Ses critiques -"à Moscou" inaudible ? / Tchekhov quand même 7/10 Tchekhov est un auteur à l'oeuvre fragile et il est facile de le rendre ennuyeux ou de le dénaturer. Tel n'est point le cas de la mise en scène de Julie Brochen, grande connaisseuse du maître russe. Dans sa version des Trois Soeurs, les tensions entre personnages sont moins feutrées que dans d'autres mais Tchekhov est respecté, ni dénaturé, ni ennuyeux. Pour autant, je suis un peu resté sur ma faim. Le programme distribué aux spectateurs, mais aussi le prologue vidéo et l'épilogue vidéo donnant la parole à Ariane Mnouchkine en héroïne théâtrale soutenant l'Ukraine contre l'envahisseur russe nous promettent une nouvelle lecture des Trois Soeurs. Je dois admettre que je ne l'ai pas perçue dans la pièce qui nous était donnée, ne voyant pas en quoi cette fin de règne russe pouvait nous en annoncer une autre. # écrit le 15/09/24
| -Une construction confuse pour une pièce qui donne la part belle aux acteurs 6/10 (Spectacle vu à Aubervilliers en septembre 2024) Il s'agit des Atrides mais le spectacle de Jean-François Sivadier n'a rien d'une tragédie racinienne. Il s'agit plutôt d'un joyeux mélange des genres, entre farce et tragi-comédie, dont le principal intérêt est de permettre à cette troupe de jeunes acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes et, probablement, d'y prendre un grand plaisir. Sivadier est un grand professionnel de la mise en scène mais aussi de l'écriture théâtrale. Il voyage ici dans tous les registres de de la langue française, de la plus triviale à la plus soutenue, en passant par un savoureux subjonctif de cuisine. On prend plaisir à assister à ce spectacle. Malheureusement, au fil de la représentation, ce plaisir s'émousse en raison d'une construction confuse : on commence par découvrir la deuxième génération des Atrides, celle d'Agamemnon et Ménélas et de la Guerre de Troie. Puis on revient en arrière, à la première génération, celle d'Atrée et son frère Thyeste. Après l'entracte, s'entremêlent l'histoire de la troisième génération, celle d'Iphigénie, Oreste et Electre et une pièce de théâtre jouée par des ringards et consacrée à Agamemnon et Clytemnestre. Tout cela est bien confus et je reconnais avoir décroché et suivi d'un peu loin la péroraison finale consacrée au théâtre. # écrit le 22/09/24
| -Quelle était l’intention de l’auteur ? 5/10 La lecture de la note d'intention de Baptiste Amann m'avait convaincu de la complexité de sa démarche, sans vraiment m'éclairer sur elle, mais l'avant-propos projeté au début du spectacle (" Ceci est la reconstitution bien réelle d'évènements absolument fictifs... ") avait émoustillé ma curiosité, me donnant envie de découvrir une belle exception à la maxime de Boileau sur ce qui se conçoit bien et s'énonce clairement. Le désir de dévoiler le mystère de ce qui relie les quatre lieux de l'action de la pièce m'a tenu en haleine un certain temps. Las, le metteur en scène abuse des passages où les comédiens jouent sur un fond musical tonitruant, voire assourdissant, des scènes sans texte qui, à une exception près (la lutte entre policier et suspect dans les sous-sol du commissariat), n'ont aucun sens évident pour le spectateur. En fin de spectacle, plusieurs personnages clés nous livrent leur vérité dans des monologues plus ou moins clairs. On comprend ceux des proches de la victime et de l'accusé. D'autres, notamment celui d'Indra, m'ont semblé par contre totalement abscons. Dans l'entretien livré aux spectateurs avec la note d'intention, on apprend qu'Amann revendique une " dramaturgie de l'irrésolu ". Si je peux comprendre qu'il veuille laisser le spectateur libre de se faire une opinion après l'exposition d'une problématique, je dois dire que je suis reparti de ce spectacle sans avoir identifié quelle était la problématique dont B. Amann souhaitait nous saisir. # écrit le 25/09/24
| -Très inégal 6/10 Sept chorégraphies de sept minutes, fort inégales, qui n'ont pas toutes parlé à mes émotions. J'en sortirai deux du lot : " Life in Lycra " expose le rapport de force entre un chorégraphe et un danseur. Cette pièce est pleine d'humour. " Dance me " est un joli duo plein de charme sur " Dance me to the end of love ". C'est tout ; le reste, au mieux, m'a laissé indifférent, voire m'a bien ennuyé. # écrit le 10/10/24
| -Besoin de mots qui sauvent des vies 9/10 Le spectacle commence par une citation : " Aujourd'hui, nous n'avons besoin que de mots qui sauvent des vies. " Voilà qui forge l'urgence et la nécessité de ce spectacle, qui constitue un geste politique authentique et fort mais aussi un grand geste artistique. # écrit le 15/10/24
| -Intéressant mais confus 6/10 Comme il l'avait fait précédemment sur un autre sujet politique -le fascisme – , avec Edelweiss France fascisme, Sylvain Creuzevault m'a, avec son Banquet Capital, intéressé sans toutefois parvenir à me délivrer un message clair. Il nous donne envie d'en apprendre plus sur la révolution de 1848, sur les désaccords au sein de la gauche à cette époque, sur le procès de Bourges mais aussi sur la théorie économique de Marx, sans parvenir à être vraiment didactique, brassant nombre de sujets différents sans établir vraiment de lien clair entre eux. Par ailleurs, le dispositif bi-frontal, s'il est adapté à une scène de banquet, rend difficile la clarté du propos des comédiens lors des scènes de dispute. Alors, on ne s'ennuie pas mais on repart de ce banquet avec un sentiment de confusion qui domine. # écrit le 19/10/24
| -Peu accessible 5/10 Il est possible que ce spectacle soit accessible à des spectateurs connaissant de façon approfondie l'histoire et la culture lituaniennes. Tel n'est pas mon cas et je ne suis pas du tout entré dans ce spectacle, me contentant d'apprécier la virtuosité dans la manipulation des marionnettes à fil. # écrit le 20/10/24
| -Bel objet artistique non identifié 8/10 S'agit-il d'une pièce de théâtre ? d'un roman-photo ? du remake d'un célèbre film italien ? S'agit-il de fiction ? S'agit-il de réalité ? S'agit-il du Liban ? S'agit-il d'art, de politique, d'amour ? S'agit-il de rire ? S'agit-il de s'informer ? S'agit-il de réfléchir ? Assurément, je réponds " oui " à chacune de ces questions. Assurément aussi, cet objet artistique non identifié nous offre une belle soirée particulière. # écrit le 25/10/24
| -Jeune et talentueux 9/10 " Message personnel " est une autofiction à l'écriture ciselée, dans laquelle Jessé transforme en art ses blessures et ses fragilités. " Message personnel " est aussi un exercice où il nous révèle sa maîtrise de l'exercice du stand-up, sachant intégrer à son spectacle tous les imprévus que lui apportent les incertitudes du spectacle vivant et les bénéfices d'un très incisif jeu avec le public. En quelques mots, " Message personnel ", c'est à la fois très drôle et fort émouvant, tout en étant très intelligent. D'aucuns se demanderont si Jessé sera capable de transformer l'essai , s'il aura encore quelque chose à dire après ce spectacle dans lequel il se livre déjà beaucoup. Gageons que son talent continuera de l'aider transformer ses fêlures en spectacles, que ce soit encore dans la veine autobiographique ou dans d'autres domaines. # écrit le 01/11/24
| -Beau et douloureux chant d’amour 8/10 Simon Abkarian nous offre un beau et douloureux chant d'amour. Il s'agit d'un texte magnifiquement écrit, un long et beau poème en prose. Par moments, son interprétation devient hélas un peu monocorde mais on retiendra surtout des passages d'une belle grâce. # écrit le 03/11/24
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