Ses critiques Théâtre contemporain: Agatha -Un très long moment d'ennui 3/10 Il est certainement difficile d'aborder un texte un peu grave, traitant en plus de relations incestueuses entre frères et soeurs. C'est pourtant le pari qu'a souhaité relever Hans Peter Cloos en mêlant théâtre et arts visuels. Il a ainsi recours à la fois à des paysages filmés, diffusés sur fond musical, et à une Gopro permettant aux deux comédiens de se filmer tour à tour en live, le public voyant ainsi en fond de scène ce "zoom" sur des détails du plateau. ces innovations auraient pu être une bonne idée. Mais au final, elles tendent à faire disparaître le texte lui-même, à casser aussi la concentration des comédiens qui sont focalisés sur ces contraintes plus que sur leurs émotions (et c'est bien naturel). Le résultat, c'est que l'on voit vraiment le temps passer. Pourtant, il n'y a rien à redire à l'interprétation qui est précise et intéressante. Ni aux dialogues quand il y en a. Simplement, il n'y a pas assez de place pour ce qui se vit. Du coup l'on se dit qu'on aurait bien mieux fait de con sacrer cette heure et demie à lire l'ouvrage de Duras. # écrit le 08/09/17
| -Belle soirée 9/10 L'inauguration d'une nouvelle salle est en soi un évènement, surtout une salle de la taille du 13ème Art. Mais en plus, les choses ont été faites en grand pour ce concert d'inauguration. Dans une première partie, l'orchestre philharmonique de Prague a joué, sur fond d'extraits de films (choix parfait pour cet ancien cinéma), les plus grands airs du cinéma en live, de James Bond à Star Wars en passant par les chariots de feu et Forest Gump. Ce format assez spectaculaire et le fait de revoir les images de ces classiques avait un côté un peu magique et hors du temps. Pour la deuxième partie, l'orchestre jouait en alternance avec les interventions de Gérard Depardieu sur le carnaval des animaux de Saint-Saëns. Connu surtout pour ses films, l'acteur est lui-même une véritable bête de scène dont le charisme ne peut qu'impressionner. Et pour bien terminer cette très jolie soirée, un verre de vin était offert à la sortie, raisin sur le gâteau pour ainsi dire. Une soirée prometteuse qui donne envie de revenir vite dans cette salle. # écrit le 29/10/17
| -Dense et émouvant 10/10 Cette adaptation de Tchekhov à 5 personnages donne une grande densité à cette pièce. On sent bien leur enfermement dans cette maison familiale, où Vania vit avec sa nièce Sonia, et où débarquent le père de Sonia, professeur de littérature à la retraite, avec sa deuxième très jeune et très belle épouse Eléna. Le professeur règne en tyran sur la maisonnée, après avoir dépensé tous les revenus que lui envoyaient Sonia et Vania pendant 15 ans. Ce dernier ne supporte pas de s'être sacrifié pour un homme sont il a finalement percé à jour ce qu'il estime être un manque de talent et de vision. Il jette son dévolu sur Eléna, qui est elle-même attirée par le docteur Astrov, lequel est secrètement aimé de Sonia alors qu'il ne s'intéresse pas à elle. Toutes les conditions du drame sont donc réunis et les personnages vont peu à peu tous sombrer dans cette tragédie dont fatalement, aucun ne ressortira indemne. Les 5 comédiens sont vraiment très investis et font preuve d'une très grande sensibilité, et les magnifiques chansons de Philippe Nicaud apportent à la fois une forme de légèreté et beaucoup de poésie à cette histoire finalement assez intemporelle. # écrit le 29/10/17
| -Magique 10/10 Venue du Québec comme nombre de troupes de cirque contemporain, le cirque Eloize propose avec Cirkopolis un spectacle d'une rare maîtrise et d'une qualité exceptionnelle. S'inspirant de l'univers de Métropolis, ils mêlent la danse, les arts acrobatiques et le jonglage avec un sens de la mise en scène et de la comédie que l'on peut saluer. Chaque détail est étudié, les transitions soignées et les numéros grandioses. Les numéros au cerceau et celui de la danseuse contorsionniste qui danse en hauteur grâce aux portés des autres membres de la troupe sont époustouflants, le mât chinois est l'occasion de belles prouesses techniques, le joueur de diabolo est impressionnant, et les autres séquences sont tout aussi inoubliables. Un spectacle à ne pas rater, voire à retourner contempler plusieurs fois. # écrit le 29/10/17
| -Sans émotion 4/10 La découverte de ce texte de Jean Cocteau, cri d'amour d'une femme à son amant qui a décidé de la quitter pour en épouser un autre, est riche sur le plan littéraire. Le choix de mise en scène de l'interpréter à la manière d'un feuilleton radiophonique aurait pu être intéressant. Malheureusement, si la comédienne restitue bien le texte, avec une voix affirmée et bien posée, cela manque totalement de sentiment. On ne sent dans les intonations ni la passion ni l'alternance d'espoir et de dépression de cette femme déchirée. Et la gestuelle qui suggère ces émotions est hélas surjouée. Le recours à la voix off en écho et à la vidéo allonge inutilement le spectacle, là où il pourrait se suffire à lui-même s'il était réellement vécu. Dommage. # écrit le 29/10/17
| -Coup de coeur 10/10 Cette pièce nous fait découvrir un pan méconnu de l'histoire de l'Algérie (du moins pour les non passionnés d'histoire), en 1987-1988 avant que débutent les émeutes estudiantines qui aboutiront à la fin du parti unique. Dans ce pays hyper-conservateur, le jeune Samir, qui a hérité des pellicules de 200 grands films, a monté un cinéma clandestin où il diffuse chaque semaine, pour les hommes uniquement, un classique du ciné français ou hollywoodien en version non censurée (comprenez où l'on voit les scènes de baisers entre amoureux). Un soir, Leïla, fille du puissant colonel Bensaada, s'introduit clandestinement dans la salle pour voir Casablanca. Malheureusement, prévenu que la police s'approche, Samir congédie l'ensemble du public. Leïla insiste auprès de lui pour connaître la fin, et, dans leur altercation, sa capuche glisse et dévoile sa véritable identité. Une histoire d'amour clandestine va immédiatement démarrer entre les deux jeunes gens, qui essaient de rêver à un avenir possible malgré tous les obstacles qui se dressent entre eux. Dans un contexte marqué par de nombreuses pénuries d'eau et de nourriture, la révolte frémissante, à laquelle participe le propre frère de Leïla en dépit des avertissements de son père, va hélas les éloigner, malgré la force inébranlable de leur amour. Dans cette pièce tour à tout grave et tendre, chacun des trois comédiens interprète plusieurs personnages, passant avec inventivité et quelques accessoires habilement utilisés d'un rôle à l'autre, en changeant de décor avec autant d'inventivité. On se laisse totalement emporter dans cette histoire à la fois romantique et politique, pleine d'émotions, de sourires et d'espoir. # écrit le 29/10/17
| -Agréablement surprenant 8/10 A voir le pitch, l'on s'attend plus ou moins à un spectacle d'humour musical comme il en existe déjà quelques-uns. Mais Thomas Monckton nous prend à revers puisqu'il nous offre une heure de mime et de cirque complètement déjantés, au cours de laquelle le piano de l'affiche va, sans trop vouloir en dévoiler, quelque peu souffrir. Cet artiste génial, roi du gag et de la contorsion, nous emmène dans son univers déjanté où la musique finira tout de même par triompher. # écrit le 29/10/17
| -Grandiose 9/10 Dans un décor magnifique et modulable, cette mise en scène mêlant costume classique et sous-entendus modernisés de la pièce de de Goldoni nous entraîne dans le tumulte de la Vérone d'antan. Rosaura doit y épouser Zanetto, homme pleutre et très entreprenant, tandis que Tonino, jumeau brave et spirituel dont il a été séparé à la naissance, y retrouve sa bien-aimée Béatrice, qui a fui de Venise pour l'épouser en secret. Naturellement, la présence des deux hommes dans la même ville au même moment va provoquer des quiproquos en série, pour le plus grand bonheur du public. Maxime d'Aboville réussit une performance extraordinaire dans ce double rôle, accompagné par des comédiens tous pleins d'énergie et de talent. Une belle redécouverte de ce grand classique de la comédie italienne. # écrit le 29/10/17
| -Très drôle 9/10 Une comédie contemporaine très réussie, dont le texte fourmille de références bien trouvées, et démontre un sacré sens de l'observation des deux auteurs sur les rencontres et les jeux de séduction. Les trois comédiens y sont vraiment au top et débordent d'énergie pour faire rire le public. Une très jolie réussite qui donne presque envie de passer soi aussi un réveillon dans un ascenseur... # écrit le 29/10/17
| -Verdict : coupables d'offrir au public un excellent spectacle 10/10 Cette pièce de Reginald Rose écrite dans les années 1950 a déjà, outre le film de Sidney Lumet, fait l'objet de nombreuses adaptations sur les planches. Celle du théâtre Hébertot relève du grand art, avec 12 comédiens vraiment hors du commun, tous parfaitement à l'aise dans leur rôle. Le renversement de situation, d'un jury (presque) entièrement convaincu du parricide de ce jeune homme connu pour sa violence, à un jury exprimant unanimement un "doute raisonnable" se fait progressivement, selon un texte parfaitement écrit et traduit, où chaque élément du procès sera réexaminé avec minutie. La pièce fait réfléchir intelligemment au fonctionnement d'une justice trop souvent expéditive, particulièrement pour les gens n'ayant pas le privilège de "choisir" leur avocat et de bénéficier de la meilleure défense possible. Elle invite aussi à ne pas se fier aux évidences, quelles que soient les circonstances. Une belle leçon de civisme et de justice. # écrit le 30/10/17
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