MarcopoloF

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Théâtre de l'absurde: Les Derniers clowns avant la fin du monde

-Une compagnie prometteuse
6/10

Ces cinq-là ont du talent ; ils savent notamment être très expressifs, dans la joie comme dans la tristesse. Leur spectacle gagnerait toutefois à être resserré car il comporte des longueurs mais aussi quelques beaux moments, comme un joli passage de théâtre d’ombres et un final émouvant.
# écrit le 11/09/25


Théâtre: Cabaret Néopathétique

-Joli cabaret !
8/10

Joli cabaret que ce cabaret « néopathétique », qui mêle clown, chanson, poésie, philosophie, théâtre. La partie théâtre/poésie est certes inégale mais tout le reste est de très bonne tenue. Les clowns sont même excellents. Une très belle soirée !
# écrit le 14/09/25


Théâtre contemporain: Le Mariage de Figaro avec Philippe Torreton

-Une folle journée effrénée
8/10

Le début du spectacle ne m’a pas rassuré : faire jouer Figaro par un presque sexagénaire, quels que soient ses talents, n’est pas évident ; faire jouer Chérubin par un trentenaire d’1,90 m ne passe pas du tout ; ajoutons que tout part vraiment très vite, semblant privilégier le caractère effréné de cette pièce et son aspect que je qualifierais volontiers de vaudevillesque si l’adjectif n’était pas anachronique. Ce rythme très rapide n’efface heureusement pas le fond : le message féministe est très clair, la dénonciation des privilèges de la noblesse présente aussi, dans une moindre mesure. On prend donc plaisir à ce Figaro-là, malgré ses quelques imperfections.
# écrit le 14/09/25


Comédie musicale: La Petite Boutique des Horreurs

-Désopilant
8/10

Cette comédie musicale est une fausse pièce d’horreur, destinée à nous faire rire, ce qu’elle réussit parfaitement. Les chorégraphies sont impeccables, les comédiens-chanteurs-danseurs épatants. Cette pièce de Howard Ashman et Alan Menken épouse admirablement l’univers de Valérie Lesort, Christian Hecq et Carole Allemand. Il y a quand même un gros bémol : la piètre qualité de la sonorisation. Elle transforme la prestation des musiciens présents en chair et en os dans les loges d’avant-scène en une méchante bande son, sorte de soupe diffusée trop fort et couvrant trop souvent les voix des chanteurs. Sans cela, ce spectacle aurait mérité la note maximale.
# écrit le 17/09/25


Théâtre: Et jamais nous ne serons séparés

-Une pièce étrange, servie par de très bons comédien.nes
8/10

(Pièce vue en septembre 2025 au Théâtre de Gennevilliers) L’histoire de cette femme se retrouvant seule, on n’en apprend que des bribes, au fil de ses pensées dites à voix haute sur scène. Elle boit peut-être pour oublier, plus souvent pour se rappeler cet homme. Cette pièce est souvent énigmatique, ce qui n’empêche pas le sous-texte ou les silences des comédiens d’être parfois très expressifs. La mise en scène de Daniel Jeanneteau et Mammar Benranou fait le choix d’un équilibre entre réalisme et mystère, donnant au spectateur juste assez de clés pour ouvrir la voie à sa propre interprétation. Pendant la pièce, j’étais totalement pris par le souci de capter le moindre signe. Je n’ai finalement apprécié pleinement cette pièce étrange qu’après coup.
# écrit le 21/09/25


Théâtre contemporain: Personne n'est ensemble sauf moi

-Une parole délicate et attachante
8/10

Clea Petrolesi rend visibles les handicaps invisibles. Elle nous donne à entendre la parole de jeunes adultes porteurs de ces handicaps, se déplaçant avec pudeur sur une ligne de crête qui évite tant le voyeurisme que la tarte à la crème des bonnes intentions.
# écrit le 18/10/25


Théâtre contemporain: La séparation

-Le ruisseau est resté souterrain
6/10

Dans le livret distribué aux spectateurs, sont cités ces mots de Claude Simon : « Tout se passe sous les mots qu’on prononce, comme le tracé d’un ruisseau souterrain est révélé dans les champs par une herbe plus verte. » On connaît par ailleurs le soin mis par Alain Françon à une lecture scrupuleuse et approfondie des textes qu’il met en scène. Je m’attendais donc à plus de clarté dans sa mise en scène et à comprendre quelle était l’intention de l’auteur, qui demeure bien floue à mes yeux. Que voulait nous dire Claude Simon en nous exposant cette famille déchirée confrontée à la mort ? Je me suis demandé si le metteur en scène n’avait pas renoncé à être plus clair, aveuglé par la confiance que lui procurait la prestation pleine de brio mais aussi de justesse de Catherine Hiegel. Il faut dire qu’elle est extraordinaire. Avant son entrée en scène, on assiste à un bavardage assez ennuyeux. Avec Catherine Hiegel, on s’aperçoit que Claude Simon a écrit un vrai texte de théâtre, donnant une vérité de langue orale à ses mots. Plus encore, elle incarne son personnage jusqu’au bout des doigts, nous révélant que ce texte ne se limite pas à du théâtre de texte très bien écrit. Avec elle, on a le texte, le sous-texte et les silences. Sa magnifique incarnation déteint positivement sur ses partenaires de scène, y compris sur Léa Drucker, qui jouait déjà très bien. Mais, faute d’une direction d’acteurs claire et efficace, le sens global demeure hélas très incertain.
# écrit le 22/10/25


Théâtre: Le Clown du Marais

-Un clown triste et émouvant
8/10

Il y a environ une dizaine d’années, j’avais apprécié la façon dont Jean-Lambert Wilfried, par le truchement de son personnage de Gramblanc, avait donné vie à de nombreux rôles du Richard III de Shakespeare. Dans un registre fort différent mais non moins exigeant, il nous livre l’émouvante tristesse du clown, lui même porteur d’une certaine chanson et héritier de… j’arrête là, je vous laisse découvrir le spectacle puis vous documenter sur la chanson. C’est court, c’est personnel, c’est émouvant.
# écrit le 23/10/25


Théâtre contemporain: Eros-Hypnos, otwarta brama

-Tourbillon créatif
8/10

Il y a de bonnes chances que la feuille de salle vous semble absconse et que les intentions d’Élizabeth Czerczuk vous échappent en partie. Peu importe, me semble-t-il, tant vous serez emporté par le tourbillon créatif de cette vingtaine de comédiens-danseurs. Avec, cette fois, plus, enl’occasion de découvrir que la maîtresse des lieux chante sacrément bien. Laissez-vous emporter !
# écrit le 25/10/25


Théâtre: Nous, les héros

-Un bel hommage au théâtre
8/10

Sur scène, un repas de noces. Chez Brecht, c’étaient les meubles qui se déglinguaient un à un, chez Lagarce, ce sont les rêves des protagonistes, les membres d’une troupe de théâtre en tournée. Sortis de scène, ces comédien.nes sont face à eux-mêmes, leurs hésitations et leurs certitudes, exacerbées par la rudesse et les difficultés de leur métier. Même lorsqu’ils ne sont pas ou plus bons, Jean-Luc Lagarce les aime, lui qui avait écrit cinq ans plus tôt le magnifique « Music-Hall ». Elsa Lepoivre, Vincent Dissez, Olivier Debbasch, Guillaume Ravoire, Thomas Gendronneau, etc, une distribution magistrale dont Clément Hervieu-Léger a tiré le meilleur sur scène, y compris quand il s’est agi de chanter. Il est par contre resté au milieu du gué dans la transposition de la pièce : Lagarce l’a située en Allemagne à la veille de la Première Guerre Mondiale, Hervieu-Léger l’a transposée en France dans les années 1980 mais sans oser couper les références spatio-temporelles du texte. Je peux comprendre qu’il n’ait pas osé couper dans la langue de Lagarce ; mais alors pourquoi nous perdre avec ce changement de contexte plutôt que de chercher à en tirer parti ? Ce seul bémol posé, nous recevons pleinement ce bel hommage à la vie de troupe. N’oublions d’ailleurs pas qu’il n’était pas seulement auteur mais aussi directeur de troupe. Dans cette pièce, on retrouve cette expérience dans les thèmes abordés mais aussi une partie de sa vie dans certains des personnages.
# écrit le 28/10/25



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