Ses critiques
| 22 pages de résultats triés par | | -Une petite farce bien plaisante 8/10 L'argument de la fable du Roi poule est là pour souligner la vanité de la condition des puissants, ainsi que la cupidité et la bêtise de leurs courtisans. Cela posé, il s'agit d'une farce devant laquelle le spectateur est invité à lâcher prise pour s'esclaffer. C'est court (la bonne longueur, il n'y aurait pas matière à faire plus long), c'est bien joué, bien dansé ; allez rire ! # écrit le 19/01/25
| Théâtre classique: Iphigénie -Un bel écrin pour la langue de Racine 8/10 En début de pièce, certains acteurs ont un peu de mal à bien caler leur voix en articulant puis, assez vite, tous donnent le meilleur et nous offrent la belle langue de Racine et les tourments de ses personnages. La scénographie sobre et les éclairages tirent le meilleur de la belle scène de la " Salle en Pierre " du Théâtre de l'Épée de Bois, devenue un magnifique écrin. Allez-y vite, il n'y a plus que deux semaines ! # écrit le 12/01/25
| Théâtre contemporain: Limbo -Intéressant mais trop contenu 7/10 Avec des ancêtres mozambicains noirs et d'autres portugais blancs, Victor de Oliveira fait de son arbre généalogique un élément-clé du texte de son spectacle, à la recherche des traumatismes issus des cahots du passé et empreint du mal de vivre spécifique de la condition d'homme métis. Sa mise en scène a cherché à gommer tout pathos, espérant peut-être que le texte brut et neutre suffirait à faire naître l'émotion. Hélas, ce ton invariablement neutre nuit au message et le spectacle manque de relief, ce qui n'enlève rien à l'intérêt et la densité de ce qui est dit. # écrit le 11/01/25
| -De l’égalité des sexes 10/10 En 1725, Marivaux écrivait une comédie, " L'île des Esclaves ", dans laquelle un naufrage amène des rescapés sur une île où les rôles de maîtres et valets sont intervertis. En 1762, le compositeur vénitien Baldassare Galuppi et son librettiste Pietro Chiari adoptent un procédé très similaire dans leur opéra " L'Uomo femina ", à ceci près que, cette fois, ce sont les rôles des hommes et des femmes qui sont en jeu, l'occasion de remettre en question les inégalités de genre. On l'aura compris, le fond est des plus sérieux. Ce qui n'empêche pas la forme d'être légère et plaisante, avec une musique baroque réjouissante qui fait la part belle au clavecin et autres cordes pincées. Agnès Jaoui s'est emparée avec jubilation de ce bijou du XVIIIème siècle et nous livre une production enlevée. Deux cent cinquante ans après son écriture, cet opéra nous parle encore. Ce qu'il nous dit est donc encore pertinent. # écrit le 15/12/24
| -Folie, amour et mort 10/10 Élizabeth Czerczuk reste fidèle à sa démarche de théâtre chorégraphié. Amok n'est pas ici une référence au roman de Stefan Zweig mais a le même sens que dans celui-ci, à savoir qu'il désigne une forme de folie. La trame de base repose ici sur le mythe d'Orphée et Eurydice. Élizabeth Czerczuk nous livre – il me semble que c'est nouveau – un livret explicitant ses intentions et donnant le " déroulement du spectacle " en quatorze tableaux. Le lien entre ces tableaux et le spectacle n'est pas direct et explicite comme il l'est habituellement au théâtre mais plutôt celui qu'on trouve plus couramment dans la danse contemporaine. Orphée, Eurydice et les peuples des Enfers nous donnent une formidable histoire de folie, d'amour et de mort, magnifique ballet expressionniste. # écrit le 12/12/24
| -Un théâtre ancré dans son territoire et plein de vie 10/10 Les personnages de ce spectacle sont certes fictifs mais construits à partir de quatre années d'enquêtes et d'interviews menées par Carole Thibaut dans la région de Montluçon, le Bourbonnais. On y retrouve son intérêt pour les combats des femmes et pour l'histoire ouvrière. S'y ajoutent des histoires de paysans et d'hommes de théâtre. Le spectacle commence par un récit en voix off, illustré par le jeu des comédiens sur scène. Peu à peu, la voix off laisse la place au jeu des comédiens, dans une théâtralité pleine de vie. C'est émouvant, c'est intéressant et cela résonne dans les coeurs des spectateurs. # écrit le 12/12/24
| -Magistral, extraordinaire, époustouflant ! 10/10 J'ai vu de très nombreux spectacles, dont quelques dizaines vraiment excellents. Parmi eux, j'en compte un nombre extrêmement réduit d'une qualité proprement sidérante. J'y inscris désormais sans hésiter " Le ring de Katharsy ". Politiquement, cette dystopie aux allures de jeux vidéo constitue une satire de la société de consommation et de compétition. Formellement, ce théâtre aborde des rivages inconnus, à la façon d'une démarche qui a cessé d'être expérimentale et a atteint un plein niveau de maîtrise. # écrit le 09/12/24 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| Théâtre contemporain: Esquif -La mer m’a tout juste effleuré 6/10 Le spectacle est annoncé tout public. Mon avis est celui d'un adulte et il n'est pas exclu que j'aurais pu le recevoir différemment quand j'étais enfant. Écrire sur l'Ocean Viking peut sembler une gageure quand on veut être accessible aux enfants sans heurter leur sensibilité. On sent qu'Anaïs Allais Benbouali et Amandine Dolé avaient ce souci en tête en concevant ce spectacle. Tellement en tête qu'elles ont enrobé le sujet dans une fort épaisse couche de ouate et qu'on a du mal à l'y retrouver. Il y a deux personnages sur scène : le bateau Ocean Viking et la Mer. La scène d'exposition passe beaucoup de temps à nous présenter ces deux personnages et très peu à présenter le sujet du spectacle. Puis vient un temps où le spectateur est invité à mettre un masque qui occulte son regard et à s'ouvrir à son imagination. Nous voilà donc sans rien voir. Hélas, on est très loin des émotions fortes du théâtre radiophonique d'autrefois. Privés de la vue et anesthésiés par une voix douce et monocorde, on n'est pas loin de la séance de relaxation et, s'il y a un message dans le texte, il ne passe pas du tout. Retour à la vue pour la dernière séquence, avec du théâtre d'objet plutôt bien réussi pour le débarquement des rescapés. Mais cette dernière scène et le bel accompagnement au violoncelle du personnage du bateau ne suffisent pas à effacer l'impression générale : le sujet est tout juste effleuré. # écrit le 08/12/24
| -Une belle et sobre émotion 8/10 De Marine Bachelot-Nguyen, j'avais apprécié " Nos corps empoisonnés ", déjà aux Plateaux Sauvages. Ce magnifique lieu culturel du quartier des Amandiers, dans le XXème arrondissement de Paris, nous présente aujourd'hui " Les deux soeurs ", de la même autrice, pièce moins engagée mais tout autant enracinée dans l'histoire du Vietnam. Océane Mozas, elle aussi riche d'une double culture vietnamienne et française, l'a faite totalement sienne. Elle nous y fait le récit de la vie de deux soeurs, grand-mère et grande tante de l'autrice narratrice, et le relie à celui de la vie des deux soeurs Trung, héroïnes devenues légendaires. Océane Mozas nous livre un récit sobre et posé; sobre mais non sans émotion; posé mais non sans rythme. C'est beau, c'est simple, c'est émouvant. # écrit le 02/12/24
| -Pour le plaisir d’entendre Marivaux 9/10 Françon nous livre Marivaux, tout Marivaux, quasiment rien que Marivaux. Sa mise en scène met en valeur le texte mais aussi la performance de ses acteurs. Il place le tout dans un décor un peu trop conventionnel pour être remarquable mais assez astucieux pour permettre cachoteries et dissimulations. Guère de surprise dans cette mise en scène ; mais est-ce bien gênant ? On a Marivaux, avec sa belle langue, ses manipulations et son sens de la théâtralité. C'est déjà vraiment très bien. # écrit le 28/11/24
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