Ses critiques
| 37 pages de résultats triés par | | Théâtre contemporain: Derrière -Mi-figue mi-raisin 6/10 Beaucoup moins réussi que " Les Galets du Tilleul", cette pièce reste étonnante par le nombre de propositions explorées mais qui restent inabouties. Peut-être qu'avec le temps un travail de maturation opérera et finalisera le travail. Il reste que l'idée maîtresse est très intéressante , travailler "en creux" l'espace théâtral en faisant intervenir des personnes fictives , un auditoire fictif , des scènes fictives dont on comprend toute la teneur par la réaction et les paroles des deux seuls acteurs-danseurs, lesquels cumulent ratés, boucles idiotes et gestes dans la dérision. On sent avec plaisir que tout le répertoire est ausculté "par derrière "pour trouver autre chose, d'autres formes de représentations, mais s'il y a du grotesque génial, l'ennui souvent s'invite malgré des pics de jeu comme le finaud simulacre sardonique d'un concert de pop (Céline Dion donnait son premier concert à Paris au même moment) interrogeant la démesure et les codes de la ferveur hystérique . Autant les Galets étaient parfaits, autant Derrière reste au stade de Briques et Brocs dont l'unification n'est pas encore rendue cohérente. # écrit le 14 Septembre
| -Peut se voir 8/10 Plutôt bien joué et allant crescendo, la pièce passe pour moi à côté de la réussite complète pour son démarrage très lent et sa fin qui n'en est pas une, faisant appel à un imaginaire un peu toc alors que l'action clashe sur les planches . Les scènes de famille valent , elles, le détour mais j'ai trouvé vraiment dommage que le jeu de l'homo (Andy Cocq) soit si stéréotypé et daté. Le beau monde dans le public de cette première en captation ( Palmade, Nagui, et d'autres) a pu intéresser les fans. # écrit le 11 Septembre
| -Prometteur 6/10 Divertissement en dents de scie au Studio Hebertot. Chloé Donn a bien plus de bouteille au chant et au jeu que ses collègues. Yasunori Sasa m'a fait bon effet, Raphaël Temim est à l'ouest pour cette partition. L'intrigue en elle-même est très intéressante mais souffre , pour le moment, de trop de trous dans la raquette. Le rodage devrait améliorer le filage , c'est mon adage, je le souhaite, pour cette épopée burlesque. Les chansons, terriblement canailles, sont des pépites que Chloé Donn restitue à merveille avec ce qu'il faut de juste mime et d'élégante polissonnerie aiguisée. Un éclair génial de jeu ,très bien amené , nous fit même entrapercevoir l'actrice...dans le plus simple appareil, et cette fulgurance imprima mes prunelles. Fort belle, je ne m'attendais pas à me retrouver l'imprudent Actéon qui surprend involontairement la déesse dans toute sa splendeur. Mais la surprise était voulue, comme de bien entendu, j'en prends l'offrande, qui plus est musicale et remercie le personnage. # écrit le 24 Juillet , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Le meilleur rendu reste à venir 6/10 Bon petit spectacle à l'Apollo qui part crescendo de la comédie potache jusqu'au drame. Le potentiel est donc très bon , si ce n'est le jeu d'acteurs trop basique, même si la salle était acquise. À retrouver à la rentrée ! # écrit le 11 Juillet
| -Cette nuit verra-t-elle le jour ? 8/10 Très belle interprétation par Louise Demont, Jade Verneau et Ronaldo Radany de cette pièce difficile. La dernière fois que j'ai vu du Strindberg, c'était à l'Epée de Bois sous la conduite de Carvalho (Créanciers). Eh bien, nos jeunes acteurs de l'Acting International n'ont pas du tout démérité en comparaison et ont réussi , avec une petite touche moderne, à soulever cette pièce sombre, presque apocalyptique, où les méandres du cœur n'en finissent pas de s'emmêler, pris dans un choc frontal entre innocence pure et ignoble pesanteur sociale. À peine les personnages savent-ils qui ils sont dans l'exception en bravant les interdits. Bravo aux trois acteurs d'avoir guidé avec finesse les spectateurs dans ce labyrinthe haletant. # écrit le 09 Juillet
| -Crève-cœur 8/10 Très joli mélodrame au Studio Hebertot, porté par Ophélie Brette et Charles-Édouard Durot. Ce genre est effroyablement difficile puisque le risque de verser dans le mièvre ou le larmoyant ennuyeux est patent et le jeu se fait sur une corde raide. Les deux acteurs s'en tirent fort bien pour une première et donnent consistance et crédibilité aux deux personnages qui frisent au premier abord le stéréotype, le bourru tourmenté et la pétasse à la voix aigrelette. Les psychologies deviennent de plus en plus fines et complexes au décours de la pièce et le jeu de rôle basique se modifie jusqu'à un face-à-face douloureux, fin, joué avec empathie, non sans chassé-croisé de piques humoristiques pour éviter de se dévoiler , et de crises convulsives passionnelles du type nous nous sommes perdus, retrouvons-nous. Le livret de William Gibson est finalement touffu et creuse son sujet avec profondeur jusqu'au final déchirant. Si vous avez aimé "Sur la route de Madison"... # écrit le 03 Juillet , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| Théâtre contemporain: 4211 km -Téhéran-sur-Seine, Téhéran-sur-scène 8/10 Très jolie pièce au Studio Marigny, toutefois pas meilleure que d'autres , même si moliérisée. Je dois dire que certains films iraniens m'ont plus touché et fait découvrir le pays en montrant moins, ou pas du tout, censure oblige, tout en laissant palpables au spectateur la répression omniprésente, la police politique, le contrôle des moeurs, la relégation des femmes, et en donnant à voir le spectacle d'une société riche de diversité et de culture , coupée de ses forces vives par une faction fanatique. L'intérêt de cette pièce peut tenir aussi par un autre point de vue qui est ici franco-iranien , à travers le regard d'une fille d'exilés élevée en France. On y croisera la condescendance des institutions pour les immigrés, éligibles ou non â la naturalisation, l'indifférence coupable de l'Occident vis-à-vis d'un régime sanguinaire, et les difficultés d'avoir de doubles racines car il est difficile aussi de ne pas aimer le pays qui vous a élevé , malgré ses défauts. Il y a dans cette pièce des scènes intemporelles qui , à partir du destin d'une famille, font plonger dans la douleur d'un peuple et la construction d'une psyché écartelée entre Iran et France : la rencontre des jeunes qui scelle le départ de chez leurs parents et leur différentiation, le cycle des naissances et des deuils qui sont renouvellements et pertes, l'exil et la question de l'identité quand il dure infiniment longtemps, le combat de la diaspora contre le pouvoir central. C'est peut-être cela le point nodal de la pièce, reprendre l'attitude des prédécesseurs alors que le contexte a évolué, être fille de deux pays perdus et retrouvés, être fière d'être de là-bas tout en étant d'ici, point qui évidemment fait voler en éclat toute notion de nationalisme sectaire, de souche tout en appuyant qu'on ne pas pas éradiquer les origines. Il reste des citoyens d'un devenir-monde, fiers de leurs migrations et porteurs de valises d'autres mondes. # écrit le 13 Juin
| -Balasko en mode light 6/10 Pour ceux qui ont vu le film de Balasko avec Balasko toujours et Thierry Lhermitte qui moleste son directeur de prod dans une caricature au vitriol du monde de la TV, le spectacle au Théâtre de la Madeleine est conforme , lui, au huis-clos plus court écrit spécifiquement pour le théâtre. L'ambiance est moins survoltée, mais la forme pièce est bonne , et Philippe Lellouche et Julie Ferrier la défendent bien, malgré quelques facilités dans un jeu pas vraiment emporté mais que lui pardonne un parterre acquis qui connait la pièce par cœur. Rien d'urgent, mais bonne soirée en perspective. # écrit le 06 Juin
| -Point de salut sans la scène 8/10 Un très bel hommage à la passion du théâtre et au métier d'acteur. Olivier Chauvel, à l'Essaïon, raconte sans enjolivements et cabotineries la vie, faite souvent de hauts et de bas, du comédien. Au bout d'un moment, on a grandi , on ne se compare plus, on est ce qu'on est, celui qui est dans la joie de brûler les planches et d'incarner, mais cela ne va pas sans moults pérégrinations et aventures dont Olivier nous livre un portrait cocasse et ému. On ne compte plus les années d'apprentissage aux formateurs curieux, parfois déformants, les plans foireux, les plans géniaux, et , évidemment, les moments de grâce, les rencontres fabuleuses. Olivier se livre lui-même et livre tout un chacun à son parcours de vie qui ne prend vraiment de sens qu'avec des passions irrépressibles. Le coût peut en être dur, mais personne n'a la carte des détours soi-disant inutiles et des oasis découvertes derrière un mur. Bravo ! # écrit le 05 Juin , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| Comédies contemporaines: Mur mure -Roboratif 8/10 Excellente potion de peps pour l'été, cette fine romance, à la Michodiere, sur le ton de la comédie est fort bien portée par ses cinq acteurs. Les ressorts de l'action sont splendides et prennent au dépourvu - pour vivre heureux, vivons cachés l'un à l'autre pour ainsi dire - et les quelques traits à l'eau de rose alors totalement superflus. Ce théâtre fait mouche, fait sourire, rire souvent et lave la tête en ces temps moroses. Une bluette ? Plus que cela. # écrit le 04 Juin
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