Albert Camus n'a pas connu son père et cette interrogation va l'amener à s'interroger sur les déchirures de deux peuples, deux cultures et de deux religions, qui vont ravager son pays ; cette blessure va être évoquée dans "Le Premier Homme". Admirablement mise en scène et interprété ( Jean Alibert - le colon ; Emmanuel Dechartre -l'instituteur Germain, Élisabeth Bouchaud en touchante mère illettrée de l'écrivain, ainsi que Félicien Juttner dans le rôle du protagoniste, qui stigmatise toutes les passions générées en métropole. Ce beau et intense questionnement, traité avec force, délicatesse et intensité, illumine l'esprit et apporte un lumineux rayon d'espoir.
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Avis et critiques : Le premier homme
3 avis
Décidément la Reine Blanche nous fait bénéficier d'une programmation d’exception ! L'adaptation de "Le Premier Homme", est une découverte magnifique, nécessaire et salutaire ! Le décor, la scénographie et la mise en scène laissent toute la place au texte de Camus. L’interprétation, d’une grande justesse est brillante : Jean Alibert, un colon ; Emmanuel Dechartre l'instituteur Germain ; Élisabeth Bouchaud la mère illettrée de l’écrivain tout en humilité et en effacement ; Félicien Juttner, Albert Camus à la recherche de son père dans son Algérie tant aimée, déchirée entre Arabes et Pieds Noirs, et objet de toutes les passions en France ! Une leçon d’humanité, d'équilibre et de nuance qui met du baume au cœur.
Voilà une pièce bien interprétée, notamment par Élisabeth Bouchaud, très émouvante dans le rôle de la mère de Camus. Notons aussi qu’Élisabeth et Jean-Philippe Bouchaud ont réussi à adapter le roman de Camus pour en faire une vraie pièce de théâtre, avec certes un peu de coquetterie dans leur façon d’insister sur les citations de phrases célèbres de Camus – mais il s’agit là d’un moindre mal car leur sens n’est pas déformé. Sans doute ont-ils voulu nous convaincre du bienfondé de la position de Camus sur l’Algérie. C’est là que je suis un peu resté sur ma faim ; s’ils ont sans peine réussi valoriser le pacifisme de Camus face aux excès de certains aspects de la position de Sartre, ils n’ont pas épuisé la question coloniale. Outre Camus et sa mère, les personnages sont des colons apparaissant positivement : son ancien instituteur et un colon repenti. Ce qui est dénoncé de la colonisation se limite aux excès de la politique jusqu’au-boutiste des colons au cours des dernières années de l’Algérie française mais en rien le caractère oppressif de la colonisation elle-même. Quelque part est même réactivé le mythe d’une époque où colons et indigènes auraient vécu en parfaite harmonie tant ils avaient de points communs entre voisins du monde méditerranéen.
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