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Vous suivez cet utilisateur Inscrit Il y a 21 ans 451 critiques Ajouté par 7 internautes Ajouter cet utilisateur
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37 pages de résultats
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Théâtre contemporain: Josef K.

-Peu kafkaïen
6/10

J'ai trouvé la pièce assez ennuyeuse malgré le tabac qu'elle fait en ce moment si bien qu'elle est pratiquement à guichets fermés (et il est vrai que les pièces à la Tempête sont souvent bonnes). On est très loin du livre de Franz K - qui ouvre la modernité dans cette anticipation des totalitarismes bureaucratiques sans états d'âme, capable des pires perversions (qui surviendront vite, ô banalité du mal) - ou même du film d'Orson Welles. Si les acteurs sont plutôt bons, le récit est sinueux, insipide, dépourvu de cette terreur qu'inspire le livre, celle du sol qui s'ouvre sous les pas et qui fait du héros l'anti-héros par excellence dans un monde fou de normalisation où tout le monde s'affiche normal. Poirée m'a semblé accumuler ici des poncifs du théâtre branché (acrobates, écrans vidéos, digressions),avec les signes de l'énergie créatrice qui tourne à vide car il n'y a ni lien de motivation théâtral ni axe de renouvellement pour ce faire. Quelques bons moments surviennent , les acteurs déguisés en instruments de musique, les chants rappelant les Balkans mais dont toujours le rapport avec le synopsis reste lâche. La présence de la musique étant forte de toute façon quel que soit l'emploi, son rôle fait effet de rustines. Le quasi monologue de l'avocate sur deux registres, en vidéo solennelle , et minable par contre quand on la voit dans sa chambre est une réussite scénique. L'ensemble m' a semblé manquer d'homogénéité. L'actrice qui joue Leni est très bonne, presque farce et assez dans l'esprit de Kafka, mais l'acteur principal est trop léger. Je me suis globalement ennuyé, le résultat confus, gesticulant et l'impression de déjà-vu ne m'ont pas quitté. Ni absurde, ni cynique, ni tragi-comique, ni humaniste, ni amer, sans la puissance d'interpellation de Kafka s'adressant à ses congénères dans une prose faussement simplissime faisant trembler la réalité du réel.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre: Ubu Roi

-Indigent
2/10

Ni André Marcon, splendide il y a peu dans James Brown mettait des bigoudis de Yasmina Reza au Théâtre Marigny, ni la belle Mélanie Page, fort peu convaincante ici, n'ont pu sauver cette production de la vacuité. Le texte de Jarry est-il daté ? Il faudra le relire, mais on n'en sent que le côté potache et pas l'acidité grinçante qui plu tellement aux Surréalistes. L'absurdité et le grotesque ne sont pas à l'honneur chez Daniel Benoin. Les allusions à Trump et ses travers était possiblement une bonne idée, mais est très mal exploitée, qu'on pense a contrario au Digger d'Innaritu , actuellement en salle, qui en sublime le tragi-comique, dressant le tableau dun monde au bord du gouffre, le nôtre. Ici encore, au Théâtre de Paris, l'allusif tombe à plat et on ne retient que le bruit des gros mots, pas la parabole de la démence et de l'ubris.
# écrit Il y a 1 semaine


Danse: Badke (remix)

-Une bombe
10/10

Cette version est conforme au descriptif du Rond-point, explosive, volcanique, à se demander comment tenaient les danseurs pendant une heure. J'ai aimé la musique dite de "fusion" avec ses accents traditionnels , ses sons orientaux (Maghreb ? Machrek ? Proche-Orient ?) mâtinés à de l'électro. Il était particulièrement agréable de voir des gestes chorégraphiques venus d'ailleurs, danses du ventre ou festives sublimées, "augmentées", et acrobaties de rap divinement réappropriées, comme de voir certains corps de danseurs différents de nos normes, de petite taille, ou assez âgé, ou encore enveloppé. Quel hymne à la vie que cette myriade de danseurs survitaminés dispersant dans tous les coins (car les plans de chorées sont pluriels) un évident plaisir danser sur une musique actuelle mais solidement arrimée aux racines. Bravo !
# écrit Vendredi


Seul(e) en Scène: Papi a effacé mamie

-Une petite heure d'une densité phénoménale
10/10

Étonnant et excellent seul-en-scène qui s'apparente à un règlement de comptes familial raconté par un conteur hors norme, Adrian Lestrat. Le ton est à la blague, mais le sujet abyssal, celui de l'oblitération d'une personne, y compris dans son existence posthume et la mémoire de qui elle a été. En exhumant un passé impensé, invibilisé - alors qu'il en restait des traces joyeuses, des graines dans ses souvenirs d'enfance - l'auteur-acteur décortique, couche après couche , et une romance adorable entre deux êtres et un déni d'égalité que je vous laisse découvrir dans sa scélératesse. Le spectacle est bouleversant, Adrian Lestrat est multiforme, et le résultat obtenu résonne longtemps comme les bruits d'une cité enfouie, ensevelie, d'une culture bâillonnée, toutes rendues à l'audible. Bravo !
# écrit Hier à 23h21



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