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Ses critiques



37 pages de résultats triés par
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Danse: Badke (remix)

-Une bombe
10/10

Cette version est conforme au descriptif du Rond-point, explosive, volcanique, à se demander comment tenaient les danseurs pendant une heure. J'ai aimé la musique dite de "fusion" avec ses accents traditionnels , ses sons orientaux (Maghreb ? Machrek ? Proche-Orient ?) mâtinés à de l'électro. Il était particulièrement agréable de voir des gestes chorégraphiques venus d'ailleurs, danses du ventre ou festives sublimées, "augmentées", et acrobaties de rap divinement réappropriées, comme de voir certains corps de danseurs différents de nos normes, de petite taille, ou assez âgé, ou encore enveloppé. Quel hymne à la vie que cette myriade de danseurs survitaminés dispersant dans tous les coins (car les plans de chorées sont pluriels) un évident plaisir danser sur une musique actuelle mais solidement arrimée aux racines. Bravo !
# écrit Vendredi


Théâtre: Ubu Roi

-Indigent
2/10

Ni André Marcon, splendide il y a peu dans James Brown mettait des bigoudis de Yasmina Reza au Théâtre Marigny, ni la belle Mélanie Page, fort peu convaincante ici, n'ont pu sauver cette production de la vacuité. Le texte de Jarry est-il daté ? Il faudra le relire, mais on n'en sent que le côté potache et pas l'acidité grinçante qui plu tellement aux Surréalistes. L'absurdité et le grotesque ne sont pas à l'honneur chez Daniel Benoin. Les allusions à Trump et ses travers était possiblement une bonne idée, mais est très mal exploitée, qu'on pense a contrario au Digger d'Innaritu , actuellement en salle, qui en sublime le tragi-comique, dressant le tableau dun monde au bord du gouffre, le nôtre. Ici encore, au Théâtre de Paris, l'allusif tombe à plat et on ne retient que le bruit des gros mots, pas la parabole de la démence et de l'ubris.
# écrit Jeudi


Théâtre: Les mémoires de Paul Palandin

-Un petit diamant
10/10

Dans une mise en scène sobre, mais toute en efficacité, Christophe Canard et Constance Carrelet signent un petit chef d'oeuvre de toute beauté que je ne m'attendais à voir, étant là au débotté à la Scène Parisienne, amené par une amie qui court toutes les salles. Il n'y a rien de véritablement neuf dans les idées de décor ni dans le synopsis - dont le point de départ rappelle franchement le film "Manchester by the sea" du réalisateur  Kenneth Lonergan, ou la pièce de Fabrice Tosoni "Le destin se moque des choix" représentée l'année dernière au théâtre Lepic - mais les Mémoires ne déroulent pas moins une tension propre , dans une atmosphère légère, voire absurde. La suite des évènements ne permet qu'à la toute fin de cerner la problématique qui oscille souvent entre belle histoire d'amour, burlesque fantasque et inquiétante étrangeté. Les tableaux ou saynètes s'enchassent les uns dans les autres avec grande fluidité et dans des ambiances très différentes donnant une impression plaisante de grand vagabondage et d'être sur un petit nuage de théâtralité. Les acteurs ont un évident plaisir à être sur les planches et de filer le fil d'une pièce rébus qui traite de l'impensable sous un humour charmant.
# écrit Jeudi , a vu cet évènement avec BilletReduc.com


Théâtre contemporain: Josef K.

-Peu kafkaïen
6/10

J'ai trouvé la pièce assez ennuyeuse malgré le tabac qu'elle fait en ce moment si bien qu'elle est pratiquement à guichets fermés (et il est vrai que les pièces à la Tempête sont souvent bonnes). On est très loin du livre de Franz K - qui ouvre la modernité dans cette anticipation des totalitarismes bureaucratiques sans états d'âme, capable des pires perversions (qui surviendront vite, ô banalité du mal) - ou même du film d'Orson Welles. Si les acteurs sont plutôt bons, le récit est sinueux, insipide, dépourvu de cette terreur qu'inspire le livre, celle du sol qui s'ouvre sous les pas et qui fait du héros l'anti-héros par excellence dans un monde fou de normalisation où tout le monde s'affiche normal. Poirée m'a semblé accumuler ici des poncifs du théâtre branché (acrobates, écrans vidéos, digressions),avec les signes de l'énergie créatrice qui tourne à vide car il n'y a ni lien de motivation théâtral ni axe de renouvellement pour ce faire. Quelques bons moments surviennent , les acteurs déguisés en instruments de musique, les chants rappelant les Balkans mais dont toujours le rapport avec le synopsis reste lâche. La présence de la musique étant forte de toute façon quel que soit l'emploi, son rôle fait effet de rustines. Le quasi monologue de l'avocate sur deux registres, en vidéo solennelle , et minable par contre quand on la voit dans sa chambre est une réussite scénique. L'ensemble m' a semblé manquer d'homogénéité. L'actrice qui joue Leni est très bonne, presque farce et assez dans l'esprit de Kafka, mais l'acteur principal est trop léger. Je me suis globalement ennuyé, le résultat confus, gesticulant et l'impression de déjà-vu ne m'ont pas quitté. Ni absurde, ni cynique, ni tragi-comique, ni humaniste, ni amer, sans la puissance d'interpellation de Kafka s'adressant à ses congénères dans une prose faussement simplissime faisant trembler la réalité du réel.
# écrit Il y a 1 semaine


Musique classique: Festival Aux Armes Contemporains 2 : Jodyline Gallavardin - Jardins Secrets

-Excellent !
8/10

Très joli concert dans un cadre intimiste. Debussy était bien agréable à si peu de distance ! La jeune pianiste Jodyline Gallavardin a eu plusieurs apartés amusants sur les compositeurs présentés, notamment pour le russe Lourié, que je ne connaissais que par quelques rares extraits, et ici magnifiquement joué. Cette expérience de concert impromptu à la Scala, suite à l'enregistrement de disques du label Scala, est à recommencer, le public était conquis.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre contemporain: Les paillettes de leur vie ou la paix déménage

- La vie ne se calcule pas en pertes/bénéfices
10/10

Mickaël Délis signe un décapant seul-en-scène sur la transmission de vie. Avec beaucoup d'humour et de mordant, il campe un nombre invraisemblable de personnages qui comptent pour lui et avec qui il discute ironiquement alors qu'il s'apprête à donner vie en tant que donneur. On l'engueule chez les moralistes, le vanne chez les expérimentés, le psychanalyse chez les sachants, le déconstruit chez les branchés et les modernes, le tout dans une galerie de portraits remplie d'émotion. Le donneur est-il d'honneur, telle semble la question à laquelle la réponse est un gigantesque oui à la vie tant exister avec les autres est un délice pour notre Delis. Le texte est cousu d'or et enfile perle sur perle. J'ai eu l'opportunité de voir ce spectacle deux fois. Bravo ! Des petites scènes de danse solo intense ponctuent chaque marée haute. Spectacle fiévreux dans la petite salle intimiste de la Scala.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre: Histoires de crevettes

-Peu intéressant
4/10

Ambitieux et terriblement tentant sur les prospectus, ce spectacle s'est révélé pour moi une cruelle déception. Le jeu de marionnettes caricaturant les humains est très en deça des productions du genre actuelles ou passées, l'humour n'est pas très fin et les sujets d'ironiser sont balourds. La multiplication de saynètes, très et/ou trop courtes, n'aide pas à la compréhension. L'onirique ou l'allégorique passent à la trappe, et le côté merveilleux de la transposition d'une échelle à une autre (cf. les Contes de La Fontaine) n'a pas joué pour moi. Franchement, les Muppets ou les Guignols , références déjà vieilles, font cent fois mieux.
# écrit Il y a 3 semaines , a vu cet évènement avec BilletReduc.com


Théâtre contemporain: Un espoir : Les trois reflets d'une adoption

-(L'enfant de) qui suis-je ?
8/10

Très belle histoire à la Scène Libre, jouée par les très convaincantes Christine Gagnepain, Sandrine Seubille et Jenny Trehoux, et délivrant du tourment des origines. La mise en scène est très efficace, originale en mélangeant des temporalités différentes, et campant trois femmes fort différentes, la jeune fille en perte d'assurance de soi, la mère d'adoption ambivalente , la mère biologique traversant l'enfer et revenue de nulle part, chacune avec ses tourments. Le beau scénario de Wendy Beckett est admirablement servi par les actrices qui nous procurent un moment de grande humanité. Bravo !
# écrit Il y a 3 semaines


Théâtre contemporain: Les chambres closes

-Dans l'enfer le sourire garderas
10/10

Toute menue, Elise Lomheau au Théâtre du Rond-Point rend un vibrant hommage à une personne qui a compté pour elle dans son enfance et dont elle ignorait tout un pan d'existence. Celui-ci n'était rien moins qu'un enfer de trahison et de désolation. Pourtant cette personne déchirée, Germaine Aziz, qui a livré son témoignage par écrit, et d'une force d'âme peu commune a trouvé un chemin vers la lumière, lumière qu'elle a versé sur l'enfant Elise. Ce spectacle est plus qu'une pièce, mais une rendition, une restauration, une résurrection d'un destin obscur sauvé des flots et parvenu au rivage. Elise Lomheau est parfaite de pudeur et de rébellion, s'effaçant pour mieux incarner. On s'y croirait. Un seul défaut, la durée, si dense est si courte. Bravo !
# écrit Il y a 3 semaines


Comédie: Petites miseres de la vie conjugale

-Les illusions perdues
8/10

Bonne pièce, Pierre-Olivier Mornas, un peu cabotin, et la jeune Alice d'Arceaux jouent très bien. Balzac n'y est pas tendre avec la gente féminine mais dresse le portrait clinique des mariages arrangés. Diagnostic : dans cette société de la transaction marchande, la femme n'a plus que le paraître où elle doit subjuguer, et l'homme doit être l' homme de bonne condition. Mariages d'amour, n'y pensez pas, d'où la bile de Balzac contre ces congénères endimanchés qui vivent et vieillissent mal entre épouses aigries et recluses et maris volages volant d'adultère en adultère. Les interprètes rendent fidèlement cette ambiance balzacienne.
# écrit Il y a 3 semaines



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