Avis et critiques : Tout est calme dans les hauteurs
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La mise en scène épurée et inventive de Jean-François Sivadier laisse toute sa place au texte servi par les brillants Norah Krief et Nicolas Bouchaud. Ils nous emportent dans un tourbillon théâtral jubilatoire. Thomas Bernhard pilonne l'arrivisme, le narcissisme, la suffisance des parvenus, le racisme et l'antisémitisme. C'est drôle et glaçant. Un spectacle à ne pas manquer.
Un écrivain encensé et sa femme. Tout le principe de la pièce repose sur le caractère ridicule de ces deux personnages prétentieux. Souligner leur vacuité pour mieux dénoncer leur idéologie abjecte aux remugles nazis. Thomas Bernhard est bien sûr féroce. Norah Krief et Nicolas Bouchaud en font des tonnes et cela a un sens. On peut s’en lasser car cela dure jusqu’à l’indigeste. Peut-être cela était-il nécessaire pour faire ressortir, par contraste, les deux scènes clés de la pièce : celle où, entre tarte et salade, le couple énonce, d’un ton badin, ses pires préjugés antisémites et, à la fin, celle où le « maître » donne lecture de son œuvre - ou comment le maître écrivain (le vrai, Thomas Bernhard) s’est amusé à écrire comme un pied pour mieux dézinguer son personnage.
Ce "Meister" collationne les thèmes chers au dramaturge autrichien, Thomas Bernhard, revisité par J.F Sivadier, et nous emmène en absurdie ! Chez ces pseudo intellectuels, bourgeois suffisants et bouffis d'orgueil, le ridicule le dispute à la bassesse. À l’acmé du spectacle : le repas où la logorrhée du couple distille un antisémitisme ordinaire, dans cette belle demeure, bien juif spolié sans doute, comme les tableaux du décor. Nicolas Bouchaud, Moritz, et Nora Krief, Anne, excellent dans la parodie assassine. Juliette Bialek, doctorante emoustillante et Frédéric Noaille, tour à tour journaliste et éditeur, sont brillants. À côté de la musique classique allemande, un clin d’œil musical édifiant, Da Da Da ... jubilatoire ! On peut rire ... jaune ... car la banalité du mal reste d’actualité ! Hélas !
Histoire incompréhensible basée sur la répétition de mots du début à la fin de la pièce. Mortel !
Cette pièce se veut une critique ironique des élites intellectuelles, mais reproduit pour ce faire les mécanismes précis qu'elle dénonce, sans aucun contrepoids.