Des hommes endormis

Icone d'applaudissement 7/10 (5 avis) 1 h 20 min
Athénée - Théâtre Louis Jouvet
Théâtre Contemporain Couple
Tout public
Des hommes endormis
Icone d'applaudissement 7/10 (5 avis) 1 h 20 min
Athénée - Théâtre Louis Jouvet
Théâtre Contemporain Couple
Tout public

C'est la nuit chez Julia et Paul, la cinquantaine, deux brillants universitaires totalement voués à leurs carrières.

Alors que Julia parle à Paul du vide qui a envahi leurs vies et de son absence de désir, sa nouvelle collaboratrice Joséfine et son compagnon Tilman sonnent à la porte...

Créé en 2018 pour la troupe du Deutsche Schauspielhaus à Hambourg, Des hommes endormis est une oeuvre de Martin Crimp, auteur qui aime explorer la violence du monde contemporain avec une cruauté tranchante et un humour dévastateur. À la mise en scène, Ludovic Lagarde propose une étrange nuit, entre rêve et réalité. Un texte puissant dans une traduction en français d'Alice Zeniter.

Création à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Lire la suite Pour tout public Langue : français

La distribution du spectacle ✨

Des hommes endormis, les avis spectateurs

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  • 8/10

    Un théâtre implacable qui diffuse trop lentement

    Cette pièce agréable à suivre m'a donné des problèmes de compréhension, d'où mon laïus un peu étoffé. Les hommes, pourquoi les hommes ? Question qui vient, les femmes seraient-elles plus éveillées dans la pièce ? Or celle-ci m'a donné une impression de flou cotonneux avec des contenus latents qui avaient du mal à s'exprimer et/ou qui ne sont pas assez exploités . La note d'intention du metteur en scène brouille la lecture en proposant une interprétation - les jeunes choisiraient la résistance, au contraire de leurs aînés - qui n'est pas la seule qu'on puisse avoir du texte. Il y a un peu de tout dans cette heure trente à l'Athénée, des couples dont on ne sait pas grand chose , s'ils s'aiment furieusement, ou maladivement, ou silencieusement, ou s'ils se détestent. Les jeunes ont l'air plus vifs, peut-être plus naïfs, en tout cas deux générations s'observent sans avoir les mêmes paradigmes, mais avoir l'avis les uns des autres semble cependant important , peut-être même le sujet de la pièce, et fait tout ce face-à-face nocturne étrange où l'on se toise au propre comme au figuré (qui fait mieux que ?), mais jusqu'à un certain point. Est-ce un désir de filiation et de continuité chez les plus vieux, un refus d'identification et de ressemblance chez les plus jeunes ? Un test pour se frapper à l'aune de l'authenticité ? À un moment stratégique, la jeune femme frappe l'homme aîné, qui s'auto-declare indestructible, à sa demande. Le spectateur pressent qu'il doit y avoir une énorme symbolique, le sang coule, mais , de même, la signification de cette scène reste flottante , devant la nonchalance du blessé. Alors ? Masochisme, jemenfoutisme, test de puissance, déni de vieillesse , envie d'un enfant rebelle ? L'homme blessé ne laisse pas de réponse évidente au geste provocant mais provoqué de la jeune fille, sinon une mollesse qui l'a renverrait, elle, par contraste à une hyper violence incontinente et incontrôlée. On pourrait y lire aussi une opposition démission versus gniaque, mais tout aussi bien vieux renard versus jeune chien. Il reste surtout sur scène une éruption de violence , et son évacuation, ce qui laisse perplexe. Les couples s'équilibrent sans qu'il y ait de bons ou de mauvais, le sens en pâtit, mais, après tout, le théâtre de Crimp est peut-être plus dans l'atmosphère, l'émanation que dans la désignation directe. À un autre moment charnière , la femme mûre s'étend sur la surcharge mentale des femmes en ce qui concerne l'éducation des enfants , qu'elles prennent à bras le corps alors que leur charge professionnelle de travail égale à celle de hommes. Ce discours est reçu dans un vide où l'on croit deviner surtout l'épuisement professionnel de tous les personnages. Cette remarque était-elle alors à caractère féministe chez Crimp ? L'aînée veut en prévenir sa cadette, sa fille symbolique, puisque présentée comme hyper brillante , laquelle ne lui répond pas ou esquive. S'ensuivra un ballet étrange où la mécanique du face-à-face et des certitudes part en morceaux. L'aînée a tout sacrifié à sa carrière et se justifie de ne pas avoir eu d'enfants, et sa cadette enceinte, qui lui donne du respect hiérarchique et est sa dauphine putative dans le même emploi exténuant, l'observe craquer devant les coups bas du patron. La critique me semble plus sociale , avec un tableau général dépressif. De manière plutôt inattendue, le mari de l'aînée sera bien plus réconfortant avec elle que la description qu'elle en donnait laissait augurer, celle du carcan inanimé d'un couple usé mais qui a "réussi" . En face, le couple des deux jeunes n'a pas l'air si battant,, si "opposable" , entre drogue , alcool et hyper violence. On sent bien que le moteur de la pièce réside dans l'invitation à se voir entre couples, une sorte d'appel qui est aussi un appel à l'aide, entre démonstration cynique auto-suffisante et perdition qui se cache à peine, mais en tant que spectateur intrigué, j'ai souvent perdu le fil. Dans ce climat nébuleux où les personnages se trainent comme sous un temps de mousson, j'ai trouvé les acteurs bons, particulièrement la jeune Hortense Girard. À vous de voir.

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  • 10/10

    Chef d'oeuvre incontournable ! :-)

    Trop content d'avoir découvert cette pièce, avec ses dialogues acides mais succulents servi par une interprétation savoureuse, de la crème de la crème, bref j'ai fais de gros effort pour ne pas m'éclater de rire afin de ne pas déranger mes voisins de siège (et éventuellement dénoter d'une ambiance sombre), car bizarrement ce texte lourd et dramatique a déclenché chez moi un état d'hilarité sans pareil !!! 🤣 🤣 🤣 🤣 🤣 Je ne peux que recommander cette pièce à tous ceux qui ne craignent pas l'effet miroir.....et qui par ailleurs m'a rappelé (de loin) le style pintérien, voir de l'humour anglais (pisse froid) :red Allez, arrêtez de réfléchir et courrez y ! :ty:

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  • 8/10

    Un rêve cauchemardesque

    J'ai vu ce spectacle hier, car je suis très fan de Laurent Poitrenaux. Malgré les avis plutôt en demi-teinte d'un ami l'ayant vu la semaine dernière, j'ai été agréablement surpris. Laurent Poitrenaux est excellent, il interprète à la perfection un personnage en apparence aimable et nonchalant, mais qui cache un tas de vermine mal conservé. Vraiment admirable lorsque l'on aime détester des personnages. Le reste des comédiens est également très bons. Alors oui, la pièce part un peu dans tous les sens ; il faut certainement la prendre comme une tranche de vie, ou plutôt une tranche de rêve, sans début ni fin, et surtout sans se prendre la tête à chercher une explication autre que "ces personnages sont en train de vivre dans un cauchemar, rien n'est réel".

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  • 4/10

    Long

    Une pièce ou on peine à comprendre les personnages, l’histoire et la raison d’être de la pièce. Une scénographie intéressante mais une histoire flou qui laisse les spectateurices dans l’incompréhension.

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  • 6/10

    Vide ...

    Paul et Julia intellectuels bourgeois sont installés dans un lieu mi- bureau mi-salon, presque sans meubles ; juste un balcon derrière une vitre opaque. Ils comme anesthésiés par un quotidien dénué de désir ou de plaisir. Pas d’enfant, pas de jouissance ! En pleine nuit, horaire improbable, ils ouvrent leur porte à la nouvelle assistante de Julia, Joséfine et à son compagnon Tilman, jeunes, amoureux, sensuels. Christèle Tual et Laurent Poitrenaux. Hortense Girard et Guillaume Costanza. Les comédiens parlent, boivent, se frappent aussi ... sans que l'action progresse ! Puis, les femmes restent seules car les hommes disparaissent ... symbolique demeurée obscure pour moi, féminisme ou antipatriarcat ? Cette pièce m’a laissée perplexe, dans l’incertitude face à l’incongruité dont je n’ai pas perçu vraiment la pertinence.

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