Ses critiques -Étrange sensation 8/10 Étrange est ma sensation au sortir de ce spectacle. Je suis très interrogatif sur l’intention de ses auteurs et n’y ai pas trouvé le message philosophique et politique que laisse entrevoir la brève note de présentation. Malgré cela, j’ai été enthousiasmé par le talent des auteurs-comédiens. L’ouverture nous offre de saisissants portraits de timides parfaitement réussis et l’enchantement théâtral continue pendant une grosse première moitié de la pièce. Rien que pour cela, allez-y ! # écrit le 17 Février
| Théâtre contemporain: À l'ouest -Une tranche de vie sur scène 10/10 (Spectacle vu à Massy en février 2026) Il y a trois enveloppes dans ce spectacle, imbriquées comme des matriochkas. Au cœur, dans le passé, celle des instants de la vie quotidienne de cette famille, où les personnalités s’aiment et s’opposent. Il y a là la vie sur scène, pleine de naturel et source d’émotion. Autour de celle-ci, dans le passé et dans le présent, l’enveloppe du milieu : toujours la vie mais avec un léger pas de côté s’éloignant juste assez du réalisme pour nous faire rire ou sourire. Enfin, l’enveloppe externe, entre présent et éternité, fantastique, tente de faire dialoguer les morts et les vivants et de dépasser le drame. Le tout est magnifiquement maitrisé, chaque personnage saura vous émouvoir et leur communauté plus encore. # écrit le 18 Février
| -Un conte léger et burlesque 8/10 C’est lors de la période du confinement que Clémence Coullon s’est lancée dans l’écriture de « Le roi, la reine et le bouffon ». Certains passages font explicitement référence à cette période. Pour autant, il serait vain de voir d’abord dans cette pièce une fable sur ce moment de notre histoire récente. Cette petite forme d’une heure est légère, déjantée et le principal mérite de Clémence Coullon dans cette affaire est d’avoir offert à ses partenaires de scène des rôles qui leur permettent d’exprimer toutes les facettes de leur talent. # écrit le 20 Février
| -Clap de fin 6/10 Quittant la Colline pour se consacrer à l’écriture, Mouawad termine malgré tout son mandat avec deux reprises : Journée de noces chez les Cromagnons / Willy Protagoras... Celle-ci est la première pièce qu’il ait écrite et achevée. On y voit le conflit de deux familles, les Protagoras ne souhaitant plus héberger les Philisti-Ralestine, recueillis alors qu’ils étaient persécutés. Ce patronyme nous renvoie aux réfugiés palestiniens au Liban. Une allusion à la guerre, dans la pièce, étaye cette hypothèse ; de même, le rôle du notaire rapace qui finit par s’emparer du logement aux dépens des deux familles fait penser aux dangers extérieurs encourus par le Liban : Israël (le notaire s’appelle Louisaire, dont une anagramme est « Israel, oui ») ou la Syrie. Cette dimension géopolitique constitue toutefois plus un contexte que le sujet de la pièce, qui est le cri de désespoir contre ses aînés de la jeunesse libanaise, qu’il s’agisse de Willy, dont le prénom signifie « je veux » et le nom fait référence à un penseur grec qui disait « je ne sais pas », d’Abgar ou de Nelly (même prénom la fille Cromagnon). Crue et scatologique, cette pièce revêt le caractère provocateur d’un manifeste de la jeunesse. En soi, monter cette pièce plus faible que les précédentes de l’auteur ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est l’occasion pour Wajdi Mouawad de montrer une nouvelle fois ses qualités de metteur en scène et de nous offrir une distribution avec 19 comédiens et un musicien sur scène ! # écrit le 25 Février
| -Transmettre 10/10 Théâtralement, c’est écrit intelligemment, la mise en scène est efficace et c’est bien joué. Politiquement, c’est œuvre utile. Oui, encore utile, même de nos jours. Certes, le droit à l’avortement est moins menacé en France que dans certains autres pays, les États-Unis par exemple. Certes, peu d’adversaires de l’IVG viendront voir la pièce et prendre le risque d’être retournés. Mais raconter, une fois encore, le procès de Bobigny est œuvre utile, pour entretenir la flamme et la transmettre, de génération en génération. # écrit le 04 Mars
| -Un texte qui peine à nous parler 4/10 Giraudoux a écrit sa pièce en 1935, comme un appel à la paix. La monter aujourd’hui est évidemment tout autant porteur de sens et d’une réelle actualité. La mise en scène d’Édouard Dossetto modernise la forme de la pièce, avec quelques trouvailles, et, au début, on accroche bien. Hélas, si les intentions de Giraudoux nous parlent encore, sa langue et son texte ont bien vieilli et, quels que soient les efforts de la mise en scène et des comédiens, on décroche. On retrouve un peu d’intérêt à la toute fin, quand Hector débusque dans le discours d’Ulysse les vrais motifs de la guerre puis les risques de déclenchement d’un conflit pour une vétille mais, entre ces deux bouts du spectacle, le temps semble fort long. # écrit le 06 Mars
| Mimes, Marionnettes pour Adultes: Pro Bono Publico -Une performance intéressante 8/10 Le sujet est ardu : le service public de psychiatrie; la forme est originale, qui tient du théâtre, de la fausse conférence, de l’art de la marionnette et de la performance plastique. Cette compagnie a un message à faire passer; il est engagé et intéressant. Le spectacle est polymorphe, avec d’étonnantes marionnettes de papier plié et froissé réalisées sous nos yeux et un étonnant happening à base de peinture. C’est polymorphe mais pas décousu, parfois juste manquant un peu de rythme mais valant assurément d’être découvert. # écrit le 13 Mars
| -Magistral ! 10/10 Catherine Hiegel et Jean-Luc Lagarce : chacun de ces deux noms à l’affiche aurait suffi pour que je vienne voir cette pièce. Pièce dont je ne savais rien et n’ai pas cherché à en savoir plus, attiré par le talent de son auteur et amusé par la façon dont son titre nous claque à l’oreille. Ajoutons que j’avais aussi en tête l’émouvant souvenir de Hiegel/Lagarce dans « Music-Hall ». Cette fois, le registre est tout autre. Lagarce s’est emparé d’un manuel de savoir-vivre de la fin du XIXème siècle, en a extrait des passages auxquels il a ajouté ses commentaires subtils et ironiques, prenant distance non seulement avec un siècle passé mais aussi, peut-être surtout, avec un milieu social encore prisonnier de convenances d’un autre âge. Pas facile de faire théâtre avec un tel texte. Catherine Hiegel y parvient magistralement, donnant parfaitement l’illusion du naturel et du relief à chacun des mots, ceux du manuel d’origine comme ceux que Lagarce y a ajoutés. Allez-y ! Vous serez surpris de rire d’un tel texte et ne regretterez ni le prix élevé des places ni le pénible inconfort des sièges des Bouffes Parisiens. # écrit le 16 Mars
| -On ne passe pas une mauvaise soirée 6/10 Rien n’est vraiment raté dans ce spectacle, sans que le tout ne soit pleinement réussi. S’y juxtaposent force scènes grivoises, qui finiront par vous faire sourire, d’autres de comique de répétition, assez réussies, et quelques autres apportant un regard plus tendre sur ces personnages du monde paysan pas si bruts de fonderie qu’ils n’en ont l’air au premier abord. En toile de fond se retrouvent les problèmes de ce milieu. Il serait toutefois flatteur de faire de ce spectacle une pièce militante, elle est trop décousue pour que son intention soit facile à établir. Pour autant, même si les scènes sont inégales, on ne passe pas une mauvaise soirée. # écrit le 20 Mars
| -Fort et émouvant 10/10 Dessiner encore, après et malgré l’attentat du 7 janvier 2015, voilà une question de vie pour Coco. Une écriture à trois voix et une scénographie simple mais pleine de sens nous livrent la parole et les dessins de Coco. C’est fort, c’est émouvant. # écrit le 29 Mars
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