Tout est bon : Texte, mise en scène, lumière, sans parler des comédiens, exceptionnels ! Ce serait dommage de passer à côté !
Avis et critiques : Deux tibias et nuit, un mur, deux hommes
9 avis
Je suis allé voir, « Nuit, un mur, deux hommes » et « Deux tibias » au Théâtre de Nesle, la pièce est jouée jusqu’au 27 avril, le lundi à 17 h et le dimanche à 15 h. La pièce a de très bonnes critiques « presse » et c’est mérité +++ C’était un très bon spectacle grâce à l’excellent travail de mise en scène et d’interprétation qui nous fait découvrir combien l’écriture de Keene était puissante et riche. Les récits d’expériences, de ressentis et de témoignages vécus par les « deux hommes » sont interprété avec une sensibilité communicative, dans un texte puissant et plein d’imagination poétique. Ces « monologues » deviennent de vrais dialogues entre les « deux hommes » et non des « interludes » entre leurs échangent. Cette « souplesse » et « véracité » de l’instant théâtral, sans artifice, ni « démonstration » artificielle permet d’apprécier à la fois le texte remarquable de Keene et ressentir une émotion non feinte. Keene sublime la marginalité sans misérabilisme, ni démagogie, les comédiens étant les porte-voix de ces « loosers magnifiques ».
Si vous avez aimé les textes de Bernard Dimey et de Jehan Rictus,celui de Keene fera résonance ,dans un style différent.Les deux comédiens dont l'inoubliable Maestro sont remarquables, ils sont tant et tant que nous sommes totalement absorbés.Bande son et lumières ...La mise en scène est juste et efficace.Les images et les voix me restent encore en mémoire au moment ou je dépose cet avis!
Humanité, c'est le mot que m'inspire en premier ce spectacle avec 2 pièces courtes de D. Keene. Et sincérité. On est saisi par la présence des acteurs, tous deux formidables. A bas bruit, le théâtre nous raconte la vie, mieux que la réalité froide des journaux télévisés. La salle, très intimiste, est propice à la connexion proche avec les comédiens. Scénographie dépouillée qui trouve toute sa place dans la salle voutée du Theatre de Nesle. Allez y sans réserve!
Les deux acteurs sont remarquables de justesse et de sobriété et le texte de Daniel Keene est une très belle découverte. Événement théâtral à ne pas manquer!
je suis resortie de la salle les larmes aux yeux je ne sais pas l'expliquer peut etre a cause d'une lumière sobre lumineuse qui vous baigne dans une atmosphère de sereinité et pourtant elle eclaire avec les comédiens remarquables un monde de misère de laissés pour compte que vous ne verrez plus jamais avec le meme regard
Les spectacles de Mouss Zouheyri sont des perles d'émotion, des moments de grâce. Comme "un simple comédien" et "El Maestro", ce spectacle, vu vendredi 27 février, m'a réjoui et bouleversé. C'est aussi, comme toujours, une leçon de théâtre, un jeu d'acteurs rigoureux, précis et une inspiration pour qui veut incarner un rôle. Bravo aux deux compères de ce spectacle magnifique, tellement justes, tellement vrais. Foncez !
J’avais découvert Mouss Zouheyri dans "El Maestro", où sa justesse et sa précision rappelaient la rigueur chère à Michel Bouquet Je reviens le voir ici, et une fois encore, il ne se contente pas d’être un acteur remarquable : il nous ouvre la porte d’un auteur puissant. Après Chouaki, c’est Daniel Keene qu’il met en lumière, avec une justesse et une sobriété qui touchent profondément. La mise en scène, épurée, laisse toute la place à la langue ciselée de Keene et à l’humanité fragile des deux hommes sur scène. Un très beau moment de théâtre contemporain, simple, grave et lumineux.
Salle atypique mais très agréable. Texte et interprétation exceptionnels !!
5 critiques
L’écrivain australien Daniel Keene écrit toujours au plus près des gens de peu, et même de rien. Des gens qui « ne sont personne ». C’est court, fort. Beckett n’est pas loin. […] Mous Zouheyri est aussi à la mise en scène. Gestes rares, lumières aussi, les mots avant tout. Que disent ceux qui ne sont personne ? Des choses bien plus vraies que ceux qui sont quelqu’un.
TTT. Aussi concentrées, aussi férocement humaines que les récits de Tchekhov, ces « pièces courtes » ainsi nommées, fascinent et obsèdent. Parce qu'elles témoignent, malgré tout, contre tout, d'une lumineuse confiance en l'homme, même privé de tout. Et la mise en scène épurée jusqu'à l'essentiel de Mouss Zouheyri, le jeu plein de matière et de souffle à la fois des deux comédiens, ces paumés pudiques mais solidaires en donnent le frisson. Âmes errantes et inguérissables au creux des heures incertaines de la nuit, ils ne cherchent plus à être guéris ou consolés de l'Histoire, de leur histoire. Ils veulent juste rester dignes. Et résister. Comme si beau mur de 1602 contre lequel ils viennent s'abriter.
Mouss Zouheri, seul en scène dans la première partie, et Nicolas Roussillon Tronc, qui lui donne la réplique dans la seconde, offrent une belle interprétation, pleine d’une compassion et d’une humanité où affleure parfois l’humour, de ces hommes en marge qui se raccrochent au presque rien pour continuer de vivre.
Le texte de Daniel Keene est à la fois simple et doucement sophistiqué. La matière rugueuse du langage de ces deux parias de la société, à la fois fiers de leur connaissance du verbe et employant parfois des expressions cocasses, leur donne à la fois une réalité et une poésie. La belle traduction de Séverine Magois réussit à rendre cette poésie présente sans que le réalisme des personnages en pâtisse. C’est comme une leçon de vie à laquelle on assiste, accompagné par ces deux personnages magnifiquement interprétés. Une vision qui donne l’occasion d’ouvrir des yeux différents, plus attentifs, sur ceux dont le rude destin est de survivre dans l’ombre des villes modernes.
Ce diptyque, porté par deux interprètes d’exception, Nicolas Roussillon Tronc et Mouss Zouheyri, est une ode à l’humanité fragile et aux invisibles de nos villes. Sobriété, justesse et émotion s’y conjuguent pour offrir un théâtre intense, bouleversant et profondément humain.
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