir reproduire le dixième de ce qu'ils envoient). Tout est joliment chorégraphié pour un résultat vif, esthétique et entraînant. Le cadre de Bobino est tout à fait approprié pour que l'ambiance de la salle soit explosive, au point d'avoir déjà reprogrammé le spectacle, qui circulera encore dans d'autres contrées, afin de partager la chaleur de ses couleurs et demeurer un événement légendaire.
# écrit le 24/05/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com



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