|
Aurelien B Vous suivez cet utilisateur Inscrit Il y a 2 ans 2 critiques
Ses critiques -Traité philosophico-mathématique 10/10 Robert se bat contre sa finitude (et son régisseur récalcitrant) depuis qu'il est foetus. Son examen de conscience, à l'issue pas totalement triste, embarque. Il se dénude dans tous les sens imaginables et dénude son décor, pour embrasser le lien charnel et privilégié avec son public. Il ne manque pas, par ailleurs, de faire montre de ses capacités linguistiques et musicales. Une ode à la vie, à l'amour. Les spectateurs présents ont été attentifs et séduits. # écrit le 21/03/25
| -Le procès d'Aix-en-Provence porté sur scène 8/10 La compagnie Fée du Théâtre lance sa première création au Local des Autrices en ce mois d’octobre, et ces débuts sont plutôt convaincants. L’adaptatrice, metteuse en scène et comédienne (et même « personne chargée de l’annonce au public » !) Ysé Legros fait part de ses lectures sur le procès d’Aix-en-Provence et le porte au théâtre. Au début des années 1970, Anne et Araceli, deux femmes amoureuses, partent en vacances et font halte aux calanques de Marseille. La nuit venue, trois hommes s’en prennent sexuellement à elles. Quelques temps après, l’avocate Gisèle Halimi se porte à leur défense et parvient à des avancées marquantes sur la reconnaissance pénale du viol. La mise en scène d’Ysé Legros et Quentin Parent est efficace et parfois poétique dans sa pudeur. Les faits qui génèrent le procès sont, en particulier, suggérés de manière brutale, mais pas crue. Le viol fait étouffer le couple, le place symboliquement dans un sac mortuaire qui donne son titre à la pièce. Il est d’ailleurs appréciable d’avoir pu assister à une scène de leur vie quotidienne d’avant, même si on aurait aimé en voir plus avant de devoir, fatalement, assister à leur malheur. La suite de la pièce est, procès oblige, moins inventive au niveau de la mise en scène. Il y a également quelques erreurs techniques : placé côté cour, une comédienne m’est apparue entièrement de dos pendant certaines de ses répliques. Un autre inverse occasionnellement les mots dans sa prise de parole, rendant la syntaxe hasardeuse. Enfin, quelques anachronismes dans le phrasé (l’utilisation du mot « genre » à la mode du XXIe siècle…). Néanmoins l’essentiel n’est pas là, puisque dans la seconde partie de la pièce, c’est Léa Soukouti, qui campe Gisèle Halimi, qui prend toute la lumière. Servie par la bonne adaptation du procès pour le condenser en quelques dizaines de minutes, elle livre une prestation impeccable et convainc son audience avec un jeu très naturel. Mention également aux interprètes d’Anne et Araceli pendant le procès, qui ne perdent pas leur jeu facial malgré de longs moments sans dialogues (malgré un ricanement un peu curieux lors de la plaidoirie de l’avocat des trois hommes…). En bref, un début encourageant pour la Fée du Théâtre qui, en à peine plus d’une heure, rendent hommage à cet épisode marquant pour l’avancée du droit des femmes. L’émotion n’est pas oubliée avec de beaux passages situés tout à la fin de la pièce. Je suivrai donc le travail d’Ysé Legros avec intérêt. Merci au Local des Autrices pour cette programmation. # écrit Il y a 4 semaines
| |