Servie par 3 comédiens d'une efficacité juste et sensible, courez voir cette pièce unique. Drôle, poétique, précise, absurde et réaliste, théâtrale Les p'tites cases est un un p'tit bijou !
Avis et critiques : Les p'tites cases
10 avis
Démontrer l'absurdité de nos administrations, c'est un sujet qui m'attirait particulièrement. Ça va un peu plus loin que cela mais je ne dévoile rien. Allez-y ! Ça vaut le coup, c'est bien écrit, c'est bien joué et la mise en scène est fine comme de la dentelle.
Très belle pièce, très dessinée visuellement et très touchant !
Voyage dans le monde de la bureaucratie et ses absurdités. Excellent jeu des trois comédiens.
Excellent spectacle, qui parle de la difficulté de faire reconnaître son handicap, très bons comédiens. On rit beaucoup aussi .
Un malentendant se rend dans un bureau officiel pour obtenir un certificat, mais il se trouve très vite confronté à l’absurdité du système bureaucratique. On est d’abord séduit et saisi par cette situation banale, qui nous est commune à tous, et l’on rit en nous voyant représentés ainsi sur scène, perdus, affolés. Mais - hélas - les deux agents administratifs sont un psychiatre et son assistant, et la pièce verse alors dans une satire de la psychanalyse, de son jargon, de ses axiomes. On rit moins, le texte paraît soudain vieillot, l’ironie déjà vue. Dommage pour la mise en scène au métronome de Jean-Claude Cotillard et pour les trois comédiens si présents, constamment sur le vif.
Les tribulations d’un ouvrier malentendant aux prises avec la bureaucratie d’une administration qui, au lieu de lui venir en aide, le conduit en absurdie. Sommé d’entrer dans de "p’tites cases" au mépris de son intelligence, voire de son humanité, le personnage écrit et incarné par Joël Chalude trouve pour seules issues, l’humour et l’autodérision. Il donne aussi une sacrée leçon quant au respect dû à l'autre, surtout s'il est différent. Enfin, grâce au talent de ces deux complices de scène, Eliot Jenicot hilarant psychiatre et Benoît Cassard son surprenant assistant, on rit ... dans l'empathie ! D’autant que ces situations sont fréquentes, quel que soit notre statut, handicapé ou non. Le théâtre ici trouve toute sa valeur cathartique, jusqu'à la chute totalement inattendue... un spectacle à voir !
Dans cette comédie hilarante à l'humour absurde sur les ravages de la bureaucratie administrative, la question essentielle n’ est peut être pas d’ entendre, mais d’ être entendu. N’ est peut-être pas sourd celui que l’ on croit… ?C’est Joël Chalude qui porte ce projet avec brio. Sourd de naissance et formé à l’école du mime Marceau, cet artiste que l'on a découvert dans Les Enfants du Silence aux côtés d'Emmanuelle Laborit — signe ici une œuvre profondément humaine, tendre, aussi drôle que touchante. ?On rit de l'absurdité du système, on se régale de la justesse du jeu des comédiens, avant d'être cueillis par une fin totalement étonnante et inattendue. Bravo !!
CHAPEAU BIEN BAS AUX TROIS EXTRAORDINAIRES COMEDIENS le psy, l’employé administratif (incroyables de sérieux appliqué dans l’absurde infini) et le formidable « sourd » patient jusqu’à l »indicible..un régal! et pas un cri, à suivre calmement zygomatiques en permanence au travail! dire que cela pourrait (presque) être vrai!
Moyen. L idée de départ est bonne et aurait pu aboutir à une pièce comique de qualité . Mais malheureusement, passé la première partie qui est prometteuse, la seconde partie part dans un délire peu compréhensif et franchement ennuyant . Le final l explique mais c'est trop tard. L acteur principal est très bon.
5 critiques
Voilà une thématique originale – la place du handicap auditif dans la société – qui, présentée sur un plateau, permet à chacun de jauger de l’absurdité de nombreuses procédures labyrinthiques de l’administration. Les trois comédiens sont excellents, mettant l’absurde et l’humour sur un haut piédestal. Coup de chapeau à Joël Chalude (de son vrai nom de famille Szaludowski), malentendant de naissance, affichant sur scène une présence criante de vérité et pour l’écriture de son texte à l’humour grinçant où se culbutent quiproquos et malentendus. Difficile de ne pas penser à Eugène Ionesco, Samuel Beckett ou encore Georges Courteline et son très fameux Messieurs les ronds-de-cuir. Les situations sont si riches de véracité.
Une belle leçon de ténacité pour les malentendants et d’écoute pour les autres.
Jean-Claude Cotillard a parfaitement dirigé ce magnifique trio. Toutes les actions, physiques comme verbales, sont réglées avec une grande maîtrise. Même les silences trouvent leurs places. Les nombreuses pauses-café, les ouvertures et fermetures de la porte rythment les scènes à la manière des films burlesques. Cotillard le sait bien, le monde étant absurde, la poétique est d’en rire.
Dans cette ode étrange célébrant les difficultés de compréhension entre sourds et entendants le sobre décor et l'environnement sonore dégagent un fort pouvoir suggestif notamment à travers l'amusante réapparition des personnages poussant la porte entre deux pauses café, comme quittant le connu pour l'inconnu… Sur une tonalité entre chien et loup de conte absurde Les p'tites Cases scrute nos réactions face à l'inconnu.
Jean-Claude Cotillard signe une direction d’acteurs remarquable. (…) Le travail sur le corps impressionne particulièrement. (…) L’interprétation des trois comédiens emporte l’adhésion. Leur complicité crée un rythme vif et palpable et révèle une vraie joie de jeu à chaque instant. Joël Chalude apporte au personnage de l’ouvrier-demandeur une densité mêlant détermination et sensibilité. Elliot Jenicot, que nous retrouvons avec un vif plaisir, campe un psychiatre sûr de ses outils conceptuels. Sa rigueur feinte et fragile accentue le décalage comique tout en laissant surgir la poésie de son geste et de sa présence. Benoît Cassard, l’assistant, s’installe dans le duo avec Jenicot avec une énergie subtile, comme le Clown blanc avec l’Auguste. J’ai aimé la générosité de cette proposition. Elle transforme la rigidité des cadres en terrain d’invention théâtrale et rappelle, en se gaussant, que derrière chaque case à cocher peut se cacher une matière théâtrale riche, fertile, attachante et drôle.
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