Ses critiques -Un texte difficile à monter 6/10 (Spectacle vu à Ivry le 3 février 2024) Je n'avais jamais vu de pièce de Peter Handke. Ce que j'ai vu à Ivry m'a laissé un souvenir mitigé et je ne saurais dire si mes préventions seraient ou non les mêmes avec une autre mise en scène. À Ivry, le spectacle commence par un prologue dans le magnifique hall de la Manufacture des Œillets. Ce prologue m'a semblé assez réussi, une belle scène d'exposition. La spectacle continue ensuite dans le Lanterneau, la petite salle du TQI. Et là a commencé pour moi un long tunnel d'ennui, où se succèdent de longs monologues poétiques et des scènes qui n'apportent que peu à l'action principale de la pièce. On retrouve un peu de théâtralité au cours de la dernière heure du spectacle avec le rôle de la vieille dame puis quand les trois membres de la fratrie et les villageois se retrouvent ensemble sur scène et même avec la (très) longue péroraison philosophique de la fin. Cela fait en tout 3h20 d'une écriture pas facile; il m'a semblé comprendre le propos de Peter Handke mais ce texte m'a semblé le plus souvent vraiment manquer de théâtralité. # écrit le 04/02/24
| -Elles sont Gréco 7/10 Le parti pris d'écriture de ce spectacle est de scinder Juliette Gréco est deux rôles, l'un montrant la facette intellectuelle de Juliette Gréco (interprétée par Elsa Canovas), l'autre le reste de sa personnalité (interprété par un homme travesti en Jujube, Geoffroy Rondeau), les deux se partageant l'interprétation des chansons et étant sur le grill devant un "inquisiteur". Cette séparation d'une personne en deux enveloppes constitue une idée intéressante, de même que la reprise de passages d'interviews de Gréco. J'ai apprécié d'entendre des chansons du répertoire de Juliette Gréco, de retrouver Gaël Sall après son rôle dans Ahouvi, ainsi que l'interprétation troublante de Geoffroy Rondeau. Le rôle confié à Elsa Canovas est plus en retrait et c'est dommage car ce spectacle aurait gagné à une tension entre ces deux Grécos. Tous comptes faits, j'ai passé une très bonne soirée avec ce "Je suis Gréco". # écrit le 04/02/24
| -Un huis clos d'une grande acuité 9/10 Cette pièce étant pleine de suspense, je ne vous révélerai pas la fin. Courez voir cette réflexion acérée sur la fin et les moyens face au péril environnemental. # écrit le 11/02/24
| -Encore mieux que le premier épisode ! 9/10 "En finir avec leur histoire", second épisode du cycle "Liliane et Paul", est encore plus réussi que le premier "Nos paysages mineurs". Un véritable petit bijou ! # écrit le 12/02/24
| Théâtre contemporain: Zoé -Émouvant 9/10 Jusqu'alors, pour moi, Julie Timmerman était un grand nom du théâtre engagé d'aujourd'hui, qui nous avait offert les excellents "Un Démocrate" et "Bananas (and Kings)". Avec "Zoé", nous découvrons un autre aspect de son travail, plus personnel, l'autofiction d'une comédienne fille d'une comédienne et d'un homme bipolaire, lui -même comédien aussi. Comme Zoé et sa mère, nous nous attachons à cet homme tout en réalisant qu'il est impossible de partager sa vie. Pour une fois, la théâtralité ne vient pas du partage par l'auteur avec le spectateur d'informations inconnues d'un personnage mais de l'identification à un personnage. C'est un procédé plus simple mais qui fonctionne tout-à-fait. # écrit le 15/02/24
| -Vinaver servi avec brio et précision 10/10 On ne peut bien évidemment pas réduire la pièce de Vinaver à son caractère de "pièce de procès"; pour autant, elle est aussi cela : une excellente pièce de procès qui captive de bout en bout. Elle nous donne aussi à voir combien toute oeuvre de justice est prisonnière de la morale de son temps. On comprend pourquoi Vinaver a attendu trente ans entre la collecte des articles de journaux sur l'affaire et l'écriture de sa pièce. Il emploie de nombreux retours en arrière qui viennent nourrir les mots prononcés au procès. Grâce à une grande fluidité dans la mise en scène de Matthieu Marie et dans le jeu des acteurs, cette structuration très particulière de l'écriture de la pièce de Vinaver ne constitue en rien un obstacle à la compréhension; bien au contraire, tout s'enchaîne superbement et l'on saisit avec une grande acuité le texte de Michel Vinaver. # écrit le 16/02/24
| -Sans humain à l'intérieur 8/10 Ce spectacle constitue un documentaire et, de fait, un réquisitoire contre les drones militaires. Il emploie tour à tour la grammaire du théâtre et celle du théâtre d'objets. Tous les passages ne sont pas égaux mais certains sont très forts. # écrit le 28/02/24
| Théâtre contemporain: Neandertal -Neandertal etc 8/10 Dans le même spectacle, l'Homme de Neandertal, Homo Sapiens, le séquençage du génome humain mais aussi l'identité juive, le conflit israélo-palestinien, un trio amoureux, un homme fâché avec son père, une femme atteinte d'une maladie dégénérative, etc... Voilà qui fait a priori beaucoup pour un même spectacle. Par moments, il m'est arrivé de regretter l'unité d'action des classiques. Mais ce qui rattrape tout, c'est à la fois que David Geselson a des choses très intéressantes à dire et aussi qu'il maîtrise remarquablement la mise en scène théâtrale. Je retiens notamment le traitement de l'aventure scientifique et celui du conflit israélo-palestinien. Celui des méandres amoureux des protagonistes ou de leurs autres difficultés personnelles et familiales est plus inégal, avec quand même une savoureuse et originale scène pour ouvrir le spectacle. # écrit le 02/03/24
| -Plaidoyer d'exilés contre le nationalisme, fort et émouvant 9/10 Tout dans l'histoire de ces comédiens les porte à être viscéralement opposés au nationalisme russe; l'exil les en a libérés. L'exil les porte aussi à regretter d'avoir laissé derrière eux ce qui les attachait à leur pays. De cette contradiction poignante et de leur maîtrise de la culture et de la grammaire du théâtre nait un spectacle fort et émouvant. ATTENTION ! IL N'Y A PLUS QUE 8 JOURS ! # écrit le 04/03/24
| -Molière indémodable et éternel 8/10 Au premier abord, on est un peu surpris par les premières chansons aux tonalités rap. Et puis, comme toujours, dès lors qu'on le respecte - ce qui est ici le cas - Molière nous donne toute la force de son théâtre. Comme Molière avant lui, Tigran Mekhitarian met en scène la pièce et joue le rôle d'Argan. On sent qu'il a finalement beaucoup de tendresse pour ce personnage qu'il incarne et pour celui d'Angélique, la fille d'Argan. J'avais apprécié T. Mekhitarian comme acteur dans "La vie devant soi" et dans "La Tendresse". Cette fois, je l'ai aussi apprécié comme acteur. Bravo ! # écrit le 15/03/24
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